‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 182 sur 218 · Vitruv., V · texte numérisé non relu

Vitruv., V

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dispositions essentielles de l'édifice, telles que la largeur ou l'étroitesse du front, l'ordonnance des colonnades, l'absence ou la présence d'un lanterneau. Vient ensuite la description, bien plus intéressante et bien plus détaillée, de la basilique construite par l'auteur pour la colonie de Fanum. Si Vitruve s'est peu étendu dans les pages précédentes sur la théorie, c'est qu'il comptait donner un exemple concret d'une basilique selon son propre goût. Mais, chose curieuse, l'édifice de Fanum n'est pas conforme au modèle idéal dont il indiquait un peu plus haut quelques caractères. Tandis que ce dernier semble devoir se classer, comme nous le verrons plus loin, parmi les monuments de la série B, c'est-à-dire du type grec, la basilique de Fanum appartient certainement à la série A et ressortit au type oriental.

Vitruve hésitait donc entre les deux systèmes et les considérait l'un et l'autre comme également défendables. Son attention allait moins au choix du parti général qu'aux détails de l'exécution.

On n'a pas eu de peine à tirer de ce chapitre une restitution graphique de la basilique de Fanum ï. Les plans et les coupes restaurés qu'ont établis plusieurs archéologues, Reber, Quicherat,MM.K. Lange etPrestel, ne diffèrent que sur des points d'importance secondaire. Les dispositions les plus caractéristiques sont indiquées par l'auteur en toute clarté. L'édifice présentait en façade son plus grand côté {in longitudine quaeest foro proximà). Le rapport de la profondeur à la largeur est de I X 1,7, tandis que, dans la basilique théorique, Vitruve prescrit de ne jamais dépasser pour la petite dimension la moitié de la grande. Les colonnes sont disposées sur un seul rang, le long des quatre murs, à raison de quatre pour les faces latérales et de huit sur le grand côté. L'entrée s'ouvre au milieu du grand côté, vers le forum, dans l'axe du petit temple d'Auguste qui prolonge la basilique sur sa face postérieure. L'originalité du monument consiste surtout dans la présence de cet édicule annexe. Pour le reste nous n'avons rien ici qui ne soit très conforme au type de la salle périptère orientale. L'abside et le

I. Eq dernier lieu, J. Prestel, Die Marcus Vitruvius Pollio Basilika zu Fanum Forfunae, Strasbourg, 1901. La reconstruction graphique diffère peu de celle proposée par Reber (Traduction de Vitruve, p. iSa et Mitt. d. K. K. Centralcomm., XIV, p. ko) et par Quicherat {Rev. archéol., 1878, i, p. 24 et suiv.); cf. aussi Zestermann, Antiken u. christl. Basiliken, Leipzig, 18^7, p. 81.; Messmer, Ueberden Ursprung d. Bas., Berlin, 1869, p. 3o; Ulrichs, DieApsis der alten Basiliken, Greifswald, i848, p. 20; K. Lange, Ibid., p. 191 elsuiv. et pi. V, 8; Durm, Bauk. d. Borner, p. 619.

tribunal dont il est fait mention ne sont pas compris dans la basilique proprement dite, mais se placent certainement à l'intérieur du petit temple d'Auguste.

Dans l'élévation, on remarquera surtout que le toit du vaisseau central repose, non pas sur deux colonnades superposées comme il est dit pour la basilique théorique, mais sur un ordre unique de hautes colonnes. Une galerie court cependant au-dessus des bas-côtés, tout autour de la salle. Les poutres de son plancher viennent poser leurs têtes sur de courts pilastres adossés les uns aux colonnes, les autres à la face intérieure du mur. On ne sait s'il faut restituer au-dessus des bas-côtés une toiture inclinée ou horizontale, mais il est certain, d'après les dimensions respectives des grandes colonnes et des pilastres, que cette toiture n'atteignait pas la même hauteur que celle du vaisseau central. C'est dire que toute la partie centrale du comble formait au-^ dessus de cette nef un grand lanterneau.

Basilique Ulpia (fig. 10 c). — On ne s'étonnera point de la trouver classée ici parmi les monuments du type oriental, si l'on se souvient qu'elle fut construite par un Syrien, Apollodore de Damas. C'est la plus vaste de toutes les basiliques actuellement connues. Elle faisait partie intime d'un ensemble bien plus vaste encore, le forum de Trajan, qui portait la marque du même style ». Quand on arrivait du forum d'Auguste, on débouchait après un large propylée dans une grande cour carrée, bordée de portiques sur trois de ses côtés. Au fond de cette cour, en face de soi, on apercevait la large façade de la basilique, qui la fermait tout entière. C'était, à la lettre, la même combinaison d'un espace hypèthre, d'une ceinture de portiques et d'un grand hall à colonnes que dans le temple égyptien.

Hormis quelques points de détail, le plan de la basilique se laisse restituer, d'une part d'après les quelques ruines mises à découvert, de l'autre d'après les fragments retrouvés de la Forma Urbis. Il semble que l'édifice était clos de murs, avec trois grands portails en façade. Une ou plusieurs portes secondaires devaient

I. Pour le plan d'ensemble du forum et de la basilique, plan qui reste conjectural sur bien des points, cf. en dernier lieu les relevés d'Hûlsen reproduits dans Durm, Bauk. d. Rômer, p. 6i6, fig. C98 ; Springer-Michaelis, p. /igS, fig. 901. Pour les fragments de la Forma Urbis qui peuvent éclairer la ques- «tion, Jordan, Forma Urbis, 25, 26 a et 2G. On ne consultera pas sans quelque défiance les restaurations des architectes français (Lcsueur, 1828 ; Morey, i835 ; Guadet, 1867).

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être percées dans le mur postérieur, car il fallait traverser la basilique pour arriver à la petite place où se dresse encore la colonne Trajane. A l'intérieur, les supports étaient disposés sur deux rangées concentriques parallèles aux quatre faces du bâtiment, tout comme dans la basilique Julia.

Il n'y a de nouveau pour nous, dans le plan dessiné par ApoUodore, que les deux grandes absides qui prolongent la basilique sur ses deux petits côtés. Elles ne font pas corps avec elle, comme le petit temple d'Auguste dans la basilique de Fanum. A cause de leurs dimensions et de la difficulté qu'il y aurait eu à couvrir ces espaces semi-circulaires, on n'hésitera guère à les restituer comme deux cours hypèthres. Par contre, on n'a nulle raison de supposer découvert le vaisseau central de l'édifice, comme faisaient Hubsch,Burckhardt et Schnaase, à cause de sa largeur, qui est de 25 mètres ^ La même portée de plafond fut atteinte à Saint-Paul-hors-les-murs et dépassée dans la basilique de Trêves 2. Il se peut, comme le conjecturait Guadet^^ qu'on ait utilisé, pour couvrir le vaisseau de Saint-Paul, les grands bois de la basilique Ulpienne. Pour ce qui est de la toiture et des parties hautes de l'élévation, on peut, d'après la similitude de l'ordonnance intérieure, supposer un arrangement analogue à celui de la basilique Julia.

Basilique de Maxence et de Constantin; deuxième état. — Commencée par Maxence aux environs de 3io, celle-ci ne fut achevée que sous Constantin et non sans que d'importantes corrections eussent été apportées au plan primitif^'. C'est de beaucoup la mieux conservée et la plus imposante des basiliques romaines. L'aspect en est rendu singulier par Temploi des grandes voûtes à caissons au lieu des plafonds de bois. Cette technique nouvelle entraînait des modifications considérables dans l'arrangement des points d'appui intérieurs, dans la construction des murs et la forme du lanterneau. L'édifice est assez connu pour que nous n'ayons pas besoin de dire par quoi il marque un très grand progrès sur les précédents. Ce qui nous intéresse, ce sont plutôt

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