‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 143 sur 218 · I. La maison grecque à péristyle. Les signes de son origine · texte numérisé non relu

I. La maison grecque à péristyle. Les signes de son origine

orientale.

Il n'y a pas très longtemps encore, nous ne connaissions de visu la maison grecque que par les fouilles de Délos. Après avoir décrit les manoirs mycéniens, il fallait, pour trouver des ruines d'habitations aussi notables et aussi claires, passer presque sans transition à la Délos du second siècle. Entre ces deux groupes de monuments, que sépare un millénaire, nous n'avions à citer .que les misérables logis de la colline des Nymphes, dans Athènes, ou d'autres, à peine plus dignes d'études, à Dystos, à

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Mégare et au Pirée. Faute d'observations plus nombreuses, les historiens de l'architecture inclinaient à considérer la maison délienne à péristyle comme le type de l'habitation grecque. C'est contre cette idée qu'il faut d'abord réagir.

Les fouilles de Priène en ont déjà montré l'inexactitude. Par elles on a pu se convaincre qu'il n'existe pas à l'époque hellénistique un modèle unique d'habitation, mais deux modèles divers, si profondément divers que l'un ne saurait être pris pour une variante de l'autre. La maison de Priène et la maison de Délos sont des édifices sans parenté.

On sait déjà comment exphquer ce dualisme. La maison priénienne, dite à prostas (il serait plus exact de dire à mégaron) représente la pure tradition grecque. C'est ce qu'on a montré dans un précédent chapitre. La maison délienne à péristyle est, on va le voir, un type de construction originaire de l'Orient.

Nous connaissons aujourd'hui des maisons de cette dernière forme à Délos i, à Pergamea, à Priène 3, à Théra^, à OlbiaS, à TermessosS, à Sélinonte?. Je ne parle pas de celles qu'on a rencontrées dans les villes romaines. Les dates relatives de ces diverses ruines sont difficiles à préciser. Les plus anciennes ne remontent certainement pas jusqu'au milieu du m* siècle av. J.-C. A Pergame, l'édifice situé derrière la Bibliothèque et quelquefois appelé Maison d'Attale, nous offre un beau spécimen de cour périptère. A Délos, tous les logis de quelque importance ont une cour centrale entourée d'une colonnade continue sur ses quatre faces fjîg. 65). Les maisons sans cour médiane et sans péristyle remplissent les intervalles laissés par les précédentes ou constituent les quartiers pauvres. Le long du port marchand, au Sud du sanctuaire, les constructions

1. Bull. corr. helL, i884, p. 478 et suiv. (P. Paris); 1896, p. 460 et suiv., pi. III-VI (Couve); 1906, p. i et suiv. (Jardé); 1906, p. 485 et suiv. (Ghamonard); p. 682 et suiv. (Jardé), pi. IX-Xll; Durm, Bauk. d. Griechen, p. 5i5 et suiv.; Springer-Michaelis, p. 358 et suiv.

2. Durm, Ibid., p. 520, fig. 471 ; Springer-Michaelis, p. 869 (maisons de la ville haute); Athen. Mitteil., 1904, p. nG et suiv.; 1907, p. 167 et suiv. (maisons de la ville basse).

3. Wiegand-Schrader, Priène, p. 286. La maison XXXIIl après son remaniement; et aussi le prytanée. Ibid., p. 288, fig. 225.

4. Hiller von Gârtringen, Thera^ I, p. 252; III, p. i38, fig. 120; p. i4o, fig. 121 ; p. 189.

5. Arch. Anzeig., 1910, col. 282 et suiv., fig. 28, 29 (Pharmakowsky).

6. Lanckoronski, Villes de la Pamphilie, II, p. loi ; Durm, Ibid., p. 52i, fig. 467.

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