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CHAPITRE I

Les trois premières dynasties dans les documents

ultérieurs

Les listes classiques.

De nombreuses années ne se sont pas encore écoulées depuis le temps où la documentation égyptologique et rhistoire de l'Egypte s'arrêtaient, en amont, au début de la IV® dynastie, sans nulle indication propre à éclairer la nuit des temps antémemphites. L'histoire, on le savait bien, avait commencé de longs siècles avant le développement artistique et industriel si achevé qui caractérise l'âge des Pyramides ; mais de la période antérieure on possédait seulement un petit nombre de monuments, quelques stèles et autres fragments de mastabas archaïques, quelques statues en pierre très anciennes dont une gravée de cartouches royaux, la pyramide à degrés de Saqqarah, sépulture du roi Zosir, de la IIP dynastie des listes, d'après les inscriptions de sa porte intérieure. A cela on aurait pu ajouter les indications de la stèle de Palerme. Cet inappréciable monument, par malheur, ne fut étudié attentivement qu'en 1896, au moment même où une grande lumière allait jaillir d'autre part; connu auparavant, il aurait permis de se rendre compte d'une foule de détails intéressant l'histoire de la plus ancienne époque et fait reconnaître, notamment, au milieu de ses inscriptions, l'un des cartouches d'Horus gravés sur l'épaule de la statue archaïque de Gizeh ; cela aurait attiré l'attention d'une manière plus utile sur ces

2 lie ET ma DYNASTIES ÉGYPTIENINÉS

noms royaux très anciens, noms d'Horus que ne mentionnent par les listes classiques.

Deux rois antérieurs à la IV® dynastie semblaient seulement être acquis à l'histoire, Sendi, de la H® dynastie des listes, connu par quelques inscriptions funéraires du début de la période memphite, etZosir, grâce aux inscriptions de la pyramide de Saqqarah. Sur Zosir, Sendi et les autres rois des premières dynasties dont les listes mentionnent l'existence, on possédait, en outre, un certain nombre de renseignements de date variable, épars dans des documents d'espèces diverses que nous examinerons plus loin en détail. Presque tous empreints d'un caractère romanesque ou légendaire qui ne permet de leur attribuer aucune valeur historique proprement dite, ou bien fournis par des mentions de cultes parfois de beaucoup postérieures, ces renseignements méritaient une confiance minime par rapport aux listes royales, qui avaient au moins le mérite de représenter la tradition historique à un moment donné ; c'est pourquoi ces listes classiques, les listes hiéroglyphiques et les listes grecques de Manéthon, devaient rester, jusqu'en 1896, la source principale et presque la source unique des indications relatives à rhistoire des trois premières dynasties.

Quelle valeur, maintenant, convenait-il d'attribuer à la tradition, aux traditions successives et passablement différentes que reproduisent ces listes? Lesueur', en 1848, discutait et « rectifiait » longuement les listes grecques; longtemps après lui, Lauth* et Devéria^ en 1865, de Rougé', en 1866, s'efforçaient de mettre d'accord les indications de la liste grecque et celles de la liste hiéroglyphique dressée à l'aide du papyrus de Turin et des tables récemment découvertes d'Abydos et de Saqqarah ;

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