‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 5 sur 129 · Hseres., lvi · texte numérisé non relu

Hseres., lvi

o. Chron. Eccl., loc. cit.

l'accuse également d'être tombé, après les avoir combattues par des traités, dans les erreurs de Marcion et de Yalentin. Eusèbe ' renverse l'ordre des faits. Selon lui, Bardesaue aurait d'abord été valentinien, puis aurait abandonné cette hérésie et serait revenu à l'orthodoxie, mais pas si complètement qu'il ne gardât encore un reste de ses anciennes idées. En tout cas, il avait composé des dialogues contre diverses hérésies, en particulier contre le marcionisme. Ce dernier trait est encore spécialement signalé par Théodore!2, et par les Philosophoumena 3 qui nomment un certain Prépon, marcionite, comme lui ayant répondu. Moyse de Khorène4 suit Eusèbe pour l'ordre et la nature des faits : Bardesane, dit-il ', avait été disciple de l'hérésie de Valentinien '1. Yalentin) ; puis il T avait re jetée et combattue, et il n'était pas arrivé à la vérité. Séparé de ce dernier, il avait fondé une secte particulière; cependant il ne dénatura pas l'histoire.

Je n'essaierai pas au milieu de ces contradictions de démêler la vérité complète. On a peut-être trop voulu justifier à la lettre l'assertion des auteurs qui ont fait de Bardesane un valentinien, et l'on a youlu faire sortir des rares fragments qui nous restent de ses ouvrages plus de renseignements sur sa doctrine qu'ils n'en peuvent donner'. Mais ce que l'on peut conclure sûrement des témoignages mentionnés plus haut, et ce qui importe au but que nous poursuivons ici, c'est que Bardesane a eu avec les hérétiques des rapports d'amitié ou d'antagonisme, c'est que, en particulier, il a écrit contre les morcionites. Les idées valentiniennes qu'à un moment ou à un autre de sa vie les auteurs s'accordent à lui attribuer, son propre caractère, cette imagination brillante et cette politesse raffinée naturellement ennemies des dogmes sévères rendent ce dernier point vraisemblable a priori, et le té-

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