EL'SÈBE
(Syncelle)
ELSÈBE
(Cbrouique)
ERATOSTHÈ.NES
La répartition de la liste d'Eratosthènes entre les dynasties est ici sans valeur (cf., plus loin, la discussion du document). Pour Eratosthênes, on le trouvera également, dans la même Script, grsecorum hihliotheca, aux Ctesiie CnidiL et chronograplium, Castoris, Eratosthciiis, etc., fragmenta de C. Millier, à la suite de l Hérodote de G. Uiudorf (p. 182 suiv.).
20 l^ ET lll« DYNASTIES ÉGYPTIENNES
l'autre d'entre elles, dans chaque cas, se trouve être d'accord avec la version de l'iVfricain.
11 faut enfin faire attention au désaccord plus grave qu'on remarque à la fin de la 1'^ dynastie et au début de la II". Une permutation de deux noms voisins semble s'être produite, à cet endroit, dans l'une des deux listes, car Bièiiechès correspond à Bôchos bien plutôt qu'à Oubienlhès, tandis que Boêthos correspond à Oabienthès et non à Bôchos. Dans laquelle des deux versions convient-il de remettre en place, par permutation, les deux noms dérangés? La liste hiéroglyphique, qui donne aux rangs correspondants les noms de Qebhou et Bouzaou, montre qu'ici encore, le document de l'Africain est le plus véridique, et que la permutation des deux noms doit être effectuée chez Eusèbe.
Du document du Barbarus, nous l'avons dit, il n'y a rien à tirer. On remarque qu'il s'accorde avec Eusèbe plutôt qu'avec l'Africain : il donne Necherocheus, et non Necherophès, et accuse 17 rois pour la IV^ dynastie, d'accord avec Eusèbe, tandis que l'Africain n'en connaît que 8. Il a mal copié, d'ailleurs, Eusèbe ou la source d'Eusèbe, et interverti l'ordre du nombre des souverains de la IP et de la IIP dynasties.
Ces divers choix, corrections et modifications une fois exécutés, les documents de l'Africain et d'Eusèbe sont fondus en une liste unique. C'est celle qui figure dans la première colonne du tableau suivant, et dont il faut essayer de rapprocher maintenant les indications de la liste d'Eratosthénes.
Ce dernier document est, comme on sait, une liste de 38 noms de rois qu'Eratosthênes croyait être des « rois thébains », et dont chacun est accompagné d'une interprétation, c'est-à-dire de la traduction plus ou moins exacte du nom égyptien en langue grecque. Le document fut analysé par ^Nlaspero' en 1895. La méthode suivie consis-
1. Notes sur différents points de grammaire et d'histoire, § S, dans Bec. de travaux, XYII (lS*J5j, p. 69-76. Cf. Ed. Meyer, Aegyptische Chronologie, 1904, p. 99-103.
tait à rétablir, pour chaque nom, l'original hiéroglyphique d'après la transcription phonétique et l'interprétation, et ensuite seulement, à comparer la liste ainsi dressée aux autres listes pour voir à quoi les noms restitués pouvaient correspondre. Rappelons quelques exemples. Le premier nom, celui de Mènès^ est interprété x'.wv.cç « éternel », ce qui est excellent en raison de la signification égyptienne de ce nom royal ; mais Athôtès, le deuxième, — Teti ou Ati de la liste hiéroglyphique, — est rendu par 'E,Ç)\).o-^zMr^q, traduction fausse, née de Tassonance de Te/javec Thot qui est Hermès. On voit déjà par là que ce qu'on traduisait de la sorte, c'était le son, et non le sens réel du nom égyptien.
Pour le quatrième nom, Diabiès^ qui est rendu par où.
(la fin du mot est controversée), cette traduction suffit à justifier la correction en Miabiès et l'identification avec Miebidos-Miebaès d'Africain-Eusèbe et Merbap de la liste hiérolyphique.
L'interprétation HXtcowpoç du neuvième nom Menées, per-
met d'induire la forme primitive q i Mari, « Don du Soleil », de même qu'au dixième, Anôïiphis, de par l'interprétation Et:'./.w;j.o;, correspond la forme primitive
'**'^ d) <—> Anofirou, « Grand des bontés », et qu'au onzième, Sirios, de par Tinterprétation j-.î; /.spr,; « fils de la pupille )), correspond sans aucun doute Saii, « Fils du Soleil ». Mais on ne connaît pas de rois qui s'appellent Don du Soleil, Fils du Soleil, Grand des bontés. Ces expressions sont des titres, des désignations de qualités qui font partie de tout protocole royal indifféremment, et l'on comprend comment elles ont pu être prises pour des noms royaux par un voyageur qui ne savait pas l'égyptien et interrogeait quelqu'interprète, devant une table monumentale, sur ce qui se trouvait écrit en tel ou tel point de la paroi du mur. « Des débris du Pirée il a fait autant d'hommes ». On voit côte à côte, dans sa liste, des noms royaux réels transcrits exactement [Mènes, par exemple), d'autres dont les noms très réels sont traduits inexacte-
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ment [Aihâthis, Miabiès, etc.), des titres royaux ou des lambeaux de phrase qui semblent empruntés à des protocoles royaux [Sirios, Anôuphis, etc.), <* amalgame où l'inexact et le faux l'emportent sensiblement sur le vrai. Ce qui est utilisable du document était déjà connu ; ce qu'il renferme d'inconnu est suspect et inutilisable' ».
Sans aller à l'encontre de ce verdict sévère, on doit peut-être remarquer que Maspero n'a pas reconnu la qualité de nom royal à quelques-uns des noms de la liste qui s'identifient d'eux-mêmes avec certains noms de la liste d'Africain et d'Eusèbe. Tels sont ceux de Rauôsis et de Biuris, n"' 13 et 14 d'Eratosthênes, dans lesquels il semble qu'on ne puisse faire autrement que de voir le 5" et le 6^ roi de la IV® dynastie de TAfricain, Ratoïsès et Bicheris. Pammès, d^autre part, est évidemment Thamphtis . Beaucoup plus douteuses sont les identifications, que propose notre tableau ci-après, de Stoichos avec Sesochris, de Sirios avec Taris, de Momcheiri avec Necherochis'^ \ mais pourquoi refuser de reconnaître dans les autres listes Gosormiès? Il n'est point besoin des multiples corrections de Bunsen pour voir en lui TosortJwos de l'Africain, Sesorthos ou Sosorthus d'Eusèbe; ces orthographes sont des transcrip-
tions plus ou moins approximatives de <c::=> de la liste hiéroglyphique, dont le nom initial est un \ , le djandja copte qui tenait si étrangement le milieu entre le son des dentales, des gutturales et des sifflantes. Peut-être aussi, sans invoquer l'incertitude des transcripteurs grecs en présence du djandja^ suffit-il d'observer qu'il était facile, pour un copiste, de voir un F à la place où il y a un T. Il faut observer enfin qu'Eralosthênes, en un point tout
1. Maspero, loc . cit., p. 75. Opinion presque identique exprimée, en 1904, par Ed. Meyer, loc. cit., p. 101.
2. Une circonstance qui milite en faveur de l'identification de Momcheiri avec Necherochis, est que Momcheiri est explicitement qualifié de Memphitès, comme s'il était le premier des souverains de famille memphite ; or Necherochis, dans le système manéthonien, est le premier roi de la III* dynastie, la première des dynasties memphitès.
au moins, est mieux informé que l'Africain -et Eusèbe de la tradition des listes hiéroglyphiques : nous voulons parler de la présence des deux Athôlhès du début de la liste, n"* 2 et 3, là où les autres documents donnent un seul Athôthis suivi d'un Kenkenès etd'un Oueiiephès que la liste hiéroglyphique ignore; les deux Athôlhès d'Eratosthènes correspondent visiblement à Teti et aux deux Ali (?) qui se suivent, après Menés, dans la liste hiéroglyphique.
En manière de résumé, nous croyons pouvoir juxtaposer ainsi qu'il suit, aux noms de la liste unifiée d'Africain- Eusèbe, le plus grand nombre de ceux de la liste d'Eratostliênes, jusqu'au point correspondant à la fin de la IV^ dynastie. Seuls, ne figurent pas dans ce tableau les n"^ 9, Mares, 10, Anôûphis, 12, Chnoubos Gneuros, et 18, Mousthès; les trois premiers sont justement ceux pour lesquels il est le plus certain, d'après l'analyse de Maspero, que ce ne sont pas des noms propres.
On voit, en somme, que les indications d'Eratosthênes ne sont pas partout sans utilité pour compléter celles de l'Africain et d'Eusèbe, notamment au début de la liste, — deux Athôlhès au lieu d'un Kenkenès et d'un Ouenephès moins vraisemblables, — et à hauteur du commencement de la IIP dynastie, où l'on trouve la forme intéressante Gosormiès précédemment signalée. 11 suffira de donner