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RATTACHÉS PROVISOIREMENT AU QUATRIÈME GROUPE

Q 0 Khnsekhcm..

Khaba.

Epi)i|U(' en toute rigueitr inconnue. Peut-être

voisin de Kliasekhraoui ; peutélrc identique

à Kliaselihmoui.

Voisin de Noullrkha Zosir par un de ses oyiin-

dres; parait être intermédiaire entre Zosir

et Snoirou.

famille monumentale et au classement intérieur de ce dernier groupe, étaient seulement annoncés sous réserve d'une étude comparative à laquelle il serait donné, ultérieurement, tout le développement qu'elle comporte. C'est cette étude comparative que nous allons maintenant entreprendre. Nous irons autant que possible du connu à Tinconnu, en analysant d'abord les monuments deXoutirkha- Zosir, le proche voisin de Snofrou et du début de la IV^ dynastie, et groupant autour d'eux, au fur et à mesure de la constatation des analogies, les monuments royaux thinites qui se révéleront apparentés. Le groupe thinite le plus voisin de la 1V'= dynastie se constituera ainsi de luimême, et nous serons en mesure, ensuite, d'établir ou de vérifier de proche en proche, par la même méthode, la constitution des groupes antérieurs.

Gomme nous le verrons, la parenté de Noutirkha et des autres rois du quatrième groupe, ainsi que leur memphitisme relativement très prononcé, se manifestent surtout dans leurs inscriptions de cylindres, de sorte qu'avant les découvertes de Garstang à Bêt-Khallaf, qui ont fourni la presque totalité des cylindres de Noutirkha, le voisinage du groupe Sekhemab-Perabsen-Khasekhmoui ne pouvait encore êtie constaté, et que Noutirkha-Zosir luimême, dont la pyramide de Saqqarah ne fournit que des inscriptions d'un caractère plutôt archaïque, restait à une distance tout à fait indéterminée des premiers rois de la IV"^ dynastie. Il est curieux de noter que l'Horus Noutirkha, si bien connu depuis 1891 par des témoignages d'époque plus récente, n'est apparu que très tard sur des monuments contemporains de son règne, et que le sol d'Abydos, parmi tant de monuments thinites, n'en a pas, aujourd'hui encore, livré un seul à son nom. Après le basrelief du ouady Magharah, les premières connues des inscriptions du règne de Noutirkha furent celles des petites inscriptions de cylindres trouvées, en même temps que des inscriptions similaires de Nibmat-Snofrou, à Hierakonpolis, parQuibell.

Ile RT II|e DYNASTIES KdYPTIENNES

La pyramide a degrés de Saqqarah,

Nous avons déjà cité, plus haut (v, p. 54), les inscriptions qui encadrent la porte intérieure de la pyramide à degrés. Rappelons que les montants sont ornés du cartouche d'Horus de Noutirkha, répété quatre fois verticalement, tandis qu'une ligne d'inscription horizontale disposée symétriquement, au linteau, donne deux fois le

protocole royal 2^ S^ I «J— =- C^^\ A •

Avant la découverte des premières inscriptions thinites certaines, il s'était manifesté une tendance à attribuer la décoration en carreaux émaillés de cette chambre, avec les textes du cadre de la porte, non à l'époque même de la construction de la pyramide, mais à une époque beaucoup plus tardive, Stern, en 1885 — on ignorait alors que Noutirkha fut le roi Zosir, — se rend compte que la pyramide est très ancienne, mais il attribue les carreaux émaillés à la XXVP dynastie; il observe quele même nom royal Noutirkha se retrouve sur une stèle du Serapeum qui est elle-même de la XXIP dynastie- : nous avons parlé plus haut de ce dernier monument. Steindorff, en 1890, dès qu'on eut lu le nom de Zosir, dans le cartouche ovale, sur la stèle récemment découverte de Sehel et identifié, ainsi, avec le roi Zosir l'Horus Noutirkha, émit l'avis que la porte intérieure de la pyramide ne pouvait remonter au temps de la IIP dynastie, dont l'art trop sommaire était incapable de produire une œuvre de ce genre'. Borchardt

1. Le dessin de ce signe, comme on le dira plus loin, est en réalité un peu plus compliqué, mais son identité ne fait pas de doute.

2. Stern, dans leitschrift, XXIII (1885), p. 90, n. 1 {Die Randhemerkungen zu dem manetiionischeti Konigscannri).

3. Steindorff, dans Zeitschrift, XXVIII (1890), p. 111-112 {Bemerkung etc.).

MONUMENTS ROYAUX DATKS ^\

enfin, en 1896, rappelle les opinions de Stern et de Steindorff, dont il partage la manière de voir tant à cause du style des hiéroglyphes que de la couleur de l'émail et de la nécessité où l'on se trouva de se servir de fil métallique pour fixer les carreaux à la muraille'.

Depuis 1896, mieux renseignés sur les conditions de l'art et de l'industrie à l'époque thinite', nous sommes infiniment plus disposés à admettre que la décoration de la porte de la pyramide remonte au temps de Zosir luimême, et grâce aux analogies de ce monument avec d'autres inscriptions de l'époque thinite, l'hypothèse de cette ancienneté est devenue une certitude ^ On connaît, tout d'abord, le montant de porte en pierre provenant d'Hierakonpolis* dont la décoration est constituée par la répétition, en hauteur, du cartouche d'Horus-Sit de Khasekhmoui : l'analogie avec les montants de la porte de la pyramide de Saqqarah est frappante. Voici ensuite deux exemples de protocoles royaux qui présentent avec celui de la pyramide les analogies les plus instruc- n.^ ci tives. Le premier appartient à Noutirkha lui- *^ <:-Jr> même et se lit sur un des cylindres de Bêt- t\r> ^>-=- Khallaf que nous verrons plus loin ' : ^"^ l*^

La rédaction, comme on voit, est identique à celle de la pyramide, privée toutefois du dernier groupe de deux signes, et de la stèle du Serapeum, sauf qu'au lieu de

f>SS^ nous avons ici simplement fw^. Le groupe fSSS^,

1. Borchardt, Die Tliiïr ous (1er Sliifenpyramide hei Salkarn, dans leitschrift, XXX (1892), p. 83-87.

2. Au leinps des dynasties abydéniennes, ou constate l'existence d'un plancher cousu de fil de cuivre dans un tombeau royal (Amé)ineau, Nouv. fouilles, I, XXX). La fabrication de la terre émaillée, de même, était connue à l'époque thinite, comme le montrent plusieurs fragments trouvés par Amélineau [Nom\ fouilles, I, XXXI ; II, XX ; IV, XLVII ; objets au Musée Guimet, salle des fouilles d'Abydos).

3. W'eill, Notes etc., V. Formes anciennes du Titre rf' Or, dans Rec. de travaux, XXIX (1907), p. 35-37.

4. Quibell, Hierakonpolis, I, pi. II, Monument 'décrit et reproduit ciaprès, même chap., § III. A.

5. Garstang, Mahasnri, VIII, 1; v. ci-après, même chap., § II.

72 Ih ET 111" DYNASTIES ÉGYPTIENNES

comme il a été souvent indiqué, est une forme ancienne

du titre d'Or ^^ qui appartient régulièrement au protocole royal à partir de la IV° dynastie', et sur le cylindre, Ra noub est remplacé par nouh, titre d'or dans sa forme de plus radicale simplicité.

La seconde inscription royale qui nous intéresse, notablement antérieure, appartient à l'Horus Den. Elle donne- :

L'analogie avec l'inscription de la pyramide à degrés est extrêmement remarquable. Gomme l'inscription de la pyramide, celle-ci se termine par le siffne du cercle avec embase. D'autre

O part, à fwc^ « Soleil d'Or », après les

titres royaux et le nom d'Horus, cor-

respond ici le groupe ç^ « Urirus d'Or » ; il semble qu'à l'époque an-

cienne Ç>n^, (""wc^. ^^ soient des variantes encore hésitantes

du titre (Cor qui devait un peu plus tard se fixer en [=^^ et

ç^. « Horus d'Or », « Sit d'Or ».

Quant au signe Q, il n'est évidemment autre chose que la représentation symbolique, bien connue à toute époque, du shennou, orbite du disque solaire et pourtour du monde, de telle sorte que l'inscription de Den est à traduire, en somme : « L'Horus Den, Uraeus d'Or du circuit du monde ». Dans l'inscription de la pyramide à degrés, le Q a indubitablement la même valeur, et pour en finir avec cette inscription, il reste seulement à expliquer la forme anormale du signe précédent, qui n'est autre chose

que le J[ des hiéroglyphes ordinaires avec en plus, au milieu de la tige verticale, une sorte de boucle ornementale à extrémités retombantes. Gomme l'observe Schafer,

1 Protocole de Snofrou au ouady Magharah. LD II. 2. Pétrie, Boyal tombs, II, pi. VII, 2.

c'est le môme signe, ornementé de môme, qu'on rencontre sur le montant en pierre d'Hierakonpolis', On sait que ce montant est décoré, comme ceux de la porte de la pyramide à degrés, du cartouche d'Horus-Sit plusieurs fois répété verticalement; mais de plus, dans ce cas, chaque cartouche est flanqué, latéralement, d'un haut hiéroglyphe

ornemental qui est alternativement le j\ et le |, chacun de ces signes étant enrichi, en son milieu, de la boucle aux extrémités pendantes dont nous parlions tout à l'heure.

Il paraît donc, en fin de compte, que l'inscription de la pyramide à degrés est à traduire comme il suit : « Le Roi du Sud et du Nord, le Double Seigneur IVoutirkha, Soleil d'Or, richesse du circuit du monde ». Il est intéressant de remarquer que cette inscription royale, conçue dans les anciennes formes dWbydos, se différencie profondément, par l'absence du nom royal, de la rédaction des protocoles de la IV'' dynastie : c'est par les textes de ses cylindres de Bét Khallaf, bien plus que par ceux de sa pyramide de Saqqarah, que Noutirkha-Zosir se montre voisin du début des temps memphites.

Les cylindres de Noutirkha-Zosir.

Nous commencerons par noter l'empreinte de cylindre provenant d'Hierakonpolis qui fut découverte et publiée la première (Quibell, Hierakonpolis II, LXX, 3) :

Cf., ci-après, le cylindre de Bêt-Khallaf 'S' Mahasna, pi. X, 10. — Le groupe qui ac- ^ compage le cartouche d'Horus est sans H7— ^ doute une désii>:nation d'office.

1, Aegyptische Insclirifïen aus den Kôn. Museen, I, 1901, p. 1.

74 W ET Kle DYNASTIES Ér.YPTlENNES

A Bêt-Khallaf, maintenant, nous avons une nombreuse série de cylindres, les uns provenant du grand monument de briques qu'on appelle le tombeau de Zosir(Kj; Garstang, Mahasna and Bêt-Khallaf^ pi. VIII-X), les autres, gravés au nom du même roi, provenant du groupe des tombes secondaires K voisines de la grande tombe Kj (pi. XXVI). Nous procéderons à l'examen de ces inscriptions dans l'ordre de la publication de Garstang, en laissant provisoirement de côté, pour éviter toute incertitude d'époque, celles qui ne portent pas de nom royal.

Kl, 1.

Sceau d'office sans nom propre, comme tous ceux des fonctionnaires de Noutirkha que nous verrons ci-après.

L'inscription se compose de deux parties différenciées par le sens de l'écriture et se faisant face. Celle de droite est un protocole royal dont nous nous sommes occupés au paragraphe précédent, à cause de sa qu«si-identité avec celui de la pyramide à degrés, et nous avons vu quelle signification il convient de reconnaître au mot fnn^ qui suit le nom de Noutirkha. La présence de cette forme ancienne du titre (Vor étant un signe d'archaïsme, il est intéressant de remarquer combien, par contre, la partie gauche de l'inscription, écrite de droite à gauche, est de caractère purement memphite. Nous n'avons là qu'un titre de fonctionnaire : « Le prêtre {sain kher-a) du Chacal Apouaitou ». Des mentions de divinités, comme nous verrons, paraissent fréquemment sur les cylindres thinites ; mais aucun autre ne porte, comme celui-ci, le nom explicite de VOuvreur des chemins déterminé par l'enseigne du chacal. De même le

MONUMENTS ROYAUX DATKS 75

titre ^ Q, si connu sous l'Ancien et le Moyen Empire, ne

se rencontre pas dans les inscriptions thinites. Le titre

I ^^, par contre, figure déjà sur des fragments de vases

au nom de l'Horus Qa : | ^^ ^^ ^^^^ d [J « le prêtre de la

Demeure [funéraire] du Double Seigneur Qa » [Royal tomhs I, VIII, 5, IX, 12).

Notons enfin le fait que le nom de Noutirkha, ici comme dans l'inscription de la pyramide, est sans l'encadrement du cartouche rectangulaire, et que le titre d'Horus est remplacé par les titres royaux proprement dits. Cette disposition, comme on sait, n'est nullement irrégulière et se rattache à un type de rédaction très fréquent à l'époque thinite et à l'époque memphite; c'est même le type normal de titulature à l'époque thinite. Nous en avons, ailleurs \ étudié la génération et l'évohition ancienne, et montré comment il a donné naissance aux formules de la IV dynastie et des temps suivants. Rappelons seulement ici qu'à l'époque thinite, le même type de formule se rencontre chez les HorusQa- etNoutirni', mais seulement dans des inscriptions de vases, puis chez Perabsen* et Kha* sekhmoui% dans des inscriptions de cylindres que nous verrons plus loin*^, très analogues à celle que nous avons sous les yeux.

1. Weill, Notes eic.,y\,Ês>olution primiti\>e du protocole pharaonique, daos Rec. de travaux, XXIX (1907), p. 37-43.

2. Amélineau, Nouv. fouilles, I. pi. VIII, même fragment dans Morgan- Jéquier, Recherches, II, p. 241, tig. 812, etSethe, T.eitschri[t, 1897, p. 5; Amélineau, iVoMi'. fouilles, III, pi. XXI, 5; Pétrie, RT I, VIII, 1, 9, 10, 13, \\, IX, Ib, 3, 6, 10, 12; RT II, VIII, 6,7.

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