‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 3 sur 218 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'histoire de l'architecture antique comprend trois parties distinctes, auxquelles on a prêté jusqu'à ce jour une inégale attention : l'étude des ordres et de la décoration architecturale ; celle de la technique, ou des procédés de construction ; celle enfin des types monumentaux ou, si l'on veut, des formes d'édifices. C'est uniquement à cette dernière étude que le présent travail apporte une contribution. Il m'a paru que le moment était venu de l'écrire pour coordonner des faits épars et classer des données nouvelles dues à des découvertes récentes.

En 1908, les fouilles de Délos nous révélaient un édifice d'un type assez inattendu. C'était une vaste salle hypostyle, d'une forme et d'une ordonnance inusitées en pays grec, mais par contre très comparable d'une part à telles constructions égyptiennes, de l'autre à certaines basiliques romaines. L'étude de cette ruine, qui a fourni la matière d'une publication spéciale», m'a conduit à considérer dans son ensemble l'histoire de l'édifice à colonnade intérieure depuis les débuts de l'architecture en Grèce jusqu'à l'apogée de l'art romain. J'ai pu à ce propos constater que le problème des origines de la basilique attendait encore sa solution ; qu'au sujet des grandes constructions profanes des Grecs et des Romains plusieurs questions restaient à approfondir, notamment celle des influences orientales. Pour assigner sa place exacte au hall de Délos dans l'histoire de l'art monumen-

I. Exploration archéologique de Délos, fascicule II : La salle hypostyle.

X L EDIFICE HYPOST^ LE

tal, j'ai dû entreprendre sur ces questions des recherches qui m'ont vite entraîné fort loin de mon point de départ et qui m'ont semblé aboutir, çà et là, à des précisions nouvelles. J'en voudrais exposer ici les principaux résultats.

Telle a été l'occasion de ce travail. Voici maintenant quel en est l'objet précis, les limites qu'on lui a tracées et les faits qu'il tend à mettre en évidence. On a surtout voulu montrer de quelles manières diverses les Grecs, les Orientaux, les Romains ont conçu l'édifice à colonnes, et préciser le rapport historique de ces trois termes : hypostyle grec, hypostyle oriental, basilique romaine.

La construction d'une vaste salle, close de murs, dont la toiture est soutenue à l'intérieur par des supports isolés, représente pour l'art monumental la tâche et l'effort essentiels. Il n'y parvient pas d'un seul coup, mais par un lent travail qui se poursuit pendant des générations, des siècles, des millénaires. Le type de TédiBce hypostyle, tel qu'il se montre aux époques de haute culture, n'est presque jamais l'invention d'un architecte; il se constitue peu à peu, par le développement [)rogressif de l'habitation. Il s'impose aux constructeurs par la force d'une tradition qui remonte aux débuts de l'art. C'est la cabane des temps préhistoriques qui, s'élevant et s'élargissant, finit par devenir une salle à colonnes. Lorsque deux races ont habité à l'origine des maisons de formes distinctes, leurs constructions hypostyles, héritières de ces premiers logis, se montreront à nous dans la suite avec des dispositions différentes.

Pour étudier dans sa genèse le type de l'hypostyle grec, nous avions donc à considérer dabord l'habitation primitive des Hellènes et à la suivre aux diverses étapes

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