‹ Les origines de l'école de Tubingue et ses principesChapitre 4 sur 28 · Pâques 1827. Cf. Z. S. 1828, I · texte numérisé non relu

Pâques 1827. Cf. Z. S. 1828, I

dre

vons-nous pas là toute la tendance de son esprit même ? Aujourd’hui il fait la critique, demain il se la verra appliquer à son tour, et à bien plus juste titre. Schleiermacher ne se méprit pas sur la portée de la remarque d’un jeune collègue inconnu, il s’en offensa même et répondit vivement: : il prenait son adversaire présumé pour un piétiste et un disciple de Steudel!

Mais Baur, tel qu’il était, ne pouvait se trouver à l'aise dans la théologie de Schleiermacher. Pourquoi ne pouvaitil pas rester schleiermacherien? parce qu'il n’avait pas l’esprit fait pour cela. Qu'est-ce qui distingue l'esprit si original du grand théologien? c’est le sentiment gardant sa place à côté de la raison et quelquefois avant elle, tantôt la pénétrant, tantôt marchant à côté d'elle et indépendamment d’elle?; chez Baur, c’était un dualisme des deux éléments, l’un excluait l’autre, et le tyran n’était pas le sentiment. «Le lien artistement tressé, dit si bien Landerer*, que Schleiermacher avait tendu entre le spinozisme et le christianisme, entre les exigences de la religion dialectique et les besoins du sentiment religieux, et qu'un esprit souple et multiple comme le sien pouvait seul maintenir, devait d'autant plus se relâcher pour Baur, que la conséquence de la pensée était la loi absolue de son esprit, et ce qui devait l'emporter, ce devait être le côté rationnel, que Schleierma-

Page 1