Zannoni, Arcaiche abitazione di Bologna, Bologna
'4. Modestow, Introd. à l'hist. romaine (trad. Delines), pi. XXV, 9; XXVIII p. 25 1 ; Durm, Bauk. d. Borner, p. /j3, /j5; Montelius, Civilis. primitive; pi. 33. 5. Helbig, Italiker in d. Po Ebene, p. Gi et suiv. f). Ovid., Fasl., III, i83; Dion. liai., I, 79; Vitruv., 11, i, 5.
2 64 l'édifice hypostyle
l'art étranger. L'esprit conservateur et nationaliste des Romains gardait un goût particulier, mêlé d'un peu de vénération, pour ce type monumental que l'on pouvait croire autochtone et inconnu des autres peuples.
En fait, les analogies sont étroites entre les constructions curvilignes des deux péninsules. En même temps que la hutte ronde nous retrouvons en Italie la hutte absidiale, prototype curviligne du mégaron grec. J'ai déjà montré qu'en Sardaigne c'était un logis de cette forme qu'on avait librement copié dans les tombes dites des Géants. Les populations sardes de l'âge du bronze ensevelissaient dans ces tombeaux les chefs qui avaient pour châteaux les nuraghes circulaires *. En Sicile, le plan absidial est commun parmi les tombes rupestres^. On a de plus découvert à Monteracello une fondation en demi -cercle qui provient certainement d'une habitation préhistorique^. Sur le continent itaUen la maison en fer à cheval n'a pas laissé de ruines, mais on en retrouve aussi l'image dans les urnescabanes ^». Une fondation oblongue, dans la terramare de Tarente, est de forme quadrilatérale, mais garde encore une paroi postérieure cintrée 5. C'est le type intermédiaire par où s'opère le passage du curviligne au rectiligne ; après lui viennent des bâtisses exactement rectangulaires. Parmi les plus anciennes^ il faut citer une hutte avec prostyle, à Canatello^, une autre semblable découverte sur le Palatin 7, et le célèbre palais
1. La forme semi -circulaire est fréquente parmi les tombes rupestres préhistoriques de Sardaigne, Monum. Lincci, IX, 1899, col. 898 et suiv.; col. 4o3, fig. 2 (tombe XI); col. i3/i, fig. a/j (tombe W); col. kh\ (tombe XVI), etc.
2. Bail. Paletn., 1891, pi. IV, 9; Pfuhl, dans Athen. Mitteil., 1906, p. 35/i.
3. Bull. Paletn., 1898, p. -^o^, fig. i5 ; Monum. Lincei, IX, 1899, p. i/i5.
k. Durm, Bauk. d. Borner, p. Uk, tig. A3 11 resterait à préciser pourquoi cette maison primitive absidiale, qui semble bien n'avoir jamais existé en Orient, se rencontre à l'origine de l'architecture dans les deux péninsules. La question peut recevoir deux réponses. Ou bien celte manière de bâtir était commune aux populations de l'Europe centrale et s'est propagée avec elles du Nord au Sud, vers la Grèce d'une part, de l'autre vers l'Italie. Ou bien les Grecs l'ont enseignée aux Italiotes, quand les premières relations se sont nouées entre les deux peuples. Les plus grandes vraisemblances sont certainement en faveur de la première hypothèse. Mais nous ne pourrions entrer ici dans le fond du débat sans aborder le grand problème du peuplement de l'Italie primitive, ce que nous ne nous permettons pas. Sur l'origine septentrionale de la civilisation de l'âge du bronze et de l'âge du fer en Italie, cf. Peet, Bev. ûrchéol.y 1910, II, p. 878 et suiv.; p. 899 et suiv.