Les origines de l'Égypte pharaonique
Le présent ouvrage, dans lequel on se propose de faire rhisloire de l'Ég^yple pharaonique avant la IV^ dynastie, est un essai de r.onsiruclion basé sur l'analyse des monuments et leur mise en ordre d'après le de^ré de développement de certaines techniques importantes et générales. Cette méthode de classification est la seule applicable dans une zone historique où les monuments, jusqu'ici, n'ont donné aucun renseignement explicite sur la succession des règnes et des événements principaux; elle s'applique d-ins de bonnes conditions parce que les monuments, sortis de terre en très grand nombre depuis les dernières années du xix* siècle, forment aujourd'hui un tissu de faits assez ample et assez dense pour que la continuité de l'évolution puisse être observée, presque partout, sans lacunes. Le travail d'analyse consistant à ranger les monuments d'après les progrès réalisés dans tel ou tel ordre, on voit qu'il procède des méthodes générales de l'archéoloi^ie, et ses résultats seraient atroctés de
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l'incertitude inhérente à toute classification archéologique si l'on ne prenait la précaution de limiter son objet, le plus possible, au développement de la technique graphique et de la rédaction des inscriptions, phénomènes qui subissent à chaque instant une sorte d'unification d'un bout à l'autre du domaine où régnent une langue et une écriture, et échappent, par suite, à l'influence des dangereux éléments d'erreur chronologique qu'introduit, dans les observations archéologiques en général, la variation des conditions locales.
Dans l'exercice des rapprochements sur lesquels sera ainsi fondée l'histoire d'une période nouvelle, il est évidemment nécessaire de partir d'un instant où les monuments sont bien connus, et d'avancer du connu à l'inconnu de proche en proche. Pour l'Egypte prémemphite, ce point d'origine sera le début de la IV^ dynastie, avec les monument de Kheops et de son prédécesseur Snofrou, auxquels se rattacheni une chaîne chronologiquement ascendante le long de laquelle les monuments s'éloigneront de plus en plus des caractères memphites, en tendant vers d'autres formules. Dans le présent volume nous sommes arrivés, en remontant de cette manière, jusqu'à mi-chemin environ du début des temps pharaoniques, si l'on observe qu'on connaît, au total, dix-huit rois antérieurs à Snofrou, et que dix d'entre eux, les dix derniers, se partagent les monuments que nous avons mis en place. Il reste à étudier la série des huit rois qui forment la tête de liste, et dont le groupe, grâce à certaines identités constatées depuis longtemps, correspond de manière assez satisfaisante à la T" dynastie manéthonienne et à la tranche correspondante des listes hiéroglyphiques classiques. Les monuments de ce groupe ancien, découverts en premier lieu, ont eu le
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privilège d'être analysés à plusieurs reprises^ classés dans des condilions de netteté et de certitude bien meilleures que celles réalisées pour la période suivante, et suffisantes pour que nous ayions pu, sans nous engager dans leur étude complète, faire figurer les huit rois en question dans une classification générale des règnes qui précèdent la IV*^ dynastie. Nous avons ainsi anticipé sur la suite qui sera donnée au présent ouvrage et dans laquelle seront étudiés, par la même méthode de comparaisons ascendantes, les monuments de la « I"' dynastie » et ceux des périodes antérieures. D'autres anticipations du même ordre ont été accomplies, notamment en ce qui concerne les premières dynasties dans les documents ultérieurs, où la considération des rois les plus anciens est inséparable de celle de leurs successeurs de la IIP dynastie et de la IV% et en ce qui concerne l'histoire des édifices, dont le développement très continu ne peut être compris qu'à la condition de remonter aux plus lointaines origines des formes. Généralement et de manière moins systématique, nous avons appelé en témoignage un monument des groupes les plus anciens toutes les fois que cela était utile pour un rapprochement quelconque, et nous avons finalement cru pouvoir donner leur place aux règnes de la « I'' dynastie » dans les résumés et tableaux descriptifs qui terminent celle première partie des Origines de C Egypte pharaonique .
Avec la deuxième partie, nous raconterons l'histoire des découvertes et des travaux qui ont fait connaître l'Egypte thinitc et thinito-memphite, et à la suite de cette histoire bibliographique viendront les index complets de l'ouvrage. Le lecteur trouvera à la fin du présent volume, en attendant, un index chronologique des documents
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étudiés ou ci(és, depuis les inscriptions du temps de Menés jusqu'aux textes d'époque grecque, et un index par noms d'auteuisqui constitue, pourlapériodedesull" et 111" dynasties n, une bibliographie suffisamment complète.