Tat. Diat., p. 281 et suiv
\. Tat. Dia/., p, 28i et suiv.
lesquelles se placera le voyage de Tatien en Orient, les dates fournies par les deux auteurs.
Ces dates peuvent convenir; et il est difficile en tout cas que celle de M. Zahn nous fasse remonter trop haut encore, car, à l'époque qu'il assigne, Tatien devait avoir de cinquante à soixante ans ou plus l, et ce n'est guère passé cet âge que l'on se transporte sous de nouveaux cieux. C'est donc dans la période des vingt années qui s'est écoulée entre Tan 152/153 et l'an 172/173 qu'il faut mettre l'arrivée de l'apologiste en Mésopotamie.
Par conséquent, vers 173 au plus tard, ou, pour prendre un chiffre rond, en 170, cette province, Édesse en particulier, avait reçu des missionnaires chrétiens. On y possédait une traduction syriaque des Évangiles, et Tatien, en y arrivant, y trouvait des lecteurs prêts à accueillir le Diatessaron qu'il allait composer.
Nos inductions fondées sur l'existence d'un concile à la fin du second siècle sont confirmées par un fait précis.
En somme, le milieu du nn siècle marque, dans l'histoire, l'évangélisation d'Édesse et la fondation de son Église.
Maintenant, des considérations tirées de la géographie et aussi des rapports fréquents entre Édesse et Antioche pourraient donner l'espoir de remonter plus haut dans le passé, et rendre vraisemblable l'apostolicité, prise au moins dans le sens large, des Églises de Mésopotamie. Mais ce n'est pas le moment d'aborder cet ordre d'idées. 11 faudrait pour cela abandonner le terrain des faits et de l'histoire certaine sur lequel je veux me tenir uniquement ici. Cet examen viendra plus tard. Il est temps de voir ce que nous dit la légende des origines de l'Église d'Édesse.