‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 98 sur 218 · IX. Autres constructions orientales · texte numérisé non relu

IX. Autres constructions orientales

Le temple hittite de Chatti.

Si l'on visite, après les ruines de la vallée du Nil, d'autres champs de fouilles de l'Orient antique, on est frappé dès l'abord de nombreuses coïncidences dans les méthodes de construction. Partout Ton rencontre au début la hutte ronde, puis les bâtisses carrées à toit plat, qui s'agglomèrent pour former l'édifice. Partout l'on part de la maison cubique pour aboutir au labyrinthe. Entre l'Egypte et les autres régions du monde oriental, il n'y a de différence très marquée que dans l'emploi de la colonne. Mais ici s'accusent la supériorité et l'originalité de l'art pharaonique. Lui seul a réalisé un type de construction hypostyle ; c'est à son école que les architectes hébreux ou phéniciens, que plus tard aussi les Perses ont appris à soutenir de vastes plafonds par des forêts de colonnes.

L'architecture hittite d'Asie Mineure ne nous est guère connue que par le temple récemment déblayé de Bogaskoï, l'ancienne Chatti I. Cette construction du second millénaire représente l'apogée d'un art longuement mûri, dont toutes les œuvres antérieures ont disparu. Mais nous avons appris à retrouver dans les plans d'époque récente les caractères de l'habitation primitive et cette seule ruine nous laisse entrevoir comment s'est constitué et développé le modèle de l'édifice hittite.

Le sanctuaire de Chatti n'a son pareil exact dans aucune autre région du monde ancien. Il n'est pas besoin d'attendre d'autres découvertes pour affirmer l'originalité de l'architecture hittite. Sans échapper à certaines influences du dehors, elle a pratiqué ses méthodes propres et élaboré des types nouveaux. C'est tout un chapitre à part qu'il faudra quelque jour ajouter à l'histoire de l'art monumental. Mais nous n'avons pas à insister ici sur les

I. Arch. Anzeig., 1909,00!. /189 et suiv. (Puchslein); Springer-Michaelis, p. 70, fig. 169.

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dispositions d'ensemble ou de détail par où ce temple se distingue de toutes les ruines précédemment étudiées. C'est précisément par les autres qu'il nous intéresse. La question est de savoir si nous le devons rattacher au domaine de l'architecture orientale ou bien à l'art européen. Sur ce point particulier la réponse n'est pas douteuse.

Avec un peu moins de variété dans le cloisonnement, il offre en plan à peu près le même aspect que les palais crélois. C'est encore une sorte de dédale. Sur les quatre côtés d'une cour centrale, se groupent de quatre manières différentes près de quarante chambres. Autour de cet ensemble, et séparés de lui par un passage continu et découvert, se développent encore de vastes magasins, fort semblables à ceux de Knossos. Des cloisons parallèles y délimitent des compartiments profonds. Sur un réseau de murailles aussi vaste et aussi compliqué, on ne peut évidemment restituer qu'une toiture horizontale. L'édifice complexe de Chatti a pour élément primitif une bâtisse à terrasse, dont on a multiplié et juxtaposé les exemplaires. De cette construction, ou du moins du type de salle qui en dérive, on ne saurait donner une définition très précise. La forme en est tantôt longue, tantôt large; l'emplacement de la porte n'y est déterminé par aucune règle fixe. La grande cella centrale du temple a moins de largeur que de profondeur (bien que par ailleurs elle ne rappelle en rien le mégaron des Grecs). Beaucoup de chambres se développent en largeur ; d'autres se rapprochent du carré. Des chambres à terrasses, sans forme fixe, juxtaposées en nombre indéfini, telle est la définition qui se peut encore appliquer au temple hittite, comme au palais Cretois, comme au temple égyptien. Notons aussi ce fait par où s'accuse le caractère oriental ou méridional de l'édifice : les murs des salles, et notamment ceux de la grande cella, étaient percés de vastes fenêtres descendant jusqu'au niveau du sol.

Pris dans l'ensemble, le plan est d'un dessin plus régulier, plus rigoureusement géométrique que dans les grandes constructions Cretoises ou égyptiennes. Nous retrouverons la même symétrie, la même recherche des rapports simples dans les édifices chaldéens et assyriens. C'est un trait qui nous laisserait soupçonner des relations assez étroites entre les Hittites d'Asie ' Mineure et les peuples de la Mésopotamie, si ces relations n'étaient déjà attestées de beaucoup d'autres manières.

i5A l'édifice hyposïyle

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