‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 68 sur 218 · R. B. Seager, dans Gournia, pi. XII, p · texte numérisé non relu

R. B. Seager, dans Gournia, pi. XII, p

3. Sur cette disposition si particulière qui se conservera jusque dans les grands palais minoens, cf. Mackenzie, Cretan Palaces, IV, p. Aia et suiv.

A. Boyd, Gournia, p. a i et suiv.; Durm, Bauk. d. Gricchen, p. 78, fig. Ao (plan général).

par les lettres Ac, Ab, \h nous donnent une idée assez précise de l'aspect qu'a pris la maison Cretoise, de dimensions moyennes, au début de l'âge minoen récent. Les chambres qui la composent (7 ou 8 en général) couvrent une aire toujours irrégulière, mais qui tend à se rapprocher du carré. Du seul examen du plan, il ressort qu'un tel logis a dû se constituer non pas par le cloisonnement d'une grande salle, mais par le groupement de petites bâtisses aux formes diverses. Dans les maisons Ac et Ah on reconnaît l'emplacement d'une petite cour dallée, qui est entourée de trois côtés par des chambres et sur laquelle s'ouvre l'entrée principale du logis. Dans Ah on a conservé pour cette entrée la même disposition dissymétrique qu'à Magasa et à Vasiliki. Une des pièces de la maison Ab communiquait avec un étage supérieur par un escalier de pierre dont quelques marches ont subsisté. Dans la grande maison Ac, certaines salles s'éclairaient par de larges fenêtres. Les explorateurs de Gournia ont supposé que toutes ces constructions portaient des toitures plates, et de fait, étant donnés le tracé des murs et le groupement des chambres, on ne saurait songer ici à une autre sorte de couverture i.

Ce sont des maisons de même type qu'a retrouvées M. Seager dans la petite île de Pseiraa. Mais la plupart n'ont pas de cour et se composent seulement de trois ou quatre chambres cubiques accolées. Les murs du rez-de-chaussée sont à l'ordinaire beaucoup trop minces pour avoir supporté le poids d'un étage. L'escalier intérieur, dont on distingue la trace dans presque toutes les maisons, conduisait sur le toit en terrasse. Dans les constructions les plus récentes, le plan se complique de certaines dispositions nouvelles, inconnues dans les ruines de Gournia. Les poutres des plafonds sont fréquemment soutenues par des colonnes ou des piliers. A l'aide de ces supports on peut donner aux chambres de larges ouvertures sur les cours, on établit des portiques en équerre sur deux côtés consécutifs d'une même

1. Sur la maison He (p. aS), qui est d'une époque beaucoup plus basse que les précédentes (minoen récent III) et date de la réoccupation de Gournia, cf. p. ii5; ce n'est pas une construction de type crétois, mais un mégaron continental, avec annexe, comme celui d'Arné, ou comme ceux de la ville mycénienne de Phylakopi. Elle atteste, avec le mégaron d'Haghia Triada, la diffusion, en Crète, du type d'habitation hellénique ou continental. Les savants américains n'en ont pas fait la remarque, mais le fait a été signalé et commenté par Oelmann, Arch. Jahrbuch, 191 2, p. 38 et suiv.

2. R. B. Seager, Excav. on the Isl. of Pseira, p. i3 et suiv.; pi. I,

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salle. Nous avons à Pseira un exemple de cet arrangement très particulier, dans une simple maisonnette i ; nous en retrouverons d'autres à Knossos et à Phaestos, dans les palais royaux.

Le hall, ouvert sur deux côtés, avec portique en équerre, mérite une attention spéciale ; c'est, pour nous, une nouveauté et l'un des éléments distinctifs des compositions monumentales minoennes. Parmi les formes infiniment variées que peuvent prendre en Crète les bâtisses accolées qui composent

^ FiG. 34.

La salle aux piliers dans le palais de Knossos.

le palais ou la maison, celle-là seule est très nettement caractérisée. Nous pouvons l'appeler le hall crétois, car nous ne voyons rien qui lui ressemble, ni en Grèce, ni même en Orient. 11 n'est pas besoin de faire remarquer combien cet arrangement des murs et des colonnes diffère de celui que connaissaient les Hellènes. L'un des traits particuliers du mégaron continental, c'est la symétrie et la correspondance des faces parallèles. Jamais les ouvertures et la colonnade n'y occupent ainsi deux côtés consécutifs 2 fjîg. 3U et 35).

Les grands palais de Knossos et de Phaestos ne se distinguent guère que par leurs dimensions des maisons à plan complexe de Gournia et de Pseira. C'est le même système de construction appliqué sur une beaucoup plus vaste échelle. Autour d'une grande cour centrale, s'agglomèrent des quantités de chambres, de couloirs, de magasins. Aux pièces du rezde-chaussée se superpose au moins un étage. Vu du dehors, le palais ne forme qu'une seule masse irrégulière et compacte.

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