‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 44 sur 218 · VIII. Mycéniens et Prémycéniens · texte numérisé non relu

VIII. Mycéniens et Prémycéniens

Dans une récente et substantielle étude sur l'origine et la diffusion de la culture achéenne ou mycénienne, M. Oelmann arrivait à la conclusion suivantes : il y a parfaite continuité dans le développement de la civilisation continentale, depuis le temps des tombes à puits jusqu'à celui des invasions doriennes. Pendant toute cette longue période, l'art s'est développé sans secousses et sans hiatus ; aucune innovation dans le dessin, l'armement et le costume n'autorise à supposer, comme on y avait parfois songé, l'apparition d'une race nouvelle. La péninsule n'a pas cessé d'être occupée par le même peuple, peuple de race hellénique, dans lequel on doit, sans hésitation, reconnaître les Acliéens de l'épopée 3.

I. Cf., à Troie II, le portique avec murs de refend figure plus haut, p. 43.

:!. F. Oelmann, Ein ackaïsches JJerrenhaus auf Kreta, dans Arch. Jalirb., 1912, p. 38 et suiv,

3. M. Oelmann réfute avec des raisons décisives l'hypothèse de M. Mackenzie, qui veut diviser l'âge mycénien en deux périodes et attribuer la série

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En limitant nos recherches aux types architectoniques, nous n'avons rien trouvé qui infirmât cette conclusion. Bien au contraire, elle nous apparaît applicable à une plus longue période que ne pensait M. Oelmann. Non seulement il n'y a point d'hiatus dans tout le cours de l'âge mycénien, mais nous n'en pouvons pas non plus apercevoir entre cet âge et celui qui l'a précédé. Pour l'historien de l'architecture, qui fait abstraction de la technique et du décor monumental, les constructions prémycéniennes et mycéniennes ne forment qu'une même chaîne ininterrompue. Dans ce domaine particulier de l'art, on peut remonter depuis les temps doriens non pas seulement jusqu'à l'époque des tombes en puits, mais jusqu'aux établissements néolithiques du troisième, voire du quatrième millénaire, sans rencontrer une solution de continuité.

Il y a là, ce semble, un assez sérieux indice pour rattacher à la même origine les Prémycéniens et les Mycéniens. Et comme les seconds (les Achéens de l'épopée) sont certainement des Hellènes, le même nom conviendrait encore aux premiers. Le mot préhellénique, appliqué aux populations primitives de la péninsule serait donc inexact, ou, pour le moins, inutile. En tout cas, la distinction d'un art hellénique et d'un art préhellénique ne se justifie point pour ce qui concerne les constructions, puisque le même type de bâtiment se conserve depuis l'âge néolithique jusqu'aux temps achéens et bien au delà. L'architecture en Grèce a sans cesse progressé dans la même voie ; ses ouvrages sont tous de la même race, et le nom d'hellénique ne peut être refusé aux plus anciens, si nous le donnons aux plus achevés.

des monuments mycéniens à deux races distinctes. Pour M. Mackenzie {Cretan Palaces, dans Annualof Brit. School at Athens, XII, p. 216 et suiv.; XIII, p. /iaS et suiv.), jusqu'au temps du troisième style céramique mycénien, l'Argolide a été occupée par une population préhellénique, par des Pélasges dont la culture ne diffère point de celle des Cretois de la même époque (minoen récent 111). A partir du quatrième style céramique mycénien et du minoen récent III b (fin du xin* siècle), on devinerait à certains indices (innovations dans l'art décoratif, l'armement, le costume, le mode de sépulture) l'arrivée d'une race nouvelle, qui serait celle des Achéens. Sur la théorie générale de M. Mackenzie, dont découle cette opinion particulière à propos des Achéens, cf. ci-dessous, p. 119 et suiv.

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