V. Le toit à quatre pentes. Sa rareté en Grèce
Si l'on admet que la maison grecque primitive, et après elle le mégaron mycénien, supportaient une toiture angulaire, il reste encore à se décider entre la forme à deux pentes et la forme à quatre pentes. Toutes deux étaient connues des constructeurs mycéniens. Mais la seconde reste, dans toute la Grèce continentale, d'une extrênie rareté. Une seule des tombes rupestres explorées par M. ïsountas à Mycènes en fournit un exemple 2. Le comble à quatre versants n'est pas incompatible avec le plan oblong^ avec les méthodes de construction traditionnelles chez les peuples du Nord, témoin les urnes-cabanes de l'Europe centrale qui sont couvertes de la sorte >5. Mais pour des raisons, dont quelques-unes se devinent, les Grecs lui ont préféré le toit à pignons. Le comble à quatre pentes était surtout facile à construire pour les peuples qui pendant la période curviligne n'avaient pratiqué que le plan rond. Du jour où la hutte ronde devenait rectiligne, c'est-à-dire prenait la forme carrée, son chapeau conique dessinait quatre arêtes et tendait vers la forme pyramidale. C'est ainsi que nous verrons apparaître
I. Beandorf a montré que le toit du temple grec, avec son revêtement de terre cuite, ses antéfixes et ses acrotères, procède certainement d'un modèle en bois. Il ne s'ensuit pas que le mégaron prémycénien et mycénien ait toujours été protégé de la sorte. Gomme la hutte primitive, la maison rectangulaire a dû longtemps conserver sur sa charpente angulaire une couverture de chaume ou d'argile, le plus souvent sans doute de chaume tixé par de l'argile, suivant le procédé dont on use encore en Grèce dans les campagnes. La fabrication d'un toit de planches bien ajustées, avec des voliges tenant lieu de tuiles et de couvre-joints, exigeait un long travail et des outils perfectionnés. Sous un climat aussi pluvieux que celui de la (irèce, une telle couverture devait vite pourrir, se disjoindre et cesser d'être étanche. Un toit protégé par un lit d'argile et de chaume demandait moins de peine au constructeur et de moins fréquentes réparations.