I. Arch. Anzeig., lyoQ, col. /ioO cl siiiv
36 l'édifice hypostyle
motivée. On peut répondre à M. Jolies que les mégarons thessaliens présentent dans leur plan plus d'une anomalie. Jamais leurs murs ne se coupent exactement à angle droit; le tracé des fondations subsistantes dénote de la part du constructeur une absolue indifférence aux règles de la symétrie. La position des colonnes jumelles, très peu éloignées l'une de l'autre, ne doit pas plus nous étonner que le défaut de parallélisme ou l'obliquité des murs. En tout cas, la colonnade de Dimini, avec ses fûts enfouis en terre et très rapprochés deux à deux, n'est plus unique en son genre. M. Jolies ignorait, en écrivant son article, qu'on avait découvert à Délos les restes d'un édifice archaïque d'une ordonnance toute pareille. C'est une salle rectangulaire oblongue, qu'est venue recouvrir au vi^ siècle la prétendue Maison des NaxiensK A l'intérieur de cette salle, le roc, qui affleure au sol antique, est creusé de cavités circulaires, évidemment destinées à encastrer des fûts de colonnes. Ces mortaises sont disposées par paires sur deux rangées, parallèles aux murs latéraux. La colonnade était double et divisait l'intérieur de l'édifice en trois vaisseaux d'inégale largeur; la dislance était moins grande entre les colonnes d'une même paire qu'entre les colonnes et les murs latéraux. Au fond de plusieurs cavités ont été trouvées des pierres plates, qui servaient de coussinets ou de cales pour les fûts. Sur la date de la construction aucun indice, même très vague, n'a été relevé ; mais ce qu'on sait de l'histoire de Délos ne permet pas de la reculer jusqu'au temps des mégarons thessaliens. Quoi qu'il en soit, nous avons là un second exemple de cette ordonnance hypostyle, à vaisseau central étroit, qui étonnait si fort M. Jolies.
Cette découverte fournit à M. Tsountas un bon argument pour maintenir sa première opinion, que je crois pour ma part la bonne. Mais il lui faut expliquer pourquoi des trous coniques où s'encastraient des colonnes contenaient des tessons et des ossements d'animaux. La difficulté n'est pas insurmontable. Remarquons d'abord qu'elle existe seulement pour le mégaron de Dimini. A Sesklo, où l'on n'a trouvé', comme à Délos, que des cales de pierre dans les cavités du sol, la présence d'une colonnade est bien ditïicile à contester. Si l'on veut qu'à Dimini les plus larges des fosses circulaires aient servi de bothroi, il reste toujours à expliquer l'usage des deux autres, qui sont symé-