‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 183 sur 218 · Dans le Dict. des Antiquités, s. v. Basilica · texte numérisé non relu

Dans le Dict. des Antiquités, s. v. Basilica

4. Cf. en dernier lieu Hûlsen, Forum romain, p. 289, et Dritter Jahresbericht iiber die Topographie der Stadt Bom, Rome, 1892, p. 291 ; Durm, Bauk. d.Bômer, p. 6a I et 626. Sur la date de l'édifice, Kraus, Gesch. d. Chr. Kunst, 1, p. 277 et suiv.

les traits de ressemblance qu'il offre avec eux, malgré de si capitales innovations.

Dans son premier état, il appartient à la série de monuments que nous passerons en revue un peu plus loin, celle des basiliques de type hellénique. Il avait pour façade son petit côté Ouest tourné vers le Colisée, et devant cette façade s'élevait un chalcidicum, sorte de portique étroit qu'on ne rencontre jamais dans les hypostyles orientaux. A ce portail de l'Est répondait une abside dans le petit côté opposé. Avant l'achèvement de la construction, ce plan fut retouché de la manière suivante : on ouvrit sur le grand côté du Sud, celui qui regarde le Forum, un autre portail précédé d'un perron. Vis-à-vis de cette nouvelle entrée, on établit une nouvelle abside dans le grand côté du Nord. Ni l'entrée du mur Est, ni l'abside de l'Ouest ne furent d'ailleurs pour cela supprimées. On obtint de la sorte un bâtiment de forme hybride qui tient à la fois du type grec et du type oriental. Vu du Sud, pour le visiteur qui vient du Forum, c'est une salle à large front qui rappelle la Bibliothèque d'Éphèse. Vu de l'Est, pour qui vient du Colisée, c'est une basilique profonde, à front étroit, lointaine copie du mégaron. A l'intérieur, le premier parti avait prévalu et la division en trois vaisseaux parallèles au grand axe avait subsisté en dépit des remaniements.

Basiliques de Silchester et de CaerwentK — Dans les deux villes britanno-romaines récemment fouillées près de Silchester et de Caerwent, on a reconnu les ruines de deux basiliques, l'une et l'autre d'assez basse époque. Chacune occupe tout un côté d'un forum carré, bordé de portiques sur ses autres faces. Il ne semble pas que les bâtiments eussent une entrée monumentale, sur le grand axe, à l'une de leurs extrémités. A Silchester, au moins, la présence d'une abside au miUeu du long mur postérieur désigne comme façade le long côté qui borde le forum et classe l'édifice dans la présente série.

Pour dresser la liste complète des exemplaires du type A, il y faudrait aussi comprendre des monuments affectés à d'autres usages que les basiliques. Nous signalerons surtout dans leur nombre la célèbre Bibliothèque d'Éphèse, construite vers le

I. Arch. Anzeig., 1909, col. 2^7, fig. i5; 191 1, col. 807, fig. 10; Archaeologia, '909* Pl' '»«•

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début du H' siècle ap. J.-C. i. Par les proportions générales, son plan rappelle fort celui de la basilique de Fanum. La colonnade intérieure, très rapprochée des murs, a surtout ici une fonction décorative. Comme dans l'œcus alexandrin et pompéien, elle est interrompue sur la face antérieure de la salle. La présence d'une abside, motif d'origine européenne, dans le mur postérieur, n'enlève pas à l'édifice son caractère oriental.

La Bibliothèque d'Éphèse a pour exacte réplique un monument syrien, un peu postérieur en date, le Tychaion d'Is- Sanamena. Ce temple, construit vers 192 ap. J.-C, conserve à peu de chose près les dispositions intérieures et les proportions qu'on vient de dire. 11 offre en outre cette particularité que l'abside est flanquée à droite et à gauche de deux chambres rectangulaires ; motif qu'on va bientôt retrouver dans les édifices syriens du type B (comme le prétoire de Mousmieh) et que ceux-ci transmettront aux églises syriennes.

B. Basiliques du type grec.

Sous sa forme la plus complète, la basilique du type grec est une salle profonde, à trois vaisseaux, plus allongée que Fhypostyle oriental, précédée d'une sorte de prostyle (le chalcidicum), et prolongée par une abside. Rappelons que toutes ces dispositions se trouvaient déjà réunies dans un édifice grec du m'' siècle avant notre ère, le télestérion de Samothrace. On y ajoute maintenant un élément nouveau, d'ailleurs facultatif : le lanterneau qui surmonte la nef centrale. C'est là, nous le savons, un emprunt à l'architecture orientale, mais qui ne modifie pas l'édifice dans son plan, ni dans sa structure profonde. Sous sa forme la plus simple, la basilique du type grec se réduit à une chambre oblongue, sans supports intérieurs, ayant une porte sur l'un de ses petits côtés, une abside sur l'autre. Elle pourrait se confondre avec ces édicules romains à absides, dont on faisait tantôt de petits temples 3, tantôt comme à Pompéi des bureaux pour les magistrats^.

1. Jahreshefte^ 1908, p. 120; Durm, Bauk. d. Griechen^ p. 626, fig. ^78.

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