Monum. d. Istit., X, ^,5; Noack, Homer. Pal., p
une étroite façade à deux colonnes in antis. Une porte médiane est percée dans le mur qu'on aperçoit derrière ces colonnes et qui limite le prodomos. C'est plus qu'il n'en faut pour reconnaître la forme de l'édifice et le classer parmi les types étudiés ci-dessus. La maison de Thétis (fig. 30) et celle d'Amphiaraos ne sont autre chose que de petits mégarons. Leur médiocre largeur peut laisser supposer qu'on y a supprimé la colonnade intérieure et que les deux colonnes in antis ne sont plus ici qu'un motif de façade, comme c'est le cas dans les trésors et les temples de petites dimensions. De toute façon cet édicule est le descendant certain de la salle mycénienne.
M. Reichhold, qui s'est appliqué à reconstituer la maison de ïhétis d'après la scène du vase François, n'a rencontré de difficulté que pour le dessin des parties hautes. Au lieu du fronton et des acrotères qui couronnent les édifices doriques dans les peintures céramiques du même temps, le décorateur semble avoir voulu figurer ici le profil arrondi d^une coupole surbaissée. Cette indication a causé quelque surprise aux commentateurs. M. Reichhold et M. Perrot en ont signalé l'étrangeté, mais finalement ils ont passé outre : a Ce que l'on a là, dit M. Perrot, c'est une abréviation du fronton triangulaire. Dans le bandeau où se développe le cortège de ces illustres noces, le peintre n'aurait pu donner au fronton sa forme et sa hauteur vraies sans le faire empiéter sur la riche bordure qui sert de cadre, ce qui aurait été disgracieux, ou sans beaucoup réduire la taille des personnages, ce qu'il ne voulait pas. C'est ce que l'artiste avait déjà marqué en le dessinant à une plus petite échelle que les acteurs de la scène. Il a usé de la même liberté en se contentant d'indiquer et de rappeler par un tracé tout conventionnel l'existence du fronton. Pour des raisons identiques il a encore eu recours à cet expédient lorsque dans un autre des tableaux du cratère il a eu à figurer une fontaine. » A vrai dire, cette explication ne satisfait qu'à moitié. Si le peintre tenait à figurer le fronton, il ne lui manquait guère de place pour en indiquer la forme exacte et pour en montrer le sommet aigu. Aussi bien, l'édifice était déjà réduit à des proportions toutes conventionnelles; avec quelques millimètres de moins on l'aurait pu faire tenir tout entier, lui et son fronton, dans la zone des personnages. On n'aurait fait en cela que se conformer à la loi de l'isocéphalie. Si l'on craignait au contraire d'abaisser par trop la hauteur des colonnes, il était naturel de
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couper la façade, soit au ras de l'architrave, comme c'est le cas dans bien des peintures antiques, soit au-dessus de la frise, comme dans le vase d'Amphiaraos.
Mais est-il nécessaire de retrouver un fronton classique dans cette silhouette noire, arrondie, qui n'offre nullement l'apparence d'un tympan orné? M. Reichhold rejette l'hypothèse d'une toiture bombée. « L'architecture grecque, dit M. Perrot, ne parait pas avoir jamais connu la coupole sur plan carré. » Oui, sans doute, si l'on songe à une construction appareillée^ majestueuse, pareille aux dômes des Byzantins. Mais nous n'avons ici qu'une maisonnette, faite de briques et de bois. Il ne s'agirait donc que d'une coupole de chaume ou d'argile, soutenue comme dans les huttes primitives par une armature de bois. Enfin, rien ne prouve que cette toiture bombée recouvre un plan carré. Pourquoi cet édicule à front droit n'aurait-il pas pour fond une abside, comme les maisons néolithiques de l'Altis, comme les bâtiments plus récents de Thermos et de Gonnoi, dont elle est peut-être contemporaine, comme le bouleutérion d'Olympie, qui lui est postérieur en date ? La connaissance de ces ruines nous fournit contre MM. Perrot et Reichhold une très sérieuse objection. Des bâtiments de plan absidial, couverts d'une coupole légère, ont existé dans la Grèce primitive. Le type en a certainement reparu après les invasions doriennes. Des ruines curvilignes qu'on a étudiées plus haut, peut-être faudrait-il rapprocher la maison et la fontaine du vase François. Ce n'est là sans doute qu'une hypothèse, mais c'en était une autre, et aussi discutable, de voir dans ces peintures une indication abrégée du fronton, qui resterait par ailleurs sans exemple. 11 est fort possible que la maison absidiale ait prolongé son existence jusqu'au vi*" siècle.