I. Davis-Naville, The tomb of Hatshopsitu, p
178 l'édifice hypostyle
ogivales, bâtis sur pilotis au milieu de marais herbeux, tels qu'un habitant de Thèbes n'en avait certainement jamais vu. Le paysage, avant d'être pittoresque, commence par être documentaire. Dans le relief ninivite l'image singulière du temple ourartien avait le sens d'une inscription ; elle signifiait que la scène de victoire et de pillage se passait très loin de Ninive, chez un peuple du Nord.
L'historien de l'architecture ne peut donc tenir pour fortuite et négligeable la similitude du temple ourartien avec les constructions helléniques. Il est obligé de comprendre le pays d'Ourartou dans l'aire de l'art européen. Cette constatation n'a d'ailleurs rien de très étonnant, après celles qu'on vient de faire sur les monuments préclassiques de l'Asie Mineure. Entre la ville de Mouzazir et la Grèce propre, les ruines phrygiennes, paphlagoniennes et cappadociennes forment une chaîne continue. L'architecture d'origine septentrionale, dont les méthodes ont prévalu en Grèce, étendait son domaine sur toute la rive méridionale du Pont et jusqu'aux pentes du Caucase.
Telles sont les conclusions auxquelles nous conduit l'examen des seuls monuments de l'architecture. Je ne pense pas qu'elles soient difficilement conciliables avec les résultats désormais acquis par la science ethaographique. On est aujourd'hui d'accord pour rattacher le peuple ourartien à un autre groupement ethnique que ses voisins du Sud et du Sud-Ouest, les Assyriens et les Hittites. Son origine indo-européenne est tenue pour très probable. Quant à savoir si ces Aryens venaient de l'Iran ou de l'Asie Mineure, c'est une question qui échappe à nos recherches et sur laquelle nous nous garderons de donner un avis. Il nous suffira d'avoir signalé que, par sa manière de construire, ce peuple se distinguait de toutes les grandes nations orientales ses voisines i.
I. M. De Morgan {Premières civilisations, p. 4oi) considère les Ourartiens comme «l'avant-garde de la branche septentrionale des Iraniens», Il ne semble pas admettre que leur diffusion, ou celle de la culture dont ils participaient, s'est opérée de l'Ouest à l'Est, mais en sens contraire. Il les rattache, en tout cas, aux peuples iraniens, c'est-à-dire à un autre groupe ethnique que les races ('tablies en Mésopotamie. (Cf. Ibid., p. /j84, carte de répartition des populations (l'origine indo-européenne dans l'Asie antérieure). Le même savant admet (p. SaS) que des tribus aryennes, s'infiltrant à travers les pays hittites, ont pénétré jusque dans le pays d'Ourartou, peu après la chute de Ninive. Comme on le voit, le royaume ourartien était situé au point de rencontre de deux courants de migrations aryennes, dont l'un venait d'Europe, par le Nord de l'Asie Mineure, l'autre de l'Iran. Cf. aussi Zaborowsky, Les Aryens, p. A22 et suiv. ,et tout le chapitre VIII.