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les 5™% 6™« et 7""^ des listes : :mw Hesepti =: Ousaphais,
<rr> D Merbap — Miebis, et [^ (le signe véritable est plus particulier) que le papyrus de Turin transcrit, à ce
qu'il semble, |M^4^ Samsou, et à la place duquel la liste grecque inscrit le nom de Semempses. Pour des raisons que nous avons exposées ailleurs S il est impossible de considérer comme certain qu'on possède le nom d'Hesepti-Ousaphais dans les inscriptions abydéniennes. En ce qui concerne Samsou-Semempsès, sa présence sur les mêmes monuments est beaucoup plus probable et peut être considérée, en l'absence de tout argument contradictoire, comme acquise ; mais seul, le nom du 6°*® roi de la P^ dynastie, Merbap-Miebis, figure sur les fragments d'Abydos dans des conditions telles que l'identité soit tout à fait indiscutable.
C'était là une importante indication en faveur de l'authenticité des listes, et d'autant plus intéressante qu'aux alentours du point où la vérification s'était produite et plus bas, du n" 5 au n° 13, les listes grecques et hiéroglyphiques se montrent presque parfaitement en concordance. D'autre part, en même temps que le Miebis certain, le Semempses très probable et l'Ousaphais possible des inscriptions d'Abydos, envoyait paraître sur une plaquette provenant de Negadah et très certainement plus ancienne, le nom de Menés, qui vient en tête de toutes les listes classiques, et l'on pouvait se demander, dès lors, s'il n'y a pas lieu d'établir une présomption d'authenticité pour les
bien un nom loyal'l dans Rec. de travaux, XXIX (1907), p. 26-29.
1. Weill, Notes sur les monuments de la période thinite, I, ^ est-il
DOCUMENTS ULTKRIKIRS 5
indications qui se retrouvent pareilles, en diverses régions des listes, dans une tradition et dans l'autre.
A ces vérifications directes, si l'on peut dire, de la valeur historique des listes, devait se joindre un peu plus tard un cas de vérification négative dont les circonstances méritent d'être rappelées. Sur une des plus anciennes stèles funéraires de Saqqarah, celle de Shiri*, ce personnage est qualifié de prêtre du roi Sendi et prêtre du roi Perabsen, les deux noms royaux inscrits l'un et l'autre dans le cartouche ovale. Sendi est connu par les listes classiques, où son nom occupe la treizième place, dans la liste hiéroglyphique comme dans la liste grecque qui le transcrit Setheiiès; le nom de Perabsen, au contraire, ne figure dans aucune liste, et il était impossible de ne pas remarquer que ces compilations, qui renfermaient tant de noms royaux inconnus par ailleurs, omettaient précisément un nom dont un monument très ancien garantissait l'authenticité. Or, voilà que Perabsen, un jour, sortit des fouilles d'Abydos, et l'on vit que ce nom de Perabsen n'est pas un nom royal proprement dit, mais un nom de Sit^% ce qui est absolument la même chose qu'un nom d'Horus; les noms de cette catégorie, on le sait, sont complètement laissés de côté par les listes, où l'absence de Perabsen est donc aussi naturelle et régulière que l'absence d'Azab, nom d'Horusde Miebis, ou de Noutirkha, nom d'Horus de Zosir. Comment expliquer, maintenant, que le rédacteur de la stèle de Shiri ait enclos le nom de Perabsen du cartouche ovale ? Il se pourrait que ce ne fût pas tout à fait une faute, si l'on observe que le même roi est appelé, dans quelques-unes des légendes à son
nom, i^^ Perabsen'' ou t^ MK Perabsen'', sans car-
1. Nous parlerons de ce monument plus loin, même chap., § V, à propos de la mention du nom royal de Sendi qu'il fournit.
2. Pétrie, Royal tonibs, II, pi. XXXI 'stèles en pierre) et XXl-XXII (cylindres 173-186),
3. Pétrie, Boyal tombs, 1, pi. XXIX (cyl. 87); II, pi. XXlI((yi. 190). l*. Pétrie, Royal tonihs, I, pi. IV, 7.
6 Ile ET nie DYNASTIES ÉGYPTIENNES
touche rectangulaire ni ovale. Cet arrangement, qui n'çst nullement irrégulier et se rattache à un type de rédaction du protocole royal très général à l'époque ihinite et à l'époque memphite*, pnraît suffire à expliquer, dans un cas isolé, la confusion avec un nom royal.
Il n'en est pas moins vrai que sur ce point, les annalistes de l'époque pharaonique et de l'époque grecque étaient plus exactement renseignés que les antiques contemporains du prêtre Shiri, et cette circonstance, jointe à la preuve acquise de l'historicité de Miebis, semble bien indiquer qu'au temps de Seti 1, tout au moins, on possédait encore des documents de valeur appréciable sur l'histoire de la plus ancienne époque. On admettra sans peine que des recueils authentiques existaient encore à ce moment, puisqu'un large fragment d'annales antiques, compilées sous la V^ dynastie, est parvenu jusqu'à nous sur la pierre de Palerme'.
Il y a donc peut-être, pour les premières dynasties, quelque chose à tirer des listes au point de vue historique. Gomment s'y prendre ? Il est reconnu depuis longtemps qu'elles ne concordent pas en totalité, mais parla même, dans les régions limitées où elles concordent, les
1. Cf. Weill, Notes sur les monuments de la période thinite, VI, Évolution primitive du protocole pharaonique, dans Rec. des travaux, XXIX (1907), p. 37-43
2. La slèle de Palerme, connue depuis longtemps, est citée notamment par de Rougé, Six premières dynasties, p. 88.
En 1895, M. Emile Guimet visitant Palerme découvrit par terre, abandonnée dans le coin d'une cour, cette stèle qui portait le nom de Snofrou. Il proposa au conservateur M. Salinas de l'envoyer au Musée du Caire où son importance historique serait utilisée par les égyptologues. Le Musée de Palerme aurait reçu en échange des sarcophages, des stèles, des objets religieux en assez grand nombre pour créer à Palerme une salle égyptienne. Une correspondance fut échangée à ce sujet entre MM. de Morgan. Salinas et Guimet. Mais ce dernier ayant rencontré M. Naville à Deir-el-Bahri, il lui signala la stèle et M. Naville rentrant en Europe passa par Palerme, copia et publia la stèle et, en dévoilant ainsi aux Siciliens la valeur de ce monument, fit sans le vouloir, arrêter les négociations.
La stèle est restée à Palerme où on l'a mise en bonne place.
renseignements qu'elles nous donnent toutes doivent être considérés comme ayant une valeur particulière. Objectera-t-on que les rédacteurs des listes grecques puisaient leurs renseignements dans les listes hiéroglyphiques antérieures, et que par suite, il n'y a pas de signification à attacher aux concordances d'une liste hiéroglyphique et d'une liste grecque ? L'argument ne vaudrait, précisément, que s'il n'y avait pas de discordances. Les discordances prouvent que les sources hiéroglyphiques où puisèrent les auteurs des listes manéthoniennes n'étaient pas les listes hiéroglyphiques mômes qui sont parvenues jusqu'à nous ; c'étaient des documents du même genre, en partie d'accord, en partie en désaccord avec ceux que nous possédons, et qui forcément avaient été rédigés sur des indications plus ou moins différentes. Gomme nous verrons plus loin, rien n'est plus facile que de réduire à une seule les listes hiéroglyphiques, et à une seule aussi les listes grecques, abstraction faite du document d'Eratosthènes; ces deux listes résultantes sont irréductibles l'une à l'autre et représentent deux systèmes historiques qui eurent cours en Egypte soit simultanément, soit à des époques successives. On voit, dès lors, l'intérêt qu'il y a à déterminer les éléments communs aux deux traditions. Le Merbap des fragments d'Abydos et le Sendi du tombeau de Shiri, ne l'oublions pas, se rencontrent aux mêmes rangs dans les deux listes. On ne saurait cependant, sans s'exposer à de grandes déceptions, créer une présomption générale d'exactitude en faveur des éléments communs des deux listes : dans l'état actuel de nos connaissances, une bonne moitié des noms royaux certains fournis par les inscriptions de l'époque thinite sont inconnus des listes classiques, et tout se passe presque, depuis 1897, comme si ces documents avaient fourni d'un seul coup, à cette époque, toute la contribution de vérité dont ils étaient capables'. Mais
1, Cf. Weill, Notes sur les monuments de La période thinite, VIII,
8 lie ET IIl" DYNASTIES ÉGYPTIENNES
le champ des découvertes futures est vaste, et les noms classiques peuvent se présenter à nous, un jour, dans les conditions les moins attendues. D'autre part, les monuments thinites qui sont sortis de terre si nombreux, depuis une dizaine d'années, n'ont encore fourni aucun élément de liste royale^ aucun renseignement positif sur la chronologie et la succession des Horus de cette époque, et pendant longtemps encore, selon toute apparence, chaque fois qu'un hasard heureux nous apprendra le nom royal d'un de ces souverains, c'est aux listes classiques qu'on aura tout d'abord recours pour déterminer ou vérifier son classement. 11 importe donc de les avoir, une fois pour toutes, rationnellement établies.
En réalité, c'est un travail que chaque égyptologue a été amené à faire pour son compte. Si nous le recommençons tout au long dans les pages qui suivent, c'est d'abord que certaines concordances peuvent prêter à discussion, dans la partie des listes qui intéresse le plus particulièrement notre sujet; c'est aussi pour rassembler les documents sous forme de tableaux commodes* et épargner au lecteur le maniement du Syncelle et de la Chronique d'Eusèbe, des massifs Fragmenta historicorum graecorum et du Thésaurus teniporum de Scaliger, chaque fois qu'il sera question d'un nom royal des premières dynasties.
Etablissement de la liste hiéroglyphique.
Les listes royales hiéroglyphiques que nous possédons sont au nombre de cinq, mais deux d'entre elles, la liste de la chapelle de Karnak dite chambre des ancêtres de
Classification monumentale des Thinites, dans Rec. des tras'aux, XXXI 1907), p. 44-50.
1. Les tableaux synoptiques dressés en 1904 par Ed, Meyer (\egyptische Chronologie, p. 125, 145) ont besoin d'être modifiés par endroits; V. notamment l'observation faite à ce sujet ci-après, p. 10, n, 2.
Thoutmès III, et la première table d'Abydos^ sont sans utilité pour les premières dynasties : la table de Karnak ne commence qu'à Snofrou, et quant à celle d'Abydos, dont les indications remontaient certainement plus haut, tous ses cartouches du début sont détruits'. Des trois autres listes, deux sont monumentales, la grande table d'Abydos ou table de Seti I, et la table de Saqqarah ; la dernière est celle du célèbre papyrus de Turin connu sous le nom de canon chronologique. Les trois documents sont réunis de la manière la plus commode à la fin des Recherches sur les six premières dynasties de Rougé, ainsi qu'à la fin de YAegyptische Chronologie d'Ed. Meyer (1904), ce qui nous dispense de nous embarrasser ici de leur bibliographie complète.
La table de Saqqarah n'est pas un document annalistique ; elle se trouvait dans le tombeau de Tounari, ou Tourroui, un fonctionnaire du temps de Ramsès II qui jugea à propos de représenter, en adoration devant Osiris, une série de 52 rois antérieurs désignés par leurs cartouches royaux. Rien n'obligeait, dans ces conditions, à rédiger une liste complète; on fit un choix, on élimina sans doute les anciens souverains dont la tradition ne gardait que peu de souvenirs et dont Tintercession auprès d'Osiris devait être considérée comme moins puissante % et tout le début de la liste fut ainsi sacrifié. La table d'Abydos est un document du même ordre : le roi Seti I prononce le souten ti hotep aux dieux habituels et, de plus, aux rois ses prédécesseurs dont suit une liste de 76 cartouches. Cette liste est donc sensiblement plus complète que celle de Tourroui ; dans la région qui nous intéresse, nous y constaterons cependant quelques lacunes^