‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 25 sur 218 · I. Comptes rendus d. Acad. d. Inscr., 1909, p. /»ii · texte numérisé non relu

I. Comptes rendus d. Acad. d. Inscr., 1909, p. /»ii

LE MÉGARO:V PRÉMYCÉNIEN 87

triques aux premières et qui ne contenaient ni cendre ni ossements. Supposera -t- on qu'il y avait dans ce mégaron un alignement de bothroi parallèle à un alignement de colonnes ? Les supports de la toiture se trouveraient ainsi placés, non pas dans l'axe exact du bâtiment, mais à inégale distance des murs latéraux. Cette disposition ne laisserait pas d'étonner même dans une construction peu soignée et d'une dissymétrie singulière. J'admettrais plus volontiers que les fosses du côté Ouest, malgré leurs dimensions plus grandes et leur contenu pareil à celui des bothroi d'Orchomène, ont servi de mortaises, comme celles de l'Est^ pour des fûts de bois. Peut-être une réfection du mégaron a-t-elle supprimé les supports intérieurs et permis d'utiliser comme bothroi certaines des cavités où ils étaient engagés. Peut-être les cendres des foyers se sont-elles répandues dans ces deux fosses après la chute des colonnes et la ruine de l'édifice. Peut-être enfin ces débris calcinés sont-ils les restes d'un sacrifice dédicatoire qui précédait la mise en place du support. De toute façon, les fouilles de M. Tsountas ont mis ce fait important en évidence, que les constructeurs thessaliens de l'âge néolithique savaient déjà étayer le toit du mégaron par des colonnes de bois plantées en terre comme des pilotis. A Sesklo, le type de la colonnade classique, sur une ou deux rangées parallèles, n'est pas encore arrêté; mais il l'est déjà à Dimini, si l'on admet la restitution très vraisemblable de M. ïsountas.

Où nous chercherons chicane à ce savant, en donnant raison à M. Jolies, ce n'est pas à propos des bothroi, mais sur la question de date. Les fouilles anglaises de Thessalie, postérieures aux découvertes de Dimini et de Sesklo, nous ont apporté sur ce point quelques précisions nouvelles. Je ne doute pas que M. Tsountas n'ait lui-même revisé ses calculs et ne consente aujourd'hui à abaisser les dates de sa première chronologie.

MM. Droop et Wace, en étudiant les trouvailles des huit gisements superposés de Zérélia, n'ont pas eu de peine à montrer que la période néolithique descend en Thessalie jusqu'à une date relativement très basse k Elle nous conduit, presque sans transition, à la période mycénienne. Des vases semblables à ceux de Dimini se sont rencontrés à Zérélia dans un dépôt que les savants anglais placent entre a/tooet 1800. La seconde période

I. Annals of archaeoL, 1908, p. 118 et suiv.; cf. en dernier lieu Wace- Thompson, Ibid., p. 21G et suiv.

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néolithique thessalienne, que M. Tsountas rapprochait du quatrième millénaire, ne serait donc pas antérieure à la seconde moitié du troisième. Les édifices de Dimini et de Sesklo pourraient avoir été construits aux environs de l'an 2000. Cette observation ne diminue d'ailleurs en rien leur importance dans l'histoire de l'architecture primitive.

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