‹ Les origines de l'école de Tubingue et ses principesChapitre 3 sur 28 · Symbolik und Mythologie, Stuttgart, 1824 et suiv · texte numérisé non relu

Symbolik und Mythologie, Stuttgart, 1824 et suiv

RE Pen l'un de l’autre, c’est que pour le paganisme, le monde, issu de Dieu, «n’a pas d'existence absolue, et le réel n’est pour lui que le reflet de l'idéal, tandis que, par le Fils et le Saint-Esprit, le monde repose, pour le chrétien, dans l’absolue intelligence ». L'histoire du monde, c’est «le grand roc dans lequel le moi, cette Îliade, combat, fière de sa liberté, sous les murs de Troie pour une idée, et victorieuse dans ce premier effort, tend, autre Odyssée, riche d'épreuves et d'expériences, à rentrer dans sa patrie, dans le pays de ses pères; mais le centre et l'axe des temps, c’est Christ ». Cette conception si hardie, ébauchée dans la Symbolique, Baur voulait l’étendre à la religion juive ; des fragments sur la Pâque et la circoncision, sur le sabbat et les fêtes nationales des Juifs, insérés plus tard dans la Revue de Tubingue (1832)', nous montrent un essai de rapprocher le judaïsme du culte égyptien et même des religions asiatique et grecque, d’où le culte des Juifs a tiré ses éléments en les appropriant aux rapports entre Jéhovah et son peuple qui le dominent tout entier, et d’après lesquels la circoncision, la Pâque, sont l'expression d’une dette de l’homme vis-à-vis de Dieu. Baur voulait pousser plus loin cette idée, son appel à Tubingue lui en ravit le loisir; mais est-il besoin de montrer de quelle fécondité cette conception fut pour tout son système”? En 1857, reprenant cette idée, il montrait dans la comparaison de Socrate et de Jésus- Christ sa répugnance «à considérer le christianisme comme

1. Et que Steudel, alarmé, n'accepta que «so dass der Aufsatz über die Beschneidung selbst zuvor eine Beschneïdung an sich vornehmen lassen mussle, um die Weihe für die Tüb. Zeitschrift zuerhalten.» (Baur.)

2. Baur resta attaché à la symbolique et à la religion comparée, et, jusqu'en 1836, il en enseigna à ses élèves les principes tous les deux ans. Depuis, le courant avait changé : ce fut la philosophie de la religion qui eut ses préférences.

ne ee une apparition close et isolée, n’ayant qu’un rapport négatif avec tout son entourage historique, et appelée à l’existence rien que par le miracle »; il faisait voir dans le yvôtr seavtoy de Socrate la prémisse nécessaire du petavoeire de Jésus; dans le Timée il montrait du doigt un monde-Dieu, oyropos Jeob, éoduevos dec, fils de Dieu, le germe de la Trinité; et, la personne de Socrate était, d’après lui, pour Platon, son élève, une nature divine sous une forme humaine, un être comme le Christ de saint Jean. Nous retrouverons partout cette pensée dirigeant ses recherches et dominant son Histoire des trois premiers siècles, où le christianisme apparaît «comme l’unité naturelle de tous les éléments antérieurs, qui tous appartiennent à un seul et même développement et trouvent leur centre là où se place l'origine du christianisme ». Tout ceci n’est dû qu’à Schleiermacher.

Est-ce à dire, si Baur doit à Schleiermacher cette idée dominante, qu'il soit schleiermacherien sans réserve? loin de là. Dès ses premiers programmes d’entrée à Tubingue*, il a, le premier, chose étrange, l’idée nouvelle de comparer Schleiermacher avec les gnostiques, et le trait commun qu’il trouve au théologien et aux hérétiques, c’est le docétisme : «le christianisme étant, pour Schleiermacher, une forme de la piété, dans laquelle tout est ramené à la conscience du salut par la personne de Jésus de Nazareth, considéré comme être parfait, c’est une question de pure histoire que de savoir si la personne de Jésus à eu ces qualités, et la personne de Jésus-Christ n’a plus qu’une valeur purement idéale.» Son Christ est une idée, voilà la critique ou plutôt l'éloge que Baur, plein de la lecture de Kant et de Schelling, adresse à Schleiermacher. Ne retrou-

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