‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 164 sur 218 · Durm, Bauk. d. Borner, p. !^t^, fig. /|3 (en haut · texte numérisé non relu

Durm, Bauk. d. Borner, p. !^t^, fig. /|3 (en haut

3. ^lontelius, Civilis. primitive, p. /197 et suiv., pi. 107 ; p. 5o3, fig". 9. '4. Cf. surtout Korte, Das Volumniergrab, p. 6.

5. Le toit en pyramide, commun en Élrurie, a laissé maintes traces en Asie ^lineure, en Egypte. Des tombes étrusques du Val d'Asso, avec toit pyramidal, M. Durm rapproche très justement des mausolées fort semblables de Thèbes et de Jérusalem; il faudrait y joindre aussi les mausolées d'Halikarnasse, d'Olba en Cilicie, de Mylasa. Enfin dans tous les monuments que nous avons visités, ce qui ressemble le plus à l'atrivim toscan, c'est certaine salie hypèthre, avec impluvium, des maisons de Kahoun, en Egypte, ou certain péristyle crétois de Phaeslos ou d'Haghia Triada. Si l'on veut remonter dans l'histoire de la maison étrusque plus haut que l'urne-cabane de Berlin, il faut supposer, à un stade antérieur de son évolution, l'existence d'une simple hutte pyramidale ou conique, ouverte à son sommet. Cette hutte hypèthre n'a pas encore été retrouvée; mais il y a de bonnes raisons pour en chercher les vestiges en Orient plutôt qu'en Italie. Dans son article intitulé L'origine délia domus (Rendiconti d. Accad. d. Lincei, XI, 1902, p. liQ'] et suiv.), M. Patroni soutient que la maison à atrium a été importée d'Orient par les Étrusques. Mais il est évidemment dans l'erreur quand il voit dans l'atrium le reste d'une cour péristyle, qu'on aurait rétrécie et presque entièrement couverte. L'urnecabane de Berlin témoigne clairemenldu contraire. Cette bâtisse hypèthre, à toit ^ pointu, est bien le prototype de la maison étrusque et romaine à ciel ouvert. L'atrium a certainement un rapport avec la cour péristyle, mais il ne dérive pas d'elle et c'est elle cjn'on pourrait plutôt considérercomme un atrium élargi.

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rien de problématique : le temple rond ; le temple grec ; le temple étrusque à vaste proslyle et à triple cella.

Le premier des trois se rattache avec évidence aux cabanes rondes des temps préhistoriques.

Le second, qui finit par l'emporter sur les deux autres, a pu s'introduire en Italie par deux voies différentes, l'Étrurie et la Grande Grèce. Les Étrusques ont parfois reproduit sans addition notable le modèle de la cella hellénique ; témoin les deux sanctuaires d'Alatri^ et de Conca^. Ces monuments ne se singularisent que par la disposition de la colonnade antérieure. A Alatri, on remarquera les deux colonnes jetées en avant des antes, qui forment un prostyle aussi profond que la cella ellemême. A Conca, une cella étroite avec pronaos et opisthodome n'est entourée de colonnes que sur son front et ses faces latérales. La profondeur du prostyle, l'absence de colonnade sur le côté postérieur sont des traits particuliers à l'Étrurie. Nous les retrouvons dans le temple étrusque à trois cellas.

Ce dernier type de sanctuaire nous est connu par une description deVitruve^ et par quelques rares vestiges d'édifices^». On sait que sa restitution pose un difficile problème, dont tous les points ne sont pas encore éclaircis. Nous n'avons pas à en reprendre l'examen, mais seulement à marquer la place de ce temple dans l'histoire des formes monumentales. On lui réserve habituellement le nom de toscan, et de fait, il nous montre un arrangement de murs et de colonnes, sans exemple dans le passé, qui peut être tenu pour une invention des Étrusques. Mais dans ce plan complexe, on reconnaît à l'analyse tous les éléments dont se composait déjà le temple grec et l'on n'en découvre point d'autres. Seul leur groupement est nouveau. Pour constituer le type du sanctuaire toscan il a suffi de juxtaposer par leurs longs côtés trois cellas grecques et de donner un peu plus d'étendue aux portiques à colonnes qui les précédaient. C'est en somme, plutôt qu'une véritable création, une adaptation d'un ancien modèle d'édifice aux exigences d'un culte nouveau. La colonnade extérieure, cette parure facultative du

1. Rom. Mitteil.y 1889, p. 226 et suiv. (Winnefeld); Durm, Bauk. d. Borner, p. iiijfig. 121; Springer-Michaelis, p. /i22, fig. 776.

2. Mélanges d'archéol. et d'hist., 1896, p. i3i et suiv. (Graillot); Rom. Miiteil., i8g6, p. 167 et suiv.

3. Vitruv,, IV, 77 ; cf. Wiegand, Le temple étrusque, extrait de La Glypt. de Ny-Carlsberg, Munich, 190/4; Fenger, Le temple étrusco-latin, Copenhague, 1909.

ti. Durm, Bauk. d. Borner, p. loG et suiv.

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monument, a modifié son ordonnance, et gagné en avant du front tout le terrain qu'elle perdait en arrière, où jamais elle ne fait retour sur la face postérieure. Mais le sékos n'a pas changé d'aspect et chacune des trois divinités associées sous le même toit habite une chambre ob longue, sans autre ouverture que sa porte frontale.

Entre cette évidence et ce qu'on vient de dire sur l'origine probablement orientale de la maison étrusque il n'y a point d'incompatibilité. Un peuple venu du Levant a pu conserver, dans ses habitations, sa primitive manière de bâtir et emprunter à d'autres le modèle de ses temples. On ne tiendra pas ce fait pour invraisemblable, si l'on prend garde que les choses se passèrent exactement de la sorte pour l'architecture romaine. Qu'on la dise étrusque ou italique, la maison romaine n'a certainement nul lien de parenté avec la maison grecque; ce qui n'empêche pas le temple romain d'être littéralement copié, dans son plan et dans sa décoration, sur le temple hellénique.

En Italie comme en Grèce, la grande architecture profane est celle qui se développe en dernier lieu. Pour toute l'époque républicaine on ne compte à son actif qu'un très petit nombre de monuments. Le temple est longtemps l'unique ornement de la cité. Dans Rome même, les autres édifices ne jouent qu'un rôle obscur et secondaire jusqu'aux dernières années du m* siècle, époque décisive où commence la construction des basiliques.

Il est attesté par un texte de Tite Live que Rome ne possédait pas de basilique avant l'année 2101. Les commerçants du forum et des divers marchés se logeaient dans des tabernae. Les tribunaux se réunissaient en plein air. A plus forte raison, la foule des oisifs et des promeneurs n'avait pas de refuge contre le soleil ou les averses. De grandes stoas étroites, à la mode grecque, ouvertes sur tout un côté, il n'est pas question avant le second siècle. En 198 av. J.-C, yËmilius Lepidus et L. .Emilius firent construire le portique de l'Emporium, pour abriter les marchandises apportées parla batellerie 2. Établi en bordure du fleuve, c'était apparemment une longue stoa pareille à celles qui servaient de docks dans le port du Pirée. Tous les autres portiques romains sont postérieurs à celui-là ; le premier dont il soit fait

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