CHAPITRE II
Noutlrkha-Zosir et ses voisins des derniers
groupes thinites dans les monuments
datés de leur époque
G. Rénédite, vers 1891, avait rapporté de la localité minière de Magliarah, dans la péninsule sinaïtiqiie, l'estampage d'une portion d'inscription rupestre où se lisait le nom de l'Horus Noutirkha dans le cartouche rectanofulaire*. Sa communication sommaire fut un événement de grande importance parce quelle révélait l'existence du premier monument épigraphique indubitable d'un roi antérieur à la IV° dynastie. C'est peu de temps après, comme on sait, dans l'hiver de 1895-1896, que se produisirent à Abydos, sous la main d' Amélineau, les premières découvertes d'inscriptions de la période thinite, et presqu'en même temps, celles de Morgan à Xegadah. Les fouilles de Negadah, abandonnées après une campagne, ne furent reprises qu'en 1903-1904 par Garstang ; celles d'Abydos, au contraire, poursuivies pendant trois ans par Amélineau, de 1895 à 1898, furent entièrement recommencées, ensuite, par F. Pétrie et ses collaborateurs de YEgypt Exploration Fund, continuées pendant trois ans, et la publication des monuments thinites trouvés dans cette localité ne devait être terminée qu'en 1904. Cette longue série de découvertes, enrichie, à partir de 1900, de celles faites à Hierakonpolis par Quibell, à Bèt-Kliallaf par Garstang, à Saqqarah et à Zaouiet el Arvàn par le Service des Antiquités, aboutirent à manifester l'existence de seize ou dix-huit rois des dynasties antérieures à
1. Bénédite, Le nom d'épervier du roi Sozir, dans liée, de Irtnaux, XYI (189'i), p 104.
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la IVe, désignés, en général, par leur nom cCHorus, et dans un certain nombre de cas, par un nom royal permettant de rechercher leur présence dans les listes et les autres documents d'époque classique. On sait que dès 1897, les noms de Menés, Ousaphaes, Miebaes et Semempses des listes se lisaient, avec plus ou moins de certitude, sur les premiers monuments thinites découverts, et que ces quatre noms étaient attribués en 1900 à leurs Ilorus respectifs.
La mise en ordre de la nouvelle liste royale n'alla pas sans difficultés ni sans erreurs. Nous ne rappellerons pas ici les classifications successivement élaborées par Pétrie, de 1900 à 1902, le travail d'ensemble que Sethe consacra, en 1902, à la revision du système, et l'ouvrage d'Ed. Meyer dans lequel les conclusions de Sethe passèrent presque sans changement en 1904; nous avons, ailleurs', résumé l'histoire et fait la critique de ces différents travaux, principalement de la classification de Sethe-Meyer. Celle que nous avons proposée est à peu dé chose près d'accord avec la précédente en ce qui concerne les onze premiers noms de la série; ce n'est qu'au delà que nous avons eu à détruire, en plusieurs points, des confusions et des erreurs. Plus généralement, nous avons voulu perdre de vue la séparation traditionnelle de la série royale en tranches correspondant aux « dynasties » manéthoniennes, et au lieu de ce procédé de subdivision arbitraire auquel Sethe-Meyer demeurent fidèles, nous nous sommes eff'orcé de reconnaître des groupes royaux vraiment et naturellement caractérisés par les monuments et les inscriptions. Nous sommes ainsi arrivé à définir quatre groupes, dont les deux premiers, qui comprennent chacun quatre rois, peuvent être si l'on veut considérés comme constituant la « 1'*^ dynastie » traditionnelle ; mais le troisième groupe comprend trois rois et le quatrième en comprend six ou sept, de sorte qu'on ne peut songer à une tentative de répartition rationnelle de ces neuf souverains entre les
1. Weill, Nules sur les monumenls de la période thinite, ddus Rec. de travaux, XXIX (1907); p. 4'i-50.
lie et III^ « dynasties ». Le tableau de classification ciaprès, qui serait à continuer par l'Horus Nibmat^ roi Snofrou, pour aboutir au début de la IV^ dynastie, est celui auquel nous sommes finalement arrivé'.
Nous avons pris soin, en publiant ce tableau, de faire remarquer que parmi les faits de classement qui s'y trouvaient réunis, les uns reposaient sur des observations antérieures et très sûres — c'étaient principalement ceux relatifs au premier et au deuxième groupes' — , tandis que d'autres faits, relatifs à la position générale du troisième groupe % à l'existence du quatrième groupe en tant que
1. Ib.^ p, 48-49. V. parliculièrement, pour ce qui concerne certains des rois visés dans cette classification, ih., p. 33-34 {VHorus Narou{?), roi Mer), p. 34-35 (VHorus Zer, roi Ka), p. 29-33 [Sekhemah et Perabsen sont deux Horus différents; cl. ci-après, même chap., § III, C), enfin
p. 26-29 pour Den (^^"^^ est-il bien un nom royal?). En ce qui concerne le
rang qui appartient à ce dernier Horus, nous avons montré ailleurs (t7>., p. .50-52 : Le nom du vignoble sacré sur les cylindres) que certains faits de l'évolution des inscriptions de cylindres montrent, tout à fait indépendamment de la question des noms royaux, que Den est bien antérieur à Azab.
2. Comme nous l'avons observé alors, les rois du second groupe constituent une famille très bien caractérisée par les analogies monumentales. Pour les quatre rois classés avant ceux-là, la comparaison des monuments montre à l'évidence qu'ils sont effectivement antérieurs; le classement de détail de ce premier groupe repose sur des constatations d'analogies dues principalement à Pétrie et à Sethe et auxquelles nous avons essayé, pour notre part, d'ajouter quelque chose (v. note précédente pour renvois divers}. Quant au classement de détail du deuxième groupe, beaucoup plus facile à faire, nous avons rappelé qu'il résulte de certaines particularités des inscriptions des quatre rois et des circonstances de leur trouvaille ; il est absolument certain pour les trois derniers; pour ce qui concerne l'Horus Den, nous renvoyons à ce qui est dit a la note précédente.
3. L'ordre intérieur du troisième groupe est assuré, comme ou sait, par la statue bien connue du Caire. Le groupe est certainement antérieur aux rois qui le suivent dans la classification de Sethe et daas la notre, car Noutirni est nommé avant Khasekhmoui sur la stèle de Palerrae ; mais il est plus difficile de trouver une raison positive pour laquelle les trois rois soient postérieurs au groupe Den-Azab-Semerkha-Qa. Ce classement d'ensemble ne peut actuellement être fondé que sur l'étude de l'évolution des monuments et des inscriptions.
lie ET 111= DYNASTIES ÉGYPTIENNES
NOM D HOHL'S
TREMIETl .iROl'I'F.
^!sS» \arou ^?) ^ (?) Zcr (?).
H Mer.
U Ka (?).
Est ^(1, Meoes, des listes.
.lusiiii'ici .ippelé l'Horos Nnnner. Lrrtnrc fin
nom il'Horiis Omitcuse.
Lecture du uom d'Hortis douteuse. Il n'est pns
certain, daulrc part, que Ko &oit un nom
royal, et que ce- nom appartienne à l'Horus
dont il s'agit^
DEu.\if;MK GRourr;
Ainh.
*— =- Srinerkh.a.
Qa.
ëw Hotepsekiunoui Ranib.
NoiiUrni.
\'0 SeKhemab.
n ^^A^ Periibsen.
YY R'haarklimoui.
Noatii khu-