Holtzinger, Altchrist. Baukunst, p
2. Lubke-Semrau, Die Kanst des Miltelalters, Stuttgart, igoS, p. 67; L. Bréhier, Lesbos. chrétiennes, P'dTis, 1907, p. 1 5; E. Bertaux, /îom<', Paris, 1908, II, p. 27.
3. De Lasteyrie, L'arrldtectare religieuse en France à Vépoque romane, p. 70. /i. Kraus, Geschichte der christl. Kunst, I, p. 2G9 et suiv.
336 l'édifice hypostyle
qu'alors épars, empruntés à plusieurs espèces d'édifices. Mais à l'examen nous nous sommes prononcé pour le premier membre du dilemme. Il existait déjà, avant la construction des premièreséglises, des édifices profanes ou païens réunissant tous les caractères de la basilique chrétienne normale. L'adoption par les chrétiens d'un type monumental comprenant une salle à triple vaisseau, une abside, un pronaos, une toiture surélevée au centre, ne s'explique pas par une série d'emprunts successifs; le plan basilical déjà constitué et utilisé pour d'autres usages a passé d'un seul coup dans les églises du nouveau culte.
Si l'on peut faire quelques concessions à la théorie éclectique, c'est seulement en ce qui concerne deux organes facultatifs et non essentiels de la basilique latine : le transept et l'atrium. Les^ édifices païens du type B ayant fourni le modèle de l'église proprement dite, il se peut que les habitations privées aient donné celui de l'atrium. L'origine du transept reste fort problématique; il est permis de la chercher dans les alae du logis romain, comme faisait Dehio, ou dans les chapelles funéraires de plan tréfléi. Jusqu'à présent, il n'y a pas d'exemple d'une basilique profane à trois vaisseaux barrée d'une nef transversale devant l'abside. Cette nouveauté du type chrétien peut donc être considérée soit comme une pure création, soit comme un souvenir d'une autre espèce de monument 2. Mais, ou semble l'avoir trop souvent oublié, le transept, comme l'atrium, n'apparaît en somme que dans un petit nombre d'églises. Inconnu en Afrique, très rare en Asie-Mineure et en Orient, il fait aussi défaut dans beaucoup des plus vieilles basiliques romaines (Sainte- Agnès hors -les -murs, Saint-Laurent, Sainte- Sabine, Saint- Clément ,^ Santa-Maria in Dominica, Xénodochium de Pammachus à Ostie, etc.).
Parmi toutes les hypothèses émises sur l'origine de l'église Gonstantinienne, il faut cependant faire une place à part à celle de Kraus. Elle ne s'applique certainement pas à la généralité des^
1. Oq pourrait aussi supposer que le transept a remplacé les deux pas<ophoria qui tlanqucnt le presbytérium dans les églises de Syrie et d'Afrique. Dans la basilique syrienne de Ha!iis (Holtzinger, Af/c/ir/sL fiau/cunsi, p. 1 17, fîg. 162), ces deux sacristies débordent sur les murs latéraux du bâtiment. Pour avoir un transept véritable, il suffirait ici d'abattre les deux cloisons qui les séparent du presbytérium. Dans d'autres cas, c'est apparemment par le plan tréflé qu'on est arrivé au transept. Sur l'origine du transept, cf. en dernier lieu Massigli, dans Mélanges d'archéol. et d'hist., 1912, p. 3 et suiv,