Worte der Erinnerung an D. EF. €. Bauwr.. Tubingue
Re; 72 cher avait plutôt étouffé ou endormi.» Pour un homme dans lequel la raison fait la loi au sentiment, il n’y a rien à faire aux pieds de Schleiermacher.
Nous pouvons l'ajouter pourtant, il est un point encore dans lequel Baur se ressentit toujours d’avoir été l'élève de Schleiermacher, négativement peut-être, mais enfin il s’en ressenlit toujours, nous voulons parler de la critique. Qu'’estce que Schleiermacher en critique? lopposite peut-être de Baur, un homme qui met son sentiment au-dessus de son raisonnement, et qui, dans le cas de conflit, donne l’avantage au sentiment, mais un homme dont l’œil sagace va chercher toutes les difficultés qu’il saura concilier ensuite*.
3) La critique de Schleiermacher. Schleiermacher el Strauss.
Avant Baur, qu'était la critique du Nouveau Testament ? elle était, on peut le dire, ce que Schleiermacher l'avait faite; non pas que Schleiermacher en fût le père : mais son esprit souple et universel avait su s'approprier les résultats des travaux antérieurs et en unir en lui les éléments divers. Ainsi, c’étaient ces pères de la critique, c'était F. À. Wolf, le grand génie homérique, de qui, plus tard, Baur put apprendre comment la meilleure base de la critique philologique est l'étude des circonstances dans lesquelles un écrit se produit, la critique historique; Wolf, le collègue et l’ami d'Eichhorn, et jusqu’en 1806 le collègue de Schleiermacher même, qui lui doit tant; c'était Niebuhr qui, si Wolf fait la critique des historiens, fait la critique de l’histoire, et de la critique aussi positive qu’elle est radicale; c'était Schelling
1. Ainsi Strauss parle de Kern, son maître : «Er halte ein gesundes Auge für alle Widersprüche, aber einen noch besseren Magen, sie aus-
zugleichen.»
lui-même, avec sa Methode des academischen Studiums, où, en montrant dans l’incarnation et dans la révélation divine les plus profondes vérités philosophiques, il accable le rationalisme, mais ouvre en même temps la voie à l’idéalisme et à l'idéalisation que représenteront Hegel et Strauss, et le premier trace le chemin à la conception mythique; et déjà Heyne avait posé le grand principe : « mythis omnis priscorum hominum cum historia tum philosophia procedit : ceci pour les philosophes. Parmi les théologiens, la science dominée par le grand Lessing tourne tout entière sa critique vers les premiers évangiles, tandis qu’elle respecte en saint Jean «l’évangile de l’esprit», écrit directement en vue de l’évangile de la chair, c’est-à-dire de la chronique hébraïque avec ses différents traducteurs (les synoptiques) au caractère «juif et ébionite», et contre ces évangiles. Que d’hypothèses sur nos premiers évangiles, toutes pour en expliquer les rapports et les différences! Griesbach apporte le Marcus epitomator, plus tard le postulat de Strauss et la thèse de l’école de Tubingue, Marc compilateur et abréviateur des deux autres évangiles; Eichhorn, au contraire, mettant le simple avant le composé, trouve la solution dans l'évangile primitif araméen, souche commune dont sont issus une série nombreuse décrits évangéliques, perdus pour la plupart; pour Hug, Marc corrige Matthieu, Luc corrige Marc, et au haut de l'échelle est Jean qui les corrige tous ensemble. Gieseler enfin, et avec lui nous sommes plus près de Strauss peut-être par son hypothèse de la tradition orale, nous apporte cet évangile transmis de bouche en bouche, flottant et sans cesse grossissant sa course par la tradition : avec cela nous approchons fort du mythe. Et, quant au mythe lui-même, les douteurs timides du rationalisme ne craignent pas (voy. Usteri), ignorant avec quelle arme ils jouent, de l'appliquer à ce qu'ils se plaisent à ap-
AU
peler les temps antéhistoriques de la vie de Jésus, à la naissance, à la tentation. Mais plus loin, absit! car, passé la tentation, Jean est là pour attester les faits (que, du reste, on expliquera comme on pourra); s’il en use librement vis-àvis des récits des synoptiques, c’est «qu'il plane au-dessus de leur cercle d'idées'». On n’est plus sans se douter que tout, dans l’âge apostolique, n’a pas été union et concorde. J. E. C. Schmidt a compris les partis de Corinthe comme Baur doit le faire, mais ce n’est qu’une idée encore, et qui n’a pas été relevée. C’est au faîte de ce développement que nous trouvons, d’une part, Schleiermacher et, de l’autre, Strauss. Nihil sub sole novi, cela est vrai de leur critique à tous deux. Pourquoi, également dépendants de leurs devanciers, semblent-ils s’exclure? parce que le dernier seul est conséquent et rigoureux jusqu’à l'extrême. Mais combien Strauss ne doit-il pas à un maître dont il est si éloigné luimême!
Pour Schleiermacher, les livres du canon appartiennent à la critique: «le canon est devenu ce qu’il est (der Canon ist ein Gewordenes*)» ; aussi sa critique est-elle hardie, plus que celle d’aucun de ses prédécesseurs; surtout c’est une critique philologique; Lücke dit que le travail de Schleiermacher sur 1 Timothée est «le premier effort de transporter la critique de maîtres comme un Bentley dans le domaine de la théologie», il a raison*. Dans ce travail célèbre, la hardiesse du résultat se base sur la critique et l’histoire, et pourtant la critique et l’histoire ont cassé le jugement de