Brugsch, Siehen biblischen Jahre, p
3. Birch, Médical Papyrus iviik thc naine of Cheops, dans Zeitschrift^ 1871, p. 61-64.
4. Dûmichen, Bauurkunde der Tempelanlagen von Dendera fi865), p. 15; Geographische Inschriften, II, texte (1866), p. 15, n. 1, et Baugeschichte des Denderatempels (1877), pi. I, a, b, II-IV et 14. Cf. Chabas dans VEgyptologie, II, p. I47, et Sur Vantiquité de Denderah^ dans
42 11' ET nia DYNASTIES ÉGYPTIENNES
[Baugeschichte^ pi. I, a) commence par des indications rituelles relatives à la procession d'Hâthor, après quoi il est dit : « On exécute pour elle toutes les prescriptions promulguées pour la fête des quatre jours par le roi Menkhopirri Thoutmcs, qui a fait tout cela en monument de lui à sa mère Hâthor, Dame de Denderah, Œil Solaire, Dame du Ciel, régente des dieux. Le plan, le grand de Denderah, a été trouvé en écriture ancienne, tracé sur une peau de khar, au temps des Suivants d'Horus ; il a été trouvé dans Tintérieur d'un mur de briques du palais royal, datant du roi Miriri Papi etc. »
Le temple, d'après ce texte, aurait été reconstruit par Thoutmès III d'après un document trouvé dans une cachette du temps de Papi, mais de rédaction encore antérieure. La seconde inscription, voisine de la première (Baugeschichtn, pi. I, b), nous conserve une version difTérente et plus courte de la même trouvaille : « Le plan, le grand de Denderah, détermina (?) les travaux de remise à neuf accomplis par le roi Menkhopirri Thoutmès , lorsqu'on l'eu* trouvé, en écriture ancienne du temps du roi Khoufou ». Ce texte, on le remarque, dit absolument la même chose que le précédent, sauf que l'époque des Suivants d' Horus, pour la rédaction, et le règne de Papi I, pour le dépôt dans la cachette, sont remplacés par la mention unique du temps de Kheops. 11 faut se garder, d'ailleurs, d'attacher trop d'importance, au point de vue historique, à l'une ou l'autre de ces deux formes d'exposé ; les inscriptions de Denderah sont de la même époque que le faux célèbre de la stèle de Sehel, et il n'est pas impossible que les renseignements pseudo-historiques que nous venons d'y trouver aient été extraits, par les scribes de Denderah, du préambule narratif de quelque charte de donation fausse, conçue d'une manière analogue.
Arrivons maintenant aux textes du Livre des Morts qui
Zeitschrift, 1865, p. 91-96; Birch, On some leather roUs, dans Zeitschrift^ 1871, p. 103-104, et Lepsius, dans Zeitsckrift, 1875, p, 155 (dans Ueber dus Kalender des Papyrus Ehers).
DOCUMKNTS ULTÉRIEURS 43
sont donnés comme ayant été trouvés au temps d'un roi ancien. Dans le cas de deux chapitres, ce roi est Hesepti, sous lequel avait déjà été découvert le traité des oukhatou inclus au papyrus médicaux que nous venons de voir; c'est Menkaouri, de la IV dynastie, dans le cas d'un troisième.
Lepsius, en 1842, remarquait déjà' que le chapitre 64,
découvert au temps de Mencheres d'après le papyrus de
• I I I Turin, l'avait été sous le règne d'un certain roi q \\ d'après
plusieurs autres exemplaires, et que ce dernier nom royal
figure ailleurs dans le papyrus de Turin, au chapitre 130,
qui aurait été trouvé au temps du roi \.'^ ; mais Lepsius ne s'explique pas l'incertitude des versions du chapitre 64. Longtemps après, en 1867, il reprend la question^ et montre que Tattribution du chapitre 64 au temps de Mencheres est d'une époque relativement tardive ; dans les papyrus de la période thébaine, la trouvaille eut lieu sous le règne de oU' tiésepti, et le chapitre est sensiblement plus court, non soudé encore avec le texte du scarabée du cœur qui s'ajoute à lui au papyrus de Turin : c'est à ce dernier texte, seul, qu'avait primitivement rapport la mention du temps de Menkaouri, et en effet, ce texte du scarabée^ qui forme à lui seul le chapitre 30 du Todtenbuch de Turin, — sans indication de provenance, — se retrouve
t. Lepsius, Das Todtenbuch der Agypter, p. 11-12. En 18'*2, Lepsius
ne sait naturellement pas encore lire le groupe l-H , et propose,
-^ W, l-H pour la première fois, croyons-nous, de lui attribuer la lecture Tet (à
cause de =z ft /i ^-=-J| ) ; cette lecture était encore en usage en
1866, à la veille de la découverte de la grande table d'Abydos dont la comparaison avec la liste de Turin devait fournir la solution du problème,
I L| [Il II
établissant l'équation = , Hesepti (v. à ce sujet Lauth, Ma-
netho^ 1865, p. iOi, Rougé, Six premières dynastie^^ 1866, p. 17 suiv., 167, et Goodwin, On a text of the Book of the Dcad etc., dans 7^eitschrift, 1866, p. .55.
2, Lepsius, Aeltesle Texte des Todtenhuchs, 1867, p. 17-18.
44 lie ET Ille DYNASTIES ÉGYPTIENNES
au moins une fois à Tépoque thébaine, dans un papyrus de Parme publié par Rosellini, avec la mention de la trouvaille au temps de Menkaouri. Plus tard, en 1875, Lepsius revient au sujet avec plus de netteté encore ^ A l'époque thébaine, il y avait un chapitre 30 qui est indiqué, dans certains cas, comme ayant été trouvé au temps de Menkaouri ^ et un chapitre 64 trouvé au temps de Hesepti ; plus tard, au Todtenbuch de Turin^ par exemple, le chapitre 30 a été cousu, précédé de son préambule, à la fin du chapitre 64 (1. 30-36, le texte proprement dit du chapitre 1. 34-35), et le même chapitre 30, en sa forme régulièrement indépendante, ne se retrouve ailleurs dans le papyrus que dépouillé de l'histoire de son origine. Quant au chapitre 130, où reparaît Hesepti, il est complètement indépendant des chapitres 30 et 64.
Peu de temps après Lepsius, en 1876, Guieysse signale également' que, si de nombreuses versions du chap, 64 parlent de Menkaouri, la forme avec IJesepti est néanmoins la plus ancienne.
Les vastes publications comparatives données ultérieurement par Naville et Budge nous permettent aujourd'hui de préciser en quelques points ce que savait Lepsius. Nous constatons, en premier lieu, qu'à l'époque thébaine il y a bien deux formules, nettement différenciées, pour le chap. 30 et le chap. 64; on les reconnaît au premier coup d'œil à ce que dans la formule du chap. 30 il est question de Menkaouri, de la ville d'Hermopolis et du prince Hortatouf, tandis qu'au chap, 64 l'époque de la trouvaille est celle de Hesepti, le lieu, le temple Ami-
1. Lepsius, Ueher den Kalender des Papyrus Ebers und die Geschicht- Uchkeit der dltesten Nachrichten^ dans Zeitschrift, 1875, p. 154-155.
2. Lepsius renvoie [loc. cit., p. 155) au papyrus de Parme décrit par Rosellini, Breva notizia intorno un frammento di papiro funèbre egizio esistente nel ducale museo di Parma^ 1838, et à ce sujet, à Birch, Zeitschrift^ 1867, p. 54. On trouve, à cette dernière place, le passage intéressant de cet exemplaire du chap. 30, qui devait être publié in extenso^ plus tard, par Naville {Todtenbuck^ variantes, p. 97-99; le document de Parme est Ig).
3. Guieysse, Rituel funéraire égyptien^ Chapitre 6A«, p. 10-12.
Haiinou^ et l'auteur, un architecte anonyme. Mais dès cette époque, une confusion tendait à s'établir entre les deux libellés, et la fin de la formule du chap. 64, qui se termine par l'indication que ce chapitre « doit être dit par un homme pur, lavé, n'ayant mangé ni chair ni poisson et ne s'étant point approché des femmes », cette fin s'ajoute en appendice, dans certains cas, après la formule régulière du chap. 30. Nous constatons ensuite que dans certains papyrus, la formule du chap. 30 ainsi augmentée s'égare dans des régions toutes différentes du livre. C'est ce que nous allons voir, plus en détail^ dans chacun des quatre cas suivants qu'il faut retenir :
1° Menkaouri au chap. 30, dans les papyrus thébains (formule parfois égarée sur d'autre chapitres, à la même époque);
2° Hesepti au chap. 64, dans les papyrus thébains;
3° Menkaouri au chap. 64, dans les papyrus de basse époque;
4° Hesepti au chap. 130.
I. — De la version du chap. 30 avec la mention de Menkaouri, il semble qu'on ne possède jusqu'ici que deux exemplaires, l'un au papyrus de Parme (formule arrêtée avant la fin régulière), texte dans la grande publication de Naville (v. ci-dessus, p. 44, n. 2), l'autre au papyrus 10.477 du Br. Muséum (Budge, The chapters of comiiig forth by day, 1898, p. 141-142; formule augmentée de la fin de la formule régulière du chap. 64). La rédaction du papyrus de Parme est la suivante : « Paroles sur un scarabée de
pierre cerclé d'électrum et d'argent, à mettre au défunt
à son cou. Fut trouvé ce chapitre dans Hermopolis, sous les pieds de ce dieu grand, inscrit sur une brique de bidu Sud (?), de l'écriture du dieu lui-même, au temps de la Majesté du Roi Menkaouri, Voix Juste. C'est le Fils Royal Hortatouf qui le trouva, au cours d'un voyage d'inspection dans les temples ». Après quoi le papyrus de Nou (10.477 du Br. Mus.) continue : « Il y eut force en lui lorsqu'il eut récité ce chapitre en le comprenant; il l'apporta, comme une merveille, à Sa Majesté, lorsqu'il se fut rendu compte
46 Ile ET 11I« DYNASTIES ÉGYPTIENNES
de ces grands mystères inaperçus. (La rédaction régulière s'arrête là; cf., ci-dessous, la formule du chap. 64.) Ce chapitre doit être récité par un homme pur, lavé, n'ayant mangé ni chair ni poisson et ne s'étant point approché des femmes ».
C'est cette formule du papyrus de Nou, avec son addition irrégulière, qui se retrouve une fois, presque textuellement pareille, en appendice au chap. 148 d'un papyrus thébain du Louvre (Naville, Todtenbuch, I, pi. \&1 , n° 2 [Pe\, 1. 14-27). La mention du scarabée de pierre est rejetée à l'extrême bout de la formule, qui commence par les mots
^ (g ...: cette circonstance permettrait évidemment de l'accrocher à un chapitre quelconque du livre. II. — Exemples de la version primitive avec Hesepti au chap. 64, dans deux papyrus de Berlin [LD VI, 123 et 124, XI; ce dernier dans Guieysse, loc. cit., pi. IV); dans un papyrus du Caire (Naville, Todtenbuch, var.., p. 139), dans les inscriptions d'un sarcophage royal de la XP dynastie publié par Goodwin [On a iext of the Book of the Dead, dans Zeitschrift, 1866, p. 53-56), et au papyrus précité, 10.477 du Br. Mus. (Budge, The chapters of coming etc., 1898, p. 145-146, et i^â!C5wzi7e5 ofPapyrielc, 1899, pi. 26). La rédaction suivante est celle que donne ce dernier papyrus : « Fut trouvé ce chapitre dans les fondations du temple Ami-Hannou, par le chef des travaux de construc-
tion des murs, au temps de Sa Majesté le Roi V^ W J
Hesepti, Voix Juste : c'étaient des formules mystérieuses, inaperçues. — Ce chapitre doit être récité par un homme pur, lavé, n'ayant mangé ni chair ni poisson et ne s'étant point approché des femmes ».
m. — La version ultérieure de la fin du chap. 64, avec Menkaouri, est celle du Todtenbuch de Turin, 1. 30-32 : « Fut trouvé ce chapitre à Hermopolis, sur une tablette de bi de Kousou^ écrite en lapis, sous les pieds de ce dieu; il
1. Ville de la Haule-Égypte. Cf., ci-avant, la version bi du Sud au chap. 30 de l'époque thébaine.
DOCUMENTS ULTERIEURS 41
fut trouvé au temps du Roi Menkari, Voix Juste, par le Fils Royal Hortatouf, comme il voyageait pour faire l'inspection des temples. Il y eut force * en lui lorsqu'il récita ce qui s'y trouvait, comme une adoration; il apporta cette tablette, comme une merveille, à Sa Majesté, lorsqu'il eut vu ce qu'il avait dessus ».
IV. — On trouve enfin au chapitre 130, au Todtenbuch de Turin^ 1. 27-28 : « Trouvé dans le portail du palais, sous la Ma-
jesté du Roi du Sud et du Nord — i— Hesepti, Voix
Juste, comme (?) on Teût trouvé dans une cavité de la montagne ». Notons la variété des orthographes du nom de Hesepti dans les divers exemplaires de ce chapitre 130 ; Lepsius [loc. cit., dans Zeitschrifty 1875, p. 155) a recueilli les
HH —H- — f—
formes [::;:^, zjz^^ V •
G. — Mentions dans un conte^ qu'un ancien roi est censé entendre ou dans lequel d'anciens rois sont nommés.
On connaît le conte de Kheops et des magiciens^ dont la narration couvre les feuillets du papyrus Westcar- et qui a pour sujet la naissance miraculeuse des rois de la V*^ dynastie. L'affabulation en est compliquée. Les fils de Kheops charment les loisirs du roi en lui racontant, chacun à son tour, l'histoired'un miracle accompli par quelqu'enchanteur des temps passés; un miracle, d'abord, du temps du roi
w ^-^-^ 1 Zosir\ puis un autre du temps de ( '
1. Ici, dans le texte, un non- sens dû à l'incompréheasion des copistes :
y A ^A/^AAA
au lieu de , restituer v.^^^^ ^ ù comme dans la forme régu-
lière du chap. 30 de l'époque thébaine.
2. Papyrus du Nouvel Empire, publié et complètement étudié par Erman, Die Mcirchen des Papyrus Westcar, 1890. V., pour traduction et bibliographie complète, Maspero, Les contes populaires etc., .'>'' édilion, 1906, p. 21-43.