‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 40 sur 218 · E^r,[t.. àp/atoÀ, i888, p. i et suiv · texte numérisé non relu

E^r,[t.. àp/atoÀ, i888, p. i et suiv

i. Springer-Michaelis, p. 7, fig. 20, a.

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un modèle de comble en pyramide à Thérai, en Egypte, en Crète, vers les débuts de l'architecture rectiligne. En Grèce, où la maison curviligne prend déjà une forme étroite et oblongue, où le mégaron s'étire en profondeur, jusqu'à devenir, comme dans la seconde Troie, une sorte de couloir, la toiture à deux pentes était la plus aisée à construire. Elle est faite pour couvrir un long rectangle, tandis que le comble pyramidal s'adapte parfaitement au plan carré. Le fronton ou le pignon est déjà réalisé en Grèce (avec un contour arrondi), dans la maison curviligne en fer à cheval ; il se conserve, avec la forme triangulaire, dans le mégaron à murs droits. Par analogie, par symétrie avec la façade, le mur postérieur du bâtiment, celui qui vient remplacer l'abside primitive, prend le même aspect et s'achève lui aussi en pignon. A ces raisons inconscientes s'ajoutait le fait, vite éprouvé, que le comble à deux versants exige moins de combinaisons de la part du constructeur et n'a point le défaut de déverser les eaux de pluie au-dessus de l'entrée principale.

A certaines dispositions de la frise dorique, quelques historiens du temple grec ont cru reconnaître que son prototype mycénien était couvert d'un toit à quatre pentes. Les deux triglyphes contigQS, placés en équerre aux angles de la frise, ne peuvent selon eux représenter la tête d'une poutre ordinaire^ placée dans le sens de la longueur, ou dans celui de la largeur, mais seulement la tête d'une poutre oblique, posée en diagonale sur l'angle du mur et formant l'arête d'une toiture en croupe'. Ce n'est là certainement qu'un bien faible indice. Le motif ornemental du triglyphe a bien été suggéré par le revêtetement que recevait dans la charpente du mégaron la tête des grandes poutres. Mais une fois adopté comme élément décoratif de la frise, on ne s'est plus fait scrupule de l'employer là où la structure de l'édifice ne justifiait pas sa présence. Si l'on s'était borné à figurer dans la frise les éléments utiles de la construction, à leur place exacte, le triglyphe n'aurait dû paraître que sur les grands côtés du temple. Sur les deux façades il n'est employé, comme la métope, que par analogie, à

1. Fouqué, Santorin et ses éruptions, p. 9G; Perrot-Chipiez, VI, p. i44; Théra, nous le verrons, ne doit pas être comprise dans l'aire de l'architecture proprement hellénique.

2. J. Reimers, Zur Entwicklung d. dorischen Tempels, Berlin, i884, p. 34 et suiv.; Muchau, Pfahlhausbau u. Griechentempel, p. 807.

LE MÉGARON MYCÉME> 65

titre de pur ornement. La frise latérale avait un triglyphe à chacune de ses extrémités; on disposa de même la frise frontale. Quant à arrêter l'entablement sur une métope, on n'y devait pas songer. La métope n'est pas un élément, mais un vide de la construction. Seul le triglyphe pouvait donner à la frise une terminaison nette.

D'autres raisons que le souvenir d'une poutre diagonale obligeaient donc les décorateurs à placer deux triglyphes en équerre aux quatre angles de l'édifice. Mais, de plus, pour faire de ce bloc angulaire, compris dans la frise, la tête d'une arête de croupe, il faut encore admettre un oubli partiel des dispositions primitives. Les éléments de la charpente, dont la frise reproduit l'aspect extérieur, sont les poutres proprement dites, les grands bois horizontaux qui relient les deux crêtes des murs latéraux. L'arête de croupe est au contraire une pièce de la couverture, un bois incliné, comme les chevrons, dont la tête ne doit pas apparaître au même niveau que celle des poutres horizontales, qui forment le premier lit de la charpente. Ce n'est pas dans la frise, mais dans le geison qu'il faudrait en chercher l'image.

Aussi bien serait-ce dans l'architecture classique le seul souvenir d'un ancien toit à quatre pentes i. Il faut attendre les dernières années du iii^ siècle pour rencontrer en Grèce un exemple certain de ce système de toiture. Cet exemple, nous le trouvons, non pas dans un édifice de caractère hellénique et de type traditionnel, mais dans cette Salle hypostyle de Délos, qui rappelle par tant de traits les méthodes de construction orientales. Le toit en croupe est en effet chose commune dans les provinces du monde antique où l'architecture a subi l'influence des modèles orientaux.

Sans donner à cette observation la valeur d'une loi rigoureuse, on peut dire que le comble angulaire a généralement deux pentes en Europe et quatre pentes dans les pays du Sud et de l'Est 2.

1. Il ne faut pas invoquer, en faisant l'histoire du mégaron et du temple grec, l'exemple des urnes funéraires Cretoises, dont le couvercle figure un toit à quatre versants (Orsi, Urne funebri cretensi, dans Monum. Lincei, I, 1880, p. 11 etsuiv.; 27 et suiv. ; pi. II, lig. 2). La Crète et la Grèce, on le verra plus loin, n'ont pas connu les mêmes types de logis et les mêmes manières de bâtir. On a trouvé en Béotie (Hohlau, Arch. Jahrb., 1888, p. 357) un ossuaire rectangulaire, comparable à ceux de Crète, mais dont le couvercle est plat. 11 n'y a aucune raison de croire qu'il imite la forme d'une habitation.

2. Un texte et une scholie de Pindare(OL XIII, 21) ont parfois laissé croire que le temple grec ne s'était couronné d'un fronton que tardivement; cette opinion est encore soutenue par Kidgeway (Athenaeum, 21 nov. 1908, p. 652-3);

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