‹ Les origines de l'Égypte pharaoniqueChapitre 30 sur 135 · Selhe^ Imhotep, p · texte numérisé non relu

Selhe^ Imhotep, p

DOCUMENTS ULTÉRIEUIiS 63

comme le remarque Maspero', on a fort bien pu confondre et identifier entre eux les deux contemporains de la tradition régulière, le roi Zosir-Tosorthros et son ministre Imhotep; qu'il y ait là une assimilation faite par l'esprit égyptien, ou seulement une erreur d'interprétation due à quelque scribe égyptien ou grec, point n'est besoin de remanier le texte manéthonien lui-même qui est parvenu jusqu'à nous.

Ce qu'il y a seulement lieu de retenir de ce passage d'Eusèbe, c'est qu'Imhotep-Asklépios vivait sous le règne de Tosorthros, qui est Zosir-sa, le premier Zosir, d'après la manière dont les éléments les plus certains des listes s'identifient entre eux et s'ordonnent. Or, le Zosir contemporain d'Imhotep dans les inscriptions d'Hammamàt et de Sehel' est précisément, d'après l'inscription de Sehel, l'Horus Noutirkha, de telle sorte que de Zosir-sa et Zosirteti, c'est avec le premier que l'Horus Noutirkha se trouve finalement identifié. Tel est le raisonnement que dès 1892, une fois acquise l'inscription de Sehel, il était possible de faire. Rappelons une dernière fois que cette induction est devenue une certitude en 1900, lorsqu'un nouveau document fit apparaître côte à côte les noms de Zosir-teti et de Noutirkha-Zosir.

Les Egyptiens des époques tardives savaient donc très nettement auquel des deux Zosir de la liste classique le nom dtlorus Noutirkha appartenait : c'était Zosir-sa, sous le règne duquel Imhotep avait vécu. Nous ignorons encore le nom d'Horus de Zosir-teti, et il semble que dans la mémoire égyptienne, il avait laissé un souvenir moins vivant que son prédécesseur, car un seul monument, la statue du prêtre Amasis, les nomme explicitement tous

1. Journal des Savants, 1902, p, 577 et 583; dans le compte-rendu de Vlnihotep de Sethe {ib., p. 57o-585).

2. Brugsch [Sieben Jakre, p. 9-10, et partout ailleurs) l'appelle Tosertasis. On se rend compte avec surprise que Brugsch confond Tosertasiset Tosorthros-Scsortlios, peut-être parce que le détail de la IIP dynastie est incomplet chez Eusèbe. Ce Tosertasis-Tosorlhros une fois supposé, il l'identifie, on ne sait pourquoi, avec Zosir-sa plutôt qu'avec Zosir-teti (Sieben Jalire, p. 9i.

64 lie ET II!» DYNASTIES ÉGYPTIENNES

deux, et dans la plupart des autres cas où l'on voit paraître un Zosir, la mention du nom d'Horus ou bien la présence d'Imhotep montrent qu'il s'agit du premier des deux rois. Il y a doute, à vrai dire, dans le cas du cercueil de Sonbouf, de la statue de Sanousrit II et du papyrus Westcar; mais il est certain que c'est Noutirkha-Zosir qui est nommé dans les inscriptions de Sehel et de Hammamât, dans celle de la stèle du Serapeum, enfin dans Tinscription particulièrement importante de la pyramide à degrés qui fut la sépulture de Noutirkha.

Gomme nous le dirons ci-après (chap. II, § I) et comme il a déjà été remarqué ailleurs', les caractères de l'inscription de. la pyramide sont tels qu'il est certain que sa rédaction remonte efFectivement au règne de Noutirkha- Zosir. On n'en a pas toujours jugé ainsi, et il y a eu jadis une tendance marquée à considérer la décoration de la chambre comme datant d'une époque relativement récente. C'est ainsi que Stern, Steindorff et finalement Borchardt, en 1892, en attribuaient l'exécution à l'époque saïte*. Or, la pyramide de Saqqarah était à ce moment le seul des monuments portant le nom de Zosir qui eut quelques chances de remonter à l'époque même du roi, de sorte qu'en 1892, après la découverte et la discussion de l'inscription de Sehel et les mémoires de Borchardt sur la pyramide à degrés, le roi Zosir était dans cette situation^ au point de vue égyptologique, qu'on possédait sur lui une assez nombreuse série de renseignements plus ou moins tardifs, mais, à ce qu'il semblait, pas un seul témoignage contemporain de son règne. L'état de la documentation égyptologique n'avait point changé lorsqu'en 1894, un peu avant que s'ouvrît l'étonnante période de la découverte de l'Egypte thinite, on apprit l'existence d'une inscription au nom de l'Horus Noutirkha sur une roche du ouady Magharah, au Sinaï.

1. Weill, Notes sur les monuments de la période thinite , V, Formes anciennes du titre d'Or^ dans Rec . de travaux^ XXIX (1907), p. 35-37.

Page 1