Spicilegium, I, p. 313, 31-i
contenir cette histoire. De fait, Jules Africain vécut peut-être un certain temps à la cour d'Édesse. D'autre part, le cinquième livre de sa Chrono graphie, celui précisément où devaient se trouver les faits signalés par Eusèbe, s'il en était question en quelque endroit, est indiqué parMoyse de Rhorène \ concurremment avec YHistoire ecclésiastique d'Eusèbe, comme la source où l'auteur arménien a puisé l'histoire d'Abgar Ouchamâ. L'hypothèse qui n'attribuerait à Eusèbe qu'une connaissance indirecte du document semble donc offrir d'abord des chances de vérité.
Il suffit toutefois d'un regard attentif sur le texte d'Eusèbe pour voir qu'elle est insoutenable. Je n'en citerai qu'un passage. Après une analyse des premiers événements et l'indication générale de ceux qui suivent, l'auteur grec interrompt son récit pour faire connaître la source où il a puisé2 : "Eyeiç •/ai xcûxtov àvaYpOKïTOV tyjv {Jwcpxup£av, s/, xwv y.axà ESeaaav xoxYjvwaSs $a:;iXsuo[.;ivï;v tcoXiv ypct\).\i.caoy\)k<xx£.i<ùV XvjfOeïcrav. 'Ev yoîiv xotç ajxcôt Sr,[Jioffioiç yàpxat;, xoîç xà ^aXaià /.a', xà à\).o\ xov "A6yapov Trpor/ôsvxa icepié^ouai, -/.a- xauxa eîcéxt y.al vuv è£ èxeïvou TCsçuXavjjiva supvjxai. Oùoiv 31 otov y.al aùxôv i-ay.ouaa'. xwv ItciîïxoXwv , àrco xwv àp'/sîwv r(|MV avaXir;<p6e'.awv xal xévSe aùxoïç pyj^acrtv Ix xy}ç Supwv owv?;; [xexaêXYjOeiffwv xov xpé-jrov. C'est Eusèbe évidemment qui nous parle ici ; il n'a point copié ce passage dans Jules Africain ou quelque autre auteur. Or il ressort de son texte : 1° que le documen t lui-même contenant le récit des événements qu'il a analysés ou indiqués (xouxwv àvàYparcxov xr,v ^apxupav) existait encore de son temps à l'état indépendant, et non pas seulement dans l'ouvrage d'un chroniqueur qui l'aurait recueilli : l'expression h. xûv ... vpa^- [jt.axoa>uXaxe£<Dv Xï]?0£Ï(jav, tiré des bâtiments ou des rayons contenant les archives, ne permet pas de donner au mot [xapxup/a le sens de récit ou document reproduit dans un ouvrage. Il ressort : 2° qu' Eusèbe n'a pas puisé dans un auteur plus ancien le texte des lettres qu'il transcrit, mais qu'il possédait ce texte