‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 69 sur 218 · R. B. Seager, Ibid., pi. I, i · texte numérisé non relu

R. B. Seager, Ibid., pi. I, i

2. M. Dôrpfeld suppose que ce hall a pour prototype un bâtiment isolé périptère {Athen. MitteiL, igoS, p. 274 ; cf. Bulle, Orchomenos,p. 02). On y a vu aussi le souvenir d'une tente dont deux côtés seraient relevés (Springer- Michaelis, p. 86).

Pour éclairer les salles des étages inférieurs qui n'ont d'ouvertures ni sur le dehors, ni sur la grande cour, on perce dans cette double ou triple épaisseur de chambres ces courettes, étroites et profondes comme des cheminées, que les savants anglais ont appelé des puits de lumière. C'est sur ces puits que s'ouvrent habituellement les portiques en équerredes halls crétois. Quand on dispose d'assez d'espace, on les entoure d'une colonnade continue sur leurs quatre faces. Le puits de lumière devient de la

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Plans schématiques de la salle Cretoise et de la salle grecque.

sorte une véritable cour péristyle i (fig. 36). Notons qu'il ne s'agit pas de plusieurs appentis, aux dimensions diverses, comme c'était le cas à Tirynthe, mais bien d'un portique unique, symétrique et carré, qui forme un tout bien ordonné et qui est conçu et construit d'un seul coup. Nous n'avons rien rencontré de semblable en Grèce, même au plus beau temps de l'architecture mycénienne.

Considérées isolément, les salles grandes ou petites du palais minoen ont conservé les caractères de la maison Cretoise primitive. Elles ne répondent pas à un modèle fixe, mais comme il est loisible pour des bâtiments à terrasses, elles s'allongent en divers sens ou gardent la forme carrée. M. Noack s'était mépris lorsqu'il avait voulu opposer au mégaron hellénique à front étroit un type constant de mégaron minoen à front larges. A peine peut-on dire que la salle Cretoise est en général peu profonde. Les plans breitstirnig et schmallstirnig voisinent constamment dans les mêmes palais. Quant à l'usage de la colonne ou du

1. Noack, Ovalhaus u. Palast, p. 18, fig. 3 (Phaestos); p. 19, fig. h (Haghia friada).

2. Noack, Homer. Palàste, p. 12 et suiv.; l'auteur a d'ailleurs corrigé cette affirmation dans Ovalhaus, p. 24, p. 5o, n. 67.

pilier, il n'est non plus soumis à aucune règle précise. Le portique à trois baies n'est pas inconnu aux Cretois i, mais ceux-ci n'ont pour lui aucune préférence et placent aussi fréquemment une colonne unique sous le linteau, dans l'axe de la porter.

Un théâtre découvert ou, si l'on veut, une salle d'assemblée à l'air libre est attenante au palais. Même dans cette installation

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Cour péristyle à Haghia Triada.

pourtant fort simple, les architectes crétois ont adopté un parti original et inattendu 3. La salle de spectacle de Knossos n'a de commun que sa destination avec le futur théâtre grec. Elle se compose d'une aire rectangulaire, bordée de gradins rectilignes sur deux côtés consécutifs. L'amphithéâtre est disposé en équerre devant le terre-plain qui tient lieu d'orchestre. Nous reconnaissons là (et c'est à ce titre que j'appelle l'attention sur cette ruine) le même arrangement^ la même sorte de symétrie que dans le hall crétois. Au lieu des faces opposées, ce sont les côtés adjacents du rectangle qu'on a voulu rendre pareils.

1. Cf. dans le plan d'Haghia Triada, Ovalhaus, p. 3o, salle 22; à Palaikastro, Annual of Brit. School, XI, p. 282, l'entrée d'une maison (minoen récent II et III) est abritée par un prostyle à quatre colonnes.

2. Noack, Homer. Pal., p. 9 et suiv. ; Ovalhaus, p. 47 et suiv.

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