Tombeau n° 55, possesseur inconnu
Petit mastaba entièrement en briques [Medum, VII, plan, XXXIII; cf. p. 19), d'une disposition architecturale inaccoutumée a Meïdoum, mais bien connue par Temploi exclusif qui en est fait à Reqaqnah et dont nous avons signalé, au § I du présent chapitre, la persistance à Saqqarah même au cours de la IV* dynastie. Nous traiterons, au chapitre suivant, des questions de configuration architecturale; notons seulementqu'ici un mur de masque, délimitant un couloir, protège la face orientale du tombeau et que dans cette face, jusqu'oii l'on accède par l'extrémité nord du couloir, s'ouvrent successivement trois petites niches tracées à redans, et tout au sud, l'entrée d'une chambre carrée dont le fond, au centre, possède également une niche. Les parois des niches, ainsi que celles de l'extrémité sud du couloir, murée, étaient crépies et peintes, et c'est de là que viennent les trois jolis fragments de tableaux qu'on trouve à la pi. XXVIII de Medum. Rien de particulier à signaler dans les scènes figurées. Le nom du posses-
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seur du tombeau est perdu; un de ses fils porte, parmi
d'autres titres, celui de | | , qui appartient, comme nous avons vu, à plusieurs fils de Nofirmat.
G. — Tombeau de Meri.
Le musée du Louvre possède trois beaux fragments du revêtement en pierre d'une chapelle : le grand linteau droit, avec tableau carré au centre, qui formait l'assise
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supérieure de la fausse porte centrale (B 49 «), un montant vertical d'angle (B 49 c), et un large panneau rectangulaire avec inscription en colonnes (B 49 b) dont on peut supposer, par analogie avec les panneaux B 1 et 2 vus ci-avant (même §, A), qu'il faisait partie de la paroi droite du couloir d'entrée'. Sur l'âge exact des pièces b et c, beaucoup d'hésitation est permise, et il en est de même pour le linteau a, dont le tableau carré se caractériserait nettement comme appartenante l'époque de Meïdoum, sans un détail
1. Quelques inscriptions de B 49 a et 6 ont été copiées par Pierret, Inscr. inédites du Musée du Louvre, II (1878), p. 56, 74.
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de décoration qui semble difficilement pouvoir remonter à cette époque. Il convient néanmoins d'étudier ce tableau carré à cette place, quelle que soit sa date réelle.
Sa composition est celle de la période ancienne, d'Abnib et de Tetiankhni jusqu'à Rahotep, avec une titulature en une large ligne horizontale à la partie supérieure, audessous, le défunt assis face à droite devant le repas funéraire et, à droite, Isl pa/icarle quadrillée. La titulature, très analogue à celle de Nofîr (même chap., § 11, E), se distingue surtout par la présence du titre écrit par le lion couché supportant une tige verticale brisée au milieu, dont nous avons rappelé, à propos des panneaux de Hesi (même chap., § II, C), les anciens exemples connus; ici, cependant, ce groupe est augmenté du signe de la hache, en contact avec l'extrémité supérieure de la tige verticale, et l'on observe la même forme au panneau 49 b. Abstraction faite de ce titre énigmatique, on lit : (( Le préposé aux écritures de la chancellerie royale [souten «), préposé au service blanc, ami, Meri ». Pour le titre semer, se reporter à ce qui a été dit plus haut à propos des titres de Khoutaa (même §, A).
Devant le défunt, au-dessus de la table, le menu sommaire comprend la libation, l'encens, le fard vert, le fard noir, les deux essences hati et le vin, puis, sur six plateaux, les différentes pièces de viande et les volailles, suivies de vases et de j)ains de différentes formes; et sous la table le résumé habituel u pains, liquides, étoffes et vêtements, par milliers ». A droite entin, le tableau dont la pancarte quadrillée forme la moitié supérieure. Pour ce qui concerne en général l'organisation de cette pancarte, il suffira de se reporter à ce qui a été dit plus haut à propos de celles de Tetiankhni et de Nofir (même chap., § II, B, E), mais il faut noter, en outre, certaines analogies particulières. On trouve ici, d'abord, les quatre noms d'étoffes dima, sounou, sout nofir et aa, et de toutes les pancartes similaires examinées jusqu'à présent, celle de Nofirmat est la seule où ces quatre noms se rencontrent de même. Mais ici, le premier nom se présente comme en relation intime
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avec le signe de l'oiseau divin sur l'enseigne, qui lui sert une première fois de déterminatif et figure, au-dessous, dans chacune des cinq cases dont le mot dima commande la ligne, tandis que nous avions l'habitude de ne lire aucun titre au-dessus des enseignes divines qui couronnent la pancarte : on est ainsi conduit à se demander si cette pseudo-enseigne ne tient pas lieu, dans la totalité des cas, du mot dima lui-même*. Il serait nécessaire d'admettre, alors, que ces figures ne constituent pas un titre général de la pancarte, mais ont seulement rapport à la première catégorie d'étoff'es mentionnée, car chez Nofirmat on voit nommer explicitement les étoffes dima, en première ligne, immédiatement au-dessous des enseignes, et cela, dans des conditions identiques à celles faites aux catégories qui viennent ensuite. Si cette interprétation était à admettre définitivement, il faudrait modifier en conséquence les traductions antérieurement données de différentes pancartes, en comprenant partout « étoffes dima », en tête du tableau, au lieu d' « étoffes funéraires » comme titre général. Nous n'insisterons pas davantage, en ayant dit assez pour faire voir à quelles difficultés de détail on se heurte, dans l'explication de ce coin particulièrement singulier du tableau carré.
Quoi qu'il en soit, la pancarte de Meri semble devoir être interprétée ainsi qu'il suit :
« Étoffes dima, à 1, 2, 3, 4 brins au fiP, 1.000 pièces de chaque sorte ;
« Étoffes sounou, à 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9' brins au fil, 1.000 pièces de chaque sorte;
1. On arrive à la même idée, comme nous l'avons vu plus haut à propos de Tetiankhni, lorsqu'on examine les différentes combinaisons de
, de c'^ et du signe des étoffes frangées chez Merab (Aeg. Insch. Berl., p. 90) et dans le tableau de LD II 96.
2. Ce mot sesef est discuté, plus haut, à propos de la pancarte de Nofir (même chap., § II, E).
3. Toujours la même progression arithmétique arrêtée, quand elle est complète, au chiffre 9 ; aux deux lignes suivantes et à la précédente, la progression est incomplète ou irrégulière, comme dans nombre d'autres
« Etoffes «(2, à 2, 4, 7, 8, 9 brins au fil, 1.000 pièces de chaque sorte ;
« Étoffes sont nofii\ à 2, 3, 4 brins au fil, 1.000 pièces de chaque sorte ».
Au dessous de la pancarte, petite liste d'offrandes présentant de remarquables analogies avec celles qu'on rencontre à la même place chez Nofir et chez Nofirmat, et tout d'abord, sept fois le signe du grenier avec des noms
de grains parmi lesquels o ? o et, chose, plus particulière, le Q:£i du tableau de Nofir. On se souvient que chez Khabiousokari également figurent des rangées analogues de greniers avec les noms des grains, mais point à la même place dans les inscriptions. Plus bas encore, dans notre tableau, on trouve les figures nebes, le pain de ces fruits, le skhat blanc et le skhat vert bien connus, puis hebennitou et un peu plus loin khenfou, substances connues des listes (cf. Nofir), et le dernier grain agout; pour fiinir, les mentions habituelles de bestiaux et volatiles.
Que conclure de tout cela au point de vue de la date? Certains détails spéciaux de rédaction (les greniers, quelques offrandes particulières) se rencontrentchez Nofir, chez Khabiousokari et chez Nofirmat, mais il n'y a aucune analogie avec Khabiousokari en ce qui concerne la composition d'ensemble, et divergence avec Nofir en ce que le tableau carré de Nofir a reçu, au milieu, une liste d'offrandes détaillée et complète dont la présence à cette place suppose qu'il n'y avait point, dans la tombe, d'autre surface de pierre susceptible d'en recevoir l'inscription. Le tableau carré de Meri, au contraire, composé et rédigé dans l'ensemble comme ceux de Nofirmat et de Rahotep (premier type), implique qu'il y avait dans la chambre, comme dans celles de Meidoum, des listes d'offrandes détaillées au large; que la chambre de Meri fût entièrement revêtue en pierre, c'est ce que confirme, d'autre part, l'existence des fragments ô et c du Louvre. Meri n'est donc point anté-
cas déjà rencontrés, simplement par suite du manque de place dans les cases du tableau.
rieur à la période de Meïdoum, et il semblerait, d'après les analogies que présentent ses inscriptions et surtout la rédaction de sa pancarte quadrillée avec celles de Nofirmat, qu'il doit être considéré comme contemporain de Nofirmat lui-même.
Ce résultat doit-il être accepté comme véritable ? Confirmé par le caractère physique du personnage, ligure fine très éloignée de la rondeur memphite et apparentée, au contraire, avec celles de la période antérieure, il est contredit parla coiffure lisse, très différente de celle des Hesi, des Khabiousokari et des seigneurs de Meïdoum invariablement frisés en petites boucles, et contredit aussi, plus gravement, par la circonstance des panneaux décorés qui encadrent symétriquement le tableau carré sur la pierre du grand linteau. Nous reviendrons plus loin (même chap., § V, A) à la question de ce décor anépigraphe en façade d'édifice^ et nous verrons que dans tous les cas où un monument dans lequel il se rencontre est susceptible d'être daté, ce monument n'est pas antérieur au règne de Khepliren. Nous serons en mesure, alors, de mettre en ligne les caractères contradictoires que présente le tableau de Meri, et de poser la question de sa date.
D. — Tombeau et statue dAmten.
Nous allons traiter la description des monuments d'Amten de manière plus concise encore que nous n'avons fait pour ceux de Meïdoum, car ils sont beaucoup plus connus et ont donné lieu, depuis )eur transport à Berlin et la publication fondamentale de LD W, 3-7, à de nombreuses études plus ou moins complètes. On en trouvera la bibliographie dans Maspero, Et. Egyptiennes, II, p. 115, et Histoire, I, p. 290, n. 3; il y faut ajouter, dans le domaine des études, l'intéressant résumé de Bissing dans Geschichte Aegyptens (1904), p. 10-14, et dans celui des publications, l'utile et parfaite autographie de Schâfer dans Aegyptische Inschriften aus den Kôn. Museen, II (1903), p. 73-87- Noter aussi la publication de Sethe, Urkunden d, alten Reichs, I (1903), p. 1-7.