V. noie précédente
DOCUMENTS ULTERIEURS 29
fur et à mesure de leur découverte, se retrouvent dans la série que nous avons sous les yeux.
Les faits, jusqu'à présent, n'ont répondu (ju'en partie à cette attente. Les seuls Horus dont le nom royal, révélé par les monuments, se trouve très certainement dans la liste, sont V Wovu.?, Noiitirkha , qui est Tun des deux Zosir*, et l'Horus Azab, qui est le roi Merbap-Miebaès; d'une manière un peu plus douteuse, ensuite, l'Horus Semerklia, roiSamsou (?) — Semempsès, l'Horus cS'«/i«A;A/,roi Nibkari, l'Horus Ahou, qui est sans doute Mènes lui-même-, enfin l'Horus Den, qui est certainement Hesepti, mais seulement à la condition que le nom ainsi transcrit par les listes ait effectivement été à l'origine un nom royaP. D'autre part, quelques monuments très anciens nous renseignent sur l'historicité du roi Sendi, dont le nom d'Horus est inconnu*, et sur celle du roi Nibkari ou Nibka^ dont nous venons de parler et qui a de grandes chances d'être iden-
1. On sait, depuis 1900, que le Zosir qui a pour nom d'Horus Noutirkha est le premier des deux, celui que la liste d'Abydos appelle Zosirsa. V. ce qui est dit à ce sujet plus loin, même chapitre, § V.
2. L'Horus Abou n'est Mènes qu'à la condition que ce dernier nom
royal soit effectivement à lire, après le gi'oupe ^^, sur la célèbre plaquette au nom d'Abou trouvée à Negadah par Moi-gan. L'identité du signe en question avec le signe i"""""], proposée en premier lieu par Borcbardt (Ein neuer Kônigsname der ersten Dynastie, dans Stzb. Ak, Wiss. Berlin, 1897, p. 1054-8) et par Maspero {Rev . critique, 1897, II, p. 440), semble généralement acceptée aujourd'hui. Notons, cependant, des contestations comme celles de Naville (/?ec. de travaux, XXI, 1899, p. 109) et de heïéhnre [Sphinx, III, 1899, p. 65-81), reprises en dernier lieu par Legge {Proc. S. B. A., XXVIII, 1906, p. 14-16).
3. La chose, comme on sait, n'est pas certaine. V. à ce sujet Weill,
Notes sur les monuments de la période ihinite, I, i^^n^ est-il hien un
nom rayait dans Bec. de travaux, XXIX (1907), p. 26-29.
4. V. ce qui est dit ci-avaut, p. 5, au sujet de l'ancien tombeau memphite où le cartouche de Sendi se rencontre.
5. Le culte de Nibka est menliouné sur des blocs de pierre provenant d'Abousir, dont les inscriptions, que nous citerons plus loin (même chapitre, § V), remontent certainement au début de la période uiemphilo.
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tique à l'Horus Saiiakht. Il y a donc en somme quatre rois de la liste qui précède :
Merbap, Horus Azab
Sendi, Horus ?
Nibkari, Horus Sanakht (identité encore incertaine)
Zosir, Horus Noutirkha dont la réalité doit être considérée comme démontrée, et trois autres :
Mènes, Horus Ahou
Hesepti, Horus Den
Samsou (?) -Semempsès, Horus Semerkha dont l'existence et l'identité respective avec ces trois Horus des monuments tliinites ne peuvent être acceptées qu'avec une certaine circonspection.
Voici maintenant toute une série de noms royaux certains que les monuments contemporains nous ont fournis, et dont la liste résultante qui précède, non plus qu'aucune des listes originales qui ont servi à l'établir, ne porte la moindre trace. Ce sont ceux des rois :
Mer, Horus Narou (?)"
Sen, Horus Qa
Perenmati, Horus Sekhemab-
Noutiroui (?) -hotep-am (?) -f, Horus Khasekhmoui. On est donc obligé de constater que parmi les noms royaux, au nombre d'une dizaine, dont les monuments tliinites nous apprennent actuellement l'existence, il en est environ la moitié seulement qui figurent dans la liste des seize prédécesseurs probables de Snofrou qu'on a vue plus haut. Les découvertes ultérieures auront-elles pour résultat d'améliorer cette proportion au profit des documents classiques? Il est clair, tout au moins, que ces seize rois étaient ceux dont la tradition des époques suivantes
1. Weill, Notes sur les monuments de la période thinite, III, L'Horus Narou. roi Mer, dans Rec. de travaux, XXIX (1907), p. 33-34.
2. Weill, Noies etc., II, Perahsen et Sekhemab sont deux 'Horus différents. Le nom royal de Sekhemab, daas Rec. de travaux, XX[X (1907), p. 29-33.
avait le plus vivement gardé le souvenir, indépendamment des listes classiques, on possède un assez grand nombre de documents de toute époque, memphites, thébains, saïtes et même ptolémaïques, où leurs noms sont mentionnés à divers titres historiques ou religieux; nous allons passer en revue ces textes, et compléter ainsi notre information sur ce que les Egyptiens des âges suivants pensaient savoir encore de leurs premières familles pharaoniques'.
Les rois des premiîcres dynasties dans les traditions hiéroglyphiques ulterieures
Les anciens rois que nomment les monuments des temps suivants y sont mentionnés dans trois sortes principales de circonstances : i° énoncé des titres d'un prêtre chargé du culte d'un antique souverain; 2** attribution d'un livre, texte médical ou religieux, dont la découverte miraculeuse aurait été faite au temps d'un roi des dynasties anciennes ; 3° préambule d'un conte, placé dans la bouche d'un lettré et supposé débité par lui à quelque roi des temps passés qui a exprimé le désir d'entendre des histoires; parfois, dans le cours de la narration, d'autres souverains anciens sont encore mentionnés.
A. — Mentions d'un caractère cultuel.
Le culte de Menés se célébrait encore sous les dernières dynasties indigènes, comme le montre une stèle du Louvre
1. Des renseignements du cet ordre ont été réunis à plusieurs i-eprises mais toujours assez brièvement et d'une manière plus ou moins incomplète. Noter particulièrement les travaux de Rougé en 18f)5 (Recherches sur les monuments etc., p. 30-31), Lepsius en i87ô[Ueber dem Kalender des Papyrus Ebers etc., dans Leilschrift^ 1875, p 15'i-156), Erman en 1890 [Mârchen des Papyrus Westcar^ p. 17), Brugsch en 1891 [Die siehen biblischen Jahre etc., p. 10-14).
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provenant du Serapeum', dédiée par un prêtre nommé Ounnofîr qui était chargé du culte de Nectanebo 1 et avait aussi le sacerdoce des deux premiers rois de la liste liié-
roglyphique, 3^eiii et Teti, ,^„^^ et () ^ dans leurs cartouches ovales. Dans celui de Menés, observe de Rougé,
l'écrivain a négligé de tracer le ^ final, dont il avait néanmoins réservé la place'.
Le nom de Menés apparaît, quelques générations auparavant, sur un cerceuil de la XXVI® dynastie* appartenant à un prêtre nommé Sonbouf, chargé de divers sacerdoces. Il est prophète de Ptah, d'Osiris. d'Anubis, et en outre, de
M (11] et de M CM] ^-'■.
Plus haut encore, sous la XIX^ dynastie, le nom de
Menés se retrouve, selon toute apparence, sur une palette
de scribe du musée de Berlin, au nom du graveur Amon-
ouahsou, où sa présence a été signalée par Erman^ On
1. Rougé, Six premières dynasties^ p. 30-31. Inscription publiée par Chassinat dans Rec. de travaux, XXI (1899), p. ()%1Q {Textes provenant du Serapeuvi de Memphis).
2. L'orthographe du nom de Teti, ici, est une sorte de fusion des orthographes des cartouches 2 et 3 de la liste d'Abydos.
3. Borchardt, dans son article précipité (v. ci-avaut, p. 29, n. 2) sur i""*^ =: Menés sur la plaquette do Negadah, se fonda sur l'exemple de cette stèle du Serapeum pour dire que le nom de Menés était quelquefois écrit Men sans '^ final; erreur dont on retrouve l'origine, en 1892, sous la plume d'Erman, dans le § I des Historiche Nachlese {Zeitschrift^ XXX, 1892, p. 46).
4. LD III, 276. La particularité des deux cartouches royaux que porte ce cercueil a été signalée d'abord par J. J. Ampère {Journal de l'instr, publique, 22 mars 1845), puis par Prisse {Antiquités égyptiennes au Kaire, dans Rev. archéol., 1845-46, secondepartie, p. 746-748), et d'après Prisse, c'est à cette place que la présence du cartouche de Zosir a été notée par Lesueur (CA;o«o/o^/e,p.271, a. 3). Prisse ajoute {loc. cit., p. 748) qu'il a copié le même cartouche de Zosir sur un autre débris de sarcophage; cette dernière inscription est complètement inconnue.
5. Historische NaMeseA. Kënig Menés, dans Zeitschrifï, XXX (1892), p. 43-46.
lit en effet, au début des deux lignes verticales de droite et de gauche que porte ce petit monument : « Royal don
d'offrande à Ptah de f | ^ r=zi [] P ]. 1 Ramsès Me-
riamon et à Ptah de ^\ ^ ^ Menna , pour qu'ils donnent, etc. » Cette phrase distingue deux formes ou, du moins, deux noms du dieu; Ptah de Ramsès Meriamon^ comme l'observe Erman, c'est le Ptah du temple à lui dédié par Ramsès II, c'est-à-dire probablement du temple de Memphis, que Ramsès II travailla à restaurer; et puisque P/«/i de Meniia doit être une appellation analogue, il faut admettre que Menna est un nom royal et qu'il s'agit par suite de Menés, sous une orthographe défigurée par l'influence d'un nom propre analogue du temps de Ramsès II *. Les deux noms de Ptah signifient l'un et l'autre (( Ptah du temple de Memphis », cet édifice étant désigné, dans le premier cas, par le nom du roi qui venait de le rebâtir, et dans le deuxième, par le nom de son fondateur légendaire.
On se demande, cependant, dans le cas où le nom de Menés figurerait bien dans cette inscription, pourquoi il n'est pas entouré du cartouche. Un autre monument va répondre à la question, en nous faisant voir que sous la main des scribes qui travaillaient pour le mobilier funéraire d'Amonouahsou, Menés n'a pas été la seule victime de cette omission parmi les rois des anciens temps. Il s'agit d'un petit naos en pierre du musée de Marseille, portant encore la base d'une statue et dont les inscriptions ont été publiées par Naville = , De chaque côté du naos un roi est figuré debout dans sa pyramide, et adoration lui est faite par le « scribe de la table des libations de Sa Majesté Amonouahsou », possesseur du monument, et par sa sœur Hoiitoutbou ; quant au roi de la pyramide,
1, I •-' 1 J^ gi]^ OU j ^ >>1 est le nom de i eciiyer de hainses 11, dans le récit bien connu de la bataille de Qadesh.
2. Le roi Teta Merenptah,ddus Zeitschrift,XYl {iS'J8),pA]9-72e{ pl.l^'
adoré en môme temps qu'Osiris parles deux personnages,
son nom est écrit tantôt ( ^ H S: ° I j, tantôt ^ ^, ^5
sans cartouche, Teti Mernptah. De quel Teti est-il question? La liste hiéroglyphique (Abydos) en mentionne trois : le successeur de Menés, puis le deuxième Zosir, appelé Zosir-teti, enfin le Teti qui ouvre la VP dynastie. C'est en faveur de ce dernier que penche Naville; mais Brugsch, plus tard », devait faire observer que le nom du Teti de la VP dynastie eût été suivi sans faute de celui de sa pyramide-.
Quand on rapproche les deux monuments que nous venons de voir et qu'on remarque l'incorrection fantaisiste avec laquelle y sont inscrits les noms de Menés, à la palette de Berlin, et de ce Teti Mernptah sur le naos de Marseille, quand on observe que les deux objets portent le même nom de propriétaire, on est conduit à penser que le ^r«veur Amonouahsou et le scribe des libations royales Amonoualisou sont une seule et même personne. Ce fonctionnaire était prêtre de la pyramide d'un Teti de l'Ancien Empire, résidait par conséquent dans la région memphite, et d'après les inscriptions de la palette, avait à Ptah du temple de Memphis une dévotion particulière; prêtre du roi Teti il a soin, d'autre part, de ne pas oublier dans ses invocations à Ptah le nom de Menés, ce qui donne peutêtre lieu de croire que le Teti dont il a le sacerdoce est le successeur de Menés, le deuxième roi de la liste hiéroglyphique.
Sendi nous apparaît dans des mentions sacerdotales analogues à celles de la stèle d'Ounnofir et du cercueil de Sonbouf cités ci-avant, mais les monuments qui portent son nom ont une valeur historique bien plus grande en raison de leur date ancienne. Le tombeau de Shiri, dont la