Ezi-riii. ip -/aioA., 1896, p
2. M. Perrot (Ibid., VII, p. 97, p. O82) penche à croire que dans l'habitation homérique le bâtiment central portait toujours un toit plat, tandis que les locaux annexes étaient parfois couverts de combles déversés. C'est le contraire qui est très probable. Le comble angulaire convenait parfaitement au grand mégaron isolé, mais les bâtiments annexes, avec leur plan diffus et compliqué, s'en accommodaient bien moins facilement.
LA CRÈTE I l5
époque et aux mêmes causes doit être rapportée la difTusidn de l'art mycénien vers l'Est de la Méditerranée, sur les côtes d'Asie Mineure et jusqu'en Chypre. Des tessons mycéniens du troisième style ont été recueillis à Milet sous des tessons chypriotes i . Il n'est plus douteux aujourd'hui qu'il ne faille identifier cette large poussée humaine avec les migrations achéennes dont la légende conservait le souvenir 2.
Dans les cités Cretoises conquises et dévastées, les envahisseurs venus du Nord ont importé leurs types de construction traditionnels. De même que nous voyons des vases mycéniens des troisième et quatrième styles succéder dans les couches hautes des remblais aux tessons de pur style crétois, nous voyons à Gournia, à Haghia Triada, à Phylakopi de Mélos de véritables mégarons s'élever sur les ruines des palais minoens. À Gournia, la maison He, qui frappe par sa singularité au milieu de toutes les autres, se compose d'un mégaron sans colonnes, avec prodomos nettement isolé et d'un bâtiment latéral annexe fait de plusieurs petites chambres >i. C'est exactement la même disposition que dans le second corps de logis du palais de Tirynthe. Les trouvailles faites dans cette ruine ne remontent pas plus haut que le minoen récent II.
Les explorateurs américains, qui n'ont pourtant pas noté l'exacte similitude de cette maison avec les maisons mycéniennes continentales, n'hésitent pas à lui assigner une date plus basse qu'à l'ensemble de la ville. Elle n'appartient pas, selon eux, au temps qu'ils appellent Town perlod (minoen récent I), mais à l'époque de la réoccupation. Désertée par ses premiers habitants, la ville fut occupée et partiellement rebâtie par un peuple étranger, qui pratiquait un autre système de construction. La seule forme des maisons édifiées par ces nouveaux venus suffirait à nous faire connaître leur origine. Sans nul doute, ils arrivaient de la Grèce continentale, le pays des mégarons. Cette réoccupation de Gournia, dont les menues trouvailles nous donnent la date relative, coïncide avec la destruction des palais à Knossos et à Phaestos (vers i4oo avant J.-C, fin du minoen récent 11). Il ne s'agit donc pas
I. Wiegand, ^ Vorl. Berichl uber Aasjrab. in Milet, p. 7; Poulsen, dans Arch. Jahrb., 191 1, p. 2i5 et suiv.
a. Sur ces faits et spécialement sur les orlgiacs de l'Iavasion achéenac, cf*. surtout F. Oelmann, Ein achaïsches Herrenhaas au/ Kreta, dans Arch. Jahrb., igia, p. 38 et suiv.