‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 128 sur 218 · Ohnefalsch Richter, Kjpros, pi. VI · texte numérisé non relu

Ohnefalsch Richter, Kjpros, pi. VI

k. Altert. V. Pergamon, III, i, pi. II, pi. XX; p. 83 et suiv.

mais le plan, hormis quelques dimensions, se laisse restituer sans peine. C'était une salle assez vaste, oblongue, sans ouverture sur ses faces latérales, et fermée en arrière par un mur qui dessine à l'intérieur un demi-cercle exact. Dans cette large abside s'ouvrent encore deux niches symétriques, de même forme, mais de diamètres bien moindres. Au dehors, l'hémicycle principal et les deux niches étaient masqués par un épais massif de maçonnerie sur plan triangulaire, qui présentait dans l'axe une arête vive, pareille à une étrave de vaisseau. Cette bâtisse, d'un appareil assez soigné, mais dépourvue de toute décoration, ne saurait être prise pour un monument religieux; on songerait plutôt à un tribunal. Le plan en est curieux par la double application qu'on y a faite du motif semi-circulaire. L'addition de deux absides minuscules à l'abside principale témoigne d'un goût peu commun jusqu'alors pour les combinaisons de lignes courbes .

Ces quelques monuments ne suffiraient pas à désigner l'époque hellénistique comme le moment décisif où le naos oblong rentre en possession de son abside. Mais l'abside n'est qu'un motif curviligne parmi beaucoup d'autres, et il n'y a pas de doute que la construction curviligne en général ne revienne alors en faveur. On pourrait noter dans les paysages alexandrins, ou du moins dans les peintures italiennes qui s'en inspirent, maintes bâtisses rondes i. La tholos a désormais cessé d'être un édicule funéraire ou chtonien pour devenir un modèle monumental couramment adapté à diverses fins et surtout apprécié en raison de son caractère décoratif. Nous en verrons bientôt faire le pavillon central des marchés publics 2. Mais le fait capital à cette époque, celui qui put modifier le plus profondément l'esthétique de l'architecture, c'est la substitution progressive de la voûte à la plate-bande. Peut-être faut-il faire débuter et expliquer par ce fait toute la renaissance de la construction curviligne. L'invention de la voûte n'intéressait pas seulement l'esthétique, mais la technique monumentale. Un procédé aussi précieux, capable de rendre d'aussi constants services, devait s'imposer rapidement à l'attention des architectes. Mais à voir édifier des baies voûtées, l'œil se familiarisait avec la forme semi-circulaire, et l'idée devait bientôt venir de projeter cette forme dans les plans. Entre les deux motifs de

1. Roux-Earrc, Ilerculanum et Pompéi^ III, pi. i5, 26, 3o, 55.

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