Le Pseudo-Constantin, Moyse île Khorène et Bar-Hebrœus
i. Cependanl la relation d'Hadrien étant for! courte, il esl difficile d'assurer qu'il m' connaissait pas le premier voyage d'Ananias.
'i. Eusèbe indique bien également uue époque, car il dit que la promesse de Jésus-Christ tut remplie peu de temps après (o-jx e\; jxaxpiv, 1, 13, 4), ce qui
comme molif de la missive d'Abgar le double désir de voir Jésus et d'en recevoir la guérison.
Cette maladie dont souffrait le roi n'est point nommée par Eusèbe ni par la Doctrine d\A dda'i. Le premier se contente de nous la représenter comme incurable (oeivw v.x\ oh Ospa-su-uo, ocrov è^1 àTôpwTulta ouvi;xs-.) ; la seconde comme invétérée (ji-^^ûJ, p. 7). Plusieurs autres auteurs1 ne la spécifient pas davantage. Mais il est clair que Ton ne pouvait rester dans ce vague. Déjà Moyse de Khorène fixe le temps depuis lequel elle affligeait le roi. 11 l'avait contractée en Perse, sept ans auparavant, lorsqu'il y était allé régler les différends survenus entre les membres de la famille régnante des Arsacides. Puis on transporte à Abgar l'infirmité de 'Abdou, et on en fait un goutteux2. Enfin on imagine que son surnom à'Ouchamâ, le Noir, lui est venu de sa maladie, et que cette maladie était la lèpre noire. Bar-Hebraeus, il est vrai, trouve une explication plus subtile de ce surnom : c'est par antiphrase, suivant lui, qu'on a appelé Abgar « le Noir » ; sa lèpre était la lèpre ordinaire, la lèpre blanche 3. Mais son explication vient un peu tard. Avant lui on admet qu'il s'agit bien de la lèpre noire, et comme on ne veut rien perdre de la tradition, on laisse encore au roi le bénéfice de sa goutte (cod. Vindob. XLV, àpôptTY];; -/povia, hzpy. xz oï piXaiva [Xsrcpa]) \
semble supposer que les rapports de Jésus et d'Abgar s'étaient placés vers la fin de la vie du Sauveur, circonstance impliquée du reste par la teneur de la lettre (Kcck yàp rçxouaa otj xal 'Iouôaïot xaTaYoyyyÇouOT aou xoù pouXovTas xaxfixjat ai) ; mais il ne précise pas davantage. D'autre pari, on ne voit pas si la date qu'il donne à ces événements, l'an 340 des Grecs (= 29 de J.-C, année de sa mort suivant l'ancienne tradition), se rapporte à tous les faits racontés, ou seulement à l'apostolat d'Addaï. — La question des variantes entre Eusèbe el la Doctrine d'Adddi sera traitée complètement au chapitre suivant.
1. Denys de Telmahar, le cod. Paris, des Acta Thaddœi, Théodore Studife, Hamartolus, Léon le diacre, Nicéph. Calliste, Darius, le Pscudo-Abclias et le ms. arabe 51 (ce dernier suppose plusieurs maladies).