E?r,[x. àp/aio).., 1899, p. 1 18 et suiv
8 l'édifice hypostyle
diverses, qui subsistent en fondation (fig. 3), ont pour paroi postérieure un segment d'abside, pour faces latérales deux longs murs droits à peu près parallèles \ Ici encore, comme à Chalandriani, il ne s'en faut plus guère qu'on n'ait réalisé le type exactement quadrilatéral. Les dimensions des espaces couverts sont déjà considérables. Les murs, trop peu robustes pour résister à la poussée d'une coupole, portaient une véritable charpente dont les poutres transversales étaient longues de cinq et six mètres. L'une des deux habitations, qui appartient à la troisième période thessalienne (fin de l'âge néolithique, correspondant en Crète à la fin du minoen moyens), ne garde pas trace de divisions intérieures ; on y a reconnu les restes d'un foyer, non loin de la paroi incurvée. La seconde, qui se classe dans la quatrième période thessalienne (contemporaine du
Fig. 3.
Fondations de maisons à Rakmani.
Q, maison de la 3* période; P, maison de la i» période.
minoen récent II et III), comprend deux chambres séparées par une cloison transversale. Le foyer était placé dans la plus petite, non loin du petit côté à mur droit. MM. Wace et Thompson n'ont pas pu distinguer dans les parties conservées des fondations l'emplacement des portes ; ils ne semblent pas tout à fait persuadés que le côté ouvert des deux bâtisses fût celui qui s'opposait à l'abside. Je ne partagerai pas leur doute sur ce
1. Wace-Thompson, Prehistoric Thessaly, Cambridge, 191 2, p. 87 et suiv.
2. Sur la chronologie des établissements thessaliens cf. le tableau synoptique dans Wace-Thompson, Ibid., p. 287.
LE MEGARON PREMYGENIEN 9
point. La maison absidiale a, par définition, son entrée sur le côté rectiligne qui fait vis-à-vis à la face arrondie. C'est ce que prouvent les ruines de l'Altis, où l'emplacement des portes est clairement indiqué par l'absence de fondation entre les deux bras du fer à cheval.
A Rini, dans un autre établissement thessalien, contemporain de la seconde maison de Rakmani, on a relevé un plan d'habitation assez singulier, mais non sans rapport, cependant, avec ceux qui viennent d'être décrits i. Le bâtiment, de forme oblongue, se termine par une abside à ses deux extrémités. Deux cloisons transversales le divisent en trois parties, l'une rectangulaire au centre, les deux autres semi- circulaires de chaque côté. La fondation est interrompue sur l'une des faces latérales droites. Peut-être, disent les fouilleurs, cette ouverture est-elle accidentelle. Je ne serais guère tenté de le croire et je mettrais volontiers à cette place l'entrée du logis. Si l'on compare la maison de Rini avec celles de l'Altis, on penchera pour y reconnaître non pas un seul, mais deux bâtiments opposés front à front. L'espace rectangulaire qui les sépare était sans doute découvert. M. Dôrpfeld croit trouver un exemple de maisons absidiales accouplées dans cette fondation curviligne de l'Altis, autrefois prise pour les restes du grand autel. Peut-être avonsnous à Rini un second exemple du même fait. Les diamètres inégaux des deux absides, leurs positions, qui ne sont pas rigoureusement symétriques, justifient cette conjecture et laisseraient même supposer que les deux bâtisses n'étaient pas primitivement réunies.
Au sujet des ruines préhistoriques thessaliennes, remarquons tout de suite qu'elles nous montrent, pour les mêmes époques, des méthodes de construction assez diverses et inégalement perfectionnées. Tandis qu'on construit encore à Rini des maisons curvilignes pendant la quatrième période thessalienne, c'està-dire au temps où la culture mycénienne touche à son apogée, à Tsangli, à Dimini, à Sesklo des bâtiments purement rectilignes apparaissent dès la première période. Bien que très antérieurs aux maisons absidiales déjà décrites, les mégarons rectangulaires de Thessalie doivent être étudiés après elles, comme représentant un art plus développé et un moment ultérieur dans révolution de l'édifice grec.