Trad.. p
I}. Ane. syr. duc., trad., p. 71.
de Palout'iem l. On ne voit pas trop, si Palout a vécu à la fin du icl siècle (vers 70-80), à quels souvenirs son nom a pu se rattacher pour que des hérétiques venus plus tard l'applicassent aux catholiques. Il est plus naturel de penser que Palout était évêque au moment de leur séparation de l'Église, et qu'ils ont voulu par là présenter leurs adversaires comme un parti. Maintenant, quels étaient ces hérétiques dont la tradition a pu se perpétuer ainsi jusqu'à la fin du ivc siècle? — Difficilement des hérétiques de la fin du rr, mais bien plutôt ceux-là même qui sont mentionnés par saint Ephrem dans le sermon où se trouve le passage en question, c'est-à-dire les Marcionites, les Bardesanites, les Manichéens, les Sabbaliens ou les Ouqoiens. Entre ceux-là, M. Zahn2 croit qu'il s'agit plus spécialement des premiers. Les Bardesanites et les Manichéens n'ont formé qu'assez tard un parti à Édesse; les autres sont peu connus3. C'est donc au moment où apparurent à Édesse les Marcionites, c'est àdire vers la fin du second siècle, qu'il faut placer l'épiscopat de Palout; et par là se trouve confirmée la date de la Doctrine d'Addaï, qui en fait un contemporain de Sérapion.
Nous arrivons du reste au même résultat par un autre côté. Suivant les Actes de Barsamyâ * et les indications, moins expresses toutefois, de la Doctrine d'Addaï* et des Actes de Sckarùit\ Barsamyâ a été le second successeur de Palout. D'autre part, suivant les mêmes Actes de Barsamyâ'1 et
1. Wright, Catal., II, p. 600 ; Journal of sacr. Hier., 1867, p. 430. Ce passage appartient au deuxième sermon contre les hérétiques (S. Ephr. opp. syr., II, p. 440 E), mais le texte imprimé ne le contient pas.