‹ Les origines de l'Égypte pharaoniqueChapitre 113 sur 135 · LD, texte, 1, p. 91: cf. LJ) II · texte numérisé non relu

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nouveau, proprement décoratif et dont l'emploi permet de couvrir de larges panneaux de muraille sans qu'il soit nécessaire d'y tracer un signe hiéroglyphique ou une figure : la décoration en façade d'édifice, en relief, avec les rainures verticales dérivées de remploi ancien de la brique et, dans les rentrants, l'ornement tout à fait caractéristique constitué par deux fleurs de papyrus nouées ensemble et retombant symétriquement à droite et à gauche du lien.

Cette décoration toute architecturale convient à merveille pour encadrer la fausse porte qui s'ouvre dans la paroi occidentale de la chambre; c'est par là, d'ailleurs, que le décor en façade de maison s'introduisit dans le tombeau, et c'est un peu plus tard seulement qu'on en étendit l'emploi à la décoration plus ou moins complète de la muraille occidentale tout entière, qui est, ne l'oublions pas, le mur de façade vers les vivants de la demeure où réside le mort et d'où il a la faculté de sortir. A l'époque même de la IV® dynastie, on devait sculpter ainsi en façade de maison les quatre faces de grands sarcophages en pierre, tel le sarcophage bien connu de Mycérinus.

L'usage de ce décor dans l'intérieur de la chambre funéraire ne devait d'ailleurs pas se maintenir très longtemps, et l'on abandonna assez vite ces grands panneaux muets pour revenir à l'utilisation épigraphique et pittoresque des montants des niches et des portions de mur intermédiaires. Lorsqu'on réunit les divers exemples de tombeaux, suffisamment datés par leurs inscriptions, où se trouvent des ^èles ou des panneaux décorés en façade de maison^ on constate que l'usage de cette décoration nest pas antérieur au règne de Khcphren. C'est ainsi que la façade de maison ne se trouve, au temps de Kheops, dans aucun des tombeaux bien connus de Safkhabouihotep (LD II 23), Khemtni [ih., 26), Samnofir {ib., 27), Tenti de Gizeh [ib., 30), Tenti de Saqqarah [Mastaba, t^. 87-89); au contraire, dès qu'on aborde l'époque de Khephren, le décor en façade de maison devient pour ainsi dire la règle. Les nombreuses niches du mur de fond de la chambre de Khafriankh [LD II 10-11 ; cf. ce ([ui est dit un peu plus haut au

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sujet du plan) sont ainsi décorées, ainsi que les hauts et larges panneaux intermédiaires; de même toute la partie inférieure de la grande niche unique de la chambre de Snofroiikhaf, — un petit-fils ou arrière petit-fils de Snofron {LD II 16 ; Mastaba^ p. 533), — vaste stèle dont le linteau seul est écrit et qu'une muraille nue encadre à droite et à gauche ; de même les stèles très analogues, au fond de chambres analogues, de l'anonyme de LD II 17 et de Dadoufminou [LD II 33)'; de même la stèle de Hotepheres à Saqqarah [Mastaba^ p. 90-91) et la partie supérieure de la grande niche de Teti de Crizeh (Lepsius, Auswalil, Vllï), où le tableau canéàw milieu est encadré, comme les niches de Khafriankh, de deux panneaux décorés chacun en façade de maison complète. Le large linteau de hauteur uniforme ainsi constitué est identique, comme disposition, à celui provenant du tombeau de Shiri et actuellement à Oxford qu'on trouve dans Auswahl, IX : cette remarquable analogie est une de celles qui nous serviront, tout-à-l'heure, à assurer la date de Shiri. Identique de disposition devait être, également, l'ensemble du tableau en bois encadré de deux stèles en pierre qui occupait le fond de la chambre du tombeau de Sitou, à Saqqarah [Mastaba, p. 97-98) : le tableau central est détruit, mais les deux stèles de pierre subsistent, et l'une d'elles, publiée plusieurs fois par Maspero [Guidedu visiteur, 1883, pi. III; Histoire,!, p. 316, .etc.), permet de se rendre compte de leur absolue identité avec les panneaux latéraux des ensembles de Teti et de Shiri. Il faut conclure de là que Sitou appartient au règne dé Khephren. Quant à Shiri, nous reviendrons un peu plus loin à la question de son tombeau.

3° Composition du tableau carré.

On se rappelle comment est dessiné, à Vépoque de

1. Les noms de domaines de Dadoufmiuou sont tous formés avec celui de Kheops, de sorte qu'on se demande si son tombeau ne remonte pas au règne de ce dernier souverain, malgré les particularités de son plan (v. plus haut) et l'existence du décor en façade de maison, qui sont de l'époque de Khephren; Dadoufminou est le seul, toutefois, dont la datation provoque une incertitude de ce genre.

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Meïdoum et auparavant, le tableau carré (\\\\ avait d'abord constitué à lui seul toute la stèle, avant de reposer sur le linteau de la fausse porte, au i'ond de la niche centrale : le défunt assis, face à droite, devant une table accompao-née d'un menu sommaire; au-dessus du tableau, titulature d'uneseule ligne en grands caractères, età droite, surtoute la hauteur, l'élément extrêmement caractéristique que constitue la pancarte quadrillée. Ce tableau carré, qui continue d'occuper sa place en haut des fausses portes, subit dès l'époque de Kheops des modifications de composition remarquables. Chez Merab, qui est très voisin de Rahotep et d'Amten, comme nous verrons spécialement tout à l'heure, il y a deux niches (v. plus haut ce qui concerne le plan) et, partant, deux tableaux carrés ; celui de droite est de composition identique à ceux de la période de Meïdoum, avec une pancarte quadrillée que nous avons décrite, plus haut, à propos de celle de d'Amten(mêmechap., môme§,C); celui de gauche serait à peu de chose près semblable s'il n'y manquait la pancarte : cette pancarte disparue ne va plus se retrouver désormais. Chez Khemtni [LD il 26, niche de gauche), voici un tableau carré du type auquel nous sommes habitués, mais sans pancarte ; chez Samnofîr [LD 11 27), même observation pour les tableaux carrés des deux niches. Pourtant, chez Samnofir déjà, voici au-dessus de la niche de droite, sous le plafond, une sorte de tableau carré supplémentaire montrant deux personnages, deux hommes, assis en face l'un de l'autre des deux côtés de la table : ce nouveau type de tableau, mais avec le mari et la femme se faisant ainsi vis à vis au repas, va devenir désormais la règle générale.

On le trouve chez Khoufoukaariou [LDW 11 d], avec une légende supérieure entièrement écrite de droite à gauche ; chez Tenti de Gizeh {LD II 30, niche de gauche), où les légendes du mari et de la femme sont inscrites au-dessus des personnages en disposition graphique symétrique; aux deux niches de Safkhabouihotep [LD II 23), où pour la première fois nous voyons les légendes des deux personnages inscrites sur une même ligne horizontale supé-

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rieure et divergentes à partir du milieu; chez Tenti de Saqqarah {Mastaba, p. 88-89), où la double légende ainsi disposée est isolée, pour la première fois, dans un cadre avec un trait de séparation au milieu. Au-delà, nous arrivons aux tombeaux du règne de Khephren, et les renseignements sont un peu plus rares. Chez Dadoufminou [LD II 33), l'emplacement du tableau carré est détruit; chez Teti de Gizeh [Auswahl, VIII), on retrouve le tableau symétrique à deux personnages, mari et femme, de la deuxième période de Kheops, avec les légendes supérieures divergentes encadrées et séparées comme chez Tenti de Saqqarah, et ici encore s'affirme, par le rapprochement avec le tableau carré de Shiri à Oxford [Auswahl^ IX), la contemporanéité de Shiri et de ce Teti. Un plus peu tard, vers la fin sans doute du règne de Khephren, une modification de composition tend à se produire, qui se manifeste d'abord chez Khafriankh [LD II 10) : le mari et la femme, au repas funéraire, sont assis non plus en face l'un de l'autre, des deux côtés de la table, mais l'un derrière l'autre.

4*^ Formules religieuses.

Il suffira de signaler le développement de la formule du « don d'offrande ». L'expression souten ta hotep, tout d'abord, n'est pas inconnue dans les tombeaux de Meidoum et de la période antérieure; mais elle y figure à l'état isolé, comme une désignation du repas funéraire ou un titre général de la liste d'offrandes; nous l'avons rencontrée ainsi sur la stèle de Nofir (même chap., § II, E) et chez Amten (mémechap,,§ IV, C). Quant à la formule de « proscynème» qu'on rencontre si invariablement dans les tombeaux memphites, lorsqu'elle apparaît pour la première fois ce n'est pas sous l'invocation du roi, mais sous celle d'Anubis, Anpou ta hotep, « don d'offrande de par Anubis », et la phrase qui suit, au tombeau de Rahotep (môme chap., § IV, B), simple embryon de la formule développée qui viendra ensuite, dit seulement : « Don d'offrande de par Anubis, pour qu'il (le défunt) s'en aille en état de vénération vers l'Occident ». Amten à la même époque^ cependant, fait

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déjà usage d'une lormule plus développée, mais introduite de même par le nom d'Anubis : « Don d'offrande de par Anubis chef du To-Zosir, pour que soit apporté le repas funéraire, en ce lieu, par tous ses domaines, aux fêtes d'Ouagaït, des offrandes, de Thot, du commencement du mois, du demi-mois et de chaque décade ». Voici donc constituée déjà une liste élémentaire de fêtes, destinée à se développer bientôt. Au début du règne de Kheops, cependant, la tradition hésite encore, et tandis que chez Safkhabouihotep [LD II 25), souten ta Ao^e/? reparaît comme expression isolée, avec d'autre part une liste de fêtes spécifiées pour l'apport du pa kheroti^ chez Khemtni {LD II 26), au linteau des deux niches, on lit une longue formule

en deux lignes qui commence par l'expression \ —^-^ /^

[T^, fusion remarquable de la formule de par le roi, jusqu'ici inusitée en pareil cas, et de la formule de par Anubis qui servait seule à introduire la phrase d'invocation. Remarquons, d'ailleurs, i^[\x Anubis ne disparaîtra que relativement tard de cette formule introductive, qui subsistera telle quelle pendant une grande partie de la période memphite. Quant à l'invocation de Khemtni, elle dit : a Don d'offrande de par le roi et de par Anubis, chef du Palais divin, |"pour] sa sépulture dans la région d'Occident, [après une] vieillesse longue et bonne, [pour que soit fait] à lui le repas funéraire aux fêtes du Jour de l'An, de Thot, d'Ouagaït, des offrandes, du grand brùlement, delà procession de Minou, du commencement du mois, du demi-mois, et de chaque jour ». Merab, à la même époque, dans le tombeau dont nous parlerons spécialement tout à l'heure, a une formule très semblable [LD 11 18), un peu plus déve-

loppée „,ais écrite très al.réviative.ent 4 ^ A ^ ^ « don d offrande de par le roi et de par Anubis*, chef du

1. Ne pas traduire : « Royal don d'offrande à Anubis... »; cf., un peu plus bas, l'autre formule similaire, plus complètement écrite, au même tombeau.

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Palais divin, [pour sa] sépulture [dans] la région d'Occident, [pour qu'il soit en] état de vénération auprès du dieu grand, [après une] vieillesse longue et bonne, [pour que soit fait à lui] le repas funéraire, aux fêtes de Thot, etc., etc. » En un autre endroit du même tombeau [LDll 19) on lit, deux fois,

une formule d'invocation commençant par les mots 4 ^ u\

^ -^ ^ ^ f^yf] 1 lui, « don d'offrande de par le roi

et de par Anubis » ; l'expression *'~^ /^\ qui vient après

la mention d'Anubis n'est pas une faute, car nous la retrouverons exactement pareille chezTenti de Saqqnrah. Suivent, comme dans la première formule, mais plus brièvement, les indications : « [pour sa] sépulture dans la région d'Occident, en état de vénération ».

Chez Samnofir {LD II 27), formules très analogues mais

plus counes, introduites pa. ^ ^, ,,,, ^enti de

Saqqarah [Mastaba, p. 88-89), orthographe intéressante par l'équivalence où sont entre eux, au point de vue du

rôle, les noms du roi et d'Anubis : ^ ^^7^ ^ , « don d'offrande de par le roi et Anubis, chef du Palais divin, [pour] sa sépulture en la région occidentale » ; on remarque

"^—-^ l\ au lieu de /^ simple, comme dans la deuxième formule de Merab.

Dans les tombeaux du temps de Khephren la formule ne subit, non plus qu'au cours des règnes suivants, aucune modification appréciable; on peut se reporter notamment, pour s'en rendre compte, à celles de Hotepheres à Saqqarah [Mastaba, p. 90-91) et de Khafriankh à Gizeh [LD II 10, 11). On voit que la formule du don d offrande, après une courte série d'essais limitée à la fin de la période de Meïdoum, sort brusquement constituée dans toutes ses parties, comme à la suite d'une éclosion, et se maintient dès lors sans changement jusqu'en dehors des limites de la zone qui nous intéresse.

Tels sont les principaux caractères de l'évolution du

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tombeau pendant les premiers règnes qui suivent celui de Snofrou. Qu'il s'agisse de disposition architecturale, de décoration des murs, de composition du tableau carié ow de degré de développement des formules, chaque particularité de ces différents ordres est susceptible de caractériser une époque bien définie. Un renseignement chronologique obtenu de la sorte est évidemment sujet à caution, s'il est isolé, car les formes successivement écloses chevauchent dans le temps les unes sur les autres ; mais si des faits tirés de l'observation simultanée du plan, de l'ornementation, de la nature du tableau, etc., se trouvent d'accord pour attribuer au monument la même date, alors il n'y aura plus lieu de douter que le renseignement soit légitimement acceptable. Nous allons appliquer cette méthode de vérification ou de détermination historique, pour terminer, à quelques édifices importants de Gizeh et de Saqqarah.

B. — Quelques tombeaux remarquables.

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