‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 204 sur 218 · Cf. les remarques de K Lange, Haus u. Halle, p · texte numérisé non relu

Cf. les remarques de K Lange, Haus u. Halle, p

LA BASILIQUE CHRÉTIENNE SSy

premiers édifices chrétiens; mais elle est certainement vraie pour quelques-uns d'entre eux, comme l'éi^lise de la Nativité à Bethléem et celle de Kherbet-bou-Addoufen en Algérie '. La cella memoriae à triple abside n'a rien à voir avec le type basilical courant, mais elle entre évidemment pour moitié dans le plan de ces édifices.

G. La basilique chrétienne semblable à la basilique civile.

Cette théorie est de beaucoup la plus ancienne de toutes. Le florentin L.-B. Alberti la formulait déjà en i4652. Nous la mentionnons en dernier lieu, parce que c'est elle en somme qui nous ramène le plus près de nos propres conclusions. On Ta trop souvent rejetée en bloc, sans prendre garde qu'elle contenait à la fois et la vérité et l'erreur.

Telle que l'exposait Alberti, elle se fondait sur une conjecture qu'aucune découverte n'est venue depuis lors justifier. C'était que, sous le règne de Constantin, des basiliques civiles avaient été consacrées au culte. Celte première inexactitude dénoncée par Zestermann a bientôt rendu suspecte la thèse tout entière. Elle n'a plus guère trouvé de partisans, quand on s'est avisé par la suite que les plus importantes des basiliques civiles, comme la Julia et rUlpia, différaient profondément des premières églises.

Cette condamnation hâtive reposait sur un examen superficiel des monuments. C'est un verdict qu'il faut en partie rapporter; nous avons déjà dit dans quelle mesure. L'édifice chrétien est sans rapport avec une espèce de basilique civile; mais nous en connaissons une autre espèce, dont il reproduit toutes les dispositions essentielles.

Le tort commun des diverses théories qu'on vient de voir n'est-il pas que leurs auteurs abordent le problème de la basilique chrétienne sans avoir suffisamment éclairci celui de la basilique civile? La plupart ne font pas remonter leurs recherches au delà du i" siècle. Les basiliques civiles marquent pour eux un point de départ. Il leur suffit de reconnaître que ces monu-

1, De Lasteyrie, Ibid., p. 9 et suiv.; Hoitzinger, Ibid., p. lo/i et 1 13.

2. L.-B. Alberti, De re aedificatoria, Florence, i465. Après lui, J. A. Messmer, Ueber d. Urspriing d. Entwicklung 11. d. Bedeatung der Basilika in der christUchen Baukunst, Leipzig, i854 ; beaucoup plus récemment, A. Choisy, Hist. de r Architecture, II, p. 35 et suiv. (on y lit cette surprenante affirmation que Saint-Paul hors-les-murs reproduit la Basilique Ulpienne).

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ments ne sont pas conçus d'après une formule unique; ils en concluent qu'ils échappent à toute définition et que leur plan, soustrait à toute règle, n'a que des ressemblances fortuites avec celui de l'édifice chrétien. « Il est indiscutable, écrit encore M. Lemaire', que la basilique profane est trop différente de l'église pour lui avoir servi de modèle exclusif. » M. von Sybel, le plus pénétrant des historiens qui ont appliqué leur étude aux antiquités chrétiennes, s'exprime en termes analogues. Il renonce, devant la diversité des monuments, à fixer un schéma de la basilique civile et reconnaît que les chrétiens ont vraiment créé dans ce genre d'édifices une forme qui n'existait point avant eux». Pour nous qui sommes remonté jusqu'aux origines dans l'histoire des formes monumentales, la question s'est posée en d'autres termes et se résout bien plus aisément. Tout d'abord, nous avons pu remarquer combien rarement apparaissent dans l'architecture des types vraiment nouveaux, et pour quelle faible part intervient ici l'invention. Ce premier fait nous a mis en garde contre les théories de ceux qui penchent plus ou moins à considérer l'église latine comme une création de l'art chrétien. Nous avons vu se former, chez des races différentes, deux conceptions diverses de l'édifice hypostyle. En Grèce et en Orient naissent, pour se perpétuer d'âge en âge, deux types de salles essentiellement distincts. Nous les avons retrouvés tous deux, à Rome et dans l'empire romain, en visitant les ruines des basiliques civiles. Quand nous est ensuite apparue la basilique chrétienne, son cas n'avait plus rien d'obscur. Elle n'a nul rapport avec la longue série des œuvres de souche orientale ; mais elle vient se placer après les basiliques civiles et les bâtiments similaires du type grec, dont elle est l'exacte réplique. Il n'est donc plus question d'en expliquer la genèse. Si l'on en considère les dispositions essentielles et constantes, on ne peut dire qu'elle enrichit d'un type inédit le répertoire des formes monumentales. C'est un très ancien modèle d'édifice qui se transmet du monde païen à la société chrétienne 3.

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