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Les deux documents dans Prisse, Monuments, pi. I et II

2. L'adoration collective à Osiris, de la part des prédécesseurs de Ramsès II, a lieu « de par le fait du roi Ousirmari Sotpouniri, etc. », régnant, et les 52 rois nommés sont invoqués par le défunt Tourroui dans le but, pour lui, de participer à leurs aliments éternels de chaque jour.

3. Rappelons, pour ne plus avoir à y revenir, l'existence d'un document

Tout, autre est la nature du canon de Turin, qui est essentiellement une liste chronologique où la durée de chaque règne est minutieusement indiquée et dans laquelle toute omission voulue est inadmissible. Le canon de Turin doit donc être pris pour base de l'établissement de notre liste hiéroglyphique. Mais le papyrus, comme on sait, est en fragments nombreux qui ont été assemblés et numérotés pour ainsi dire au hasard, et la remise en ordre des fragments serait impossible sans le secours des deux autres documents, les listes d'Abydos et de Saqqarah, qui, en dépit de leur nature de listes incomplètes, jouent donc un rôle essentiel dans le travail. Le tableau qu'on trouvera ci-après montre au premier coup d'œil qu'une seule des deux tables monumentales serait suffisante pour imposer la succession des fragments 20, 21, 19, 18 et 31 du papyrus*; le fragment 31 nous conduit jusqu'au seuil de la IV* dynastie, et l'on a la satisfaction de constater que dans cet ensemble une fois remis en place, le mauvais état du papyrus ne cause pas, sauf dans le voisinage du début, de lacunes irréparables.

Les fragments du papyrus ainsi mis en ordre, il faut considérer la liste de Turin comme faisant foi et corriger l'ordre des noms dans les deux autres documents, s'il est

comparable aux listes royales incomplètes de Saqqarah et d'Abydos, à savoir le tableau qui décore une muraille du temple funéraire de Ramsès II à Gournah (LD III, 163), et oîi l'on voit, portées en procession devant le roi, les images de quatorze de ses prédécesseurs avec leurs prénoms. Les douze premiers appartiennent à la XIX* et à la XVIII* dynasties, de Seti I à Ahmès, en remontant, le treizième est un Nibkherouri

de la XI', enfin le dernier est Menés lui-même, dont le nom est écrit L|

La présence de Menés nous oblige, pour ne rien omettre, à donner place à cet élément de liste royale à côté des deux documents plus développés dont il vient d'être question.

1. Entre 18 et 31, cependant, ou plutôt à côté de la fin de 18 et du petit fragment 31, Ed. Meyer place la tête du fragment 32 (Aegjptische Chronologie, pi. IV). V., au sujet de cette combinaison douteuse, la note /; qui accompagne le tableau ci-après.

nécessaire, pour les amener en concordance avec elle^ Le rapprochement des trois listes est fait au tableau ci-après, que nous arrêtons au commencement de la IV'' dynastie. On voit que la liste de Saqqarah, incomplète au début, n'en est pas moins en concordance rigoureuse avec la liste de Turin, sauf pour le cartouche 14, qu'il faut avancer de deux rangs; que cette correction doive porter sur la liste de Saqqarah, et non sur le papyrus, c'est ce que vérifie la liste d'Abydos, dont le groupe des cartouches 14-15-16-17 donne raison au papyrus aux alentours du point considéré.

Turin et Saqqarah ainsi amenés en concordance par cette correction unique, c'est évidemment la liste d'Ab3'dos qu'il conviendra de rectifier en cas de divergence. Dans cette dernière liste, trois groupes de cartouches se superposent immédiatement à ceuxde la liste déjà arrêtée, 6-13, 14-17 et 20-21; entre 13 et 14 paraît exister une lacune de trois noms, ceux des n"^ 8-9-10 de Saqqarah, et entre 17 et 20, par contre, nous avons deux cartouches là où les autres documents n^en admettent qu'un seul, 15 de Saqqarah ; de plus, le nom de Saqqarah et de Turin, à cette dernière place, n'a rien de commun avec l'un ou l'autre des cartouches 18 et 19 d'Abydos. L'un de ceux-ci, 19, est identique à 8 de Saqqarah, et doit par suite être transporté entre 13 et 14, dans la lacune de trois cases dont il occupera la première; quant à 18, on pourrait le laissera sa

1. Dans les tableaux de concordance dressés en dernier lieu par Ed. Meyer [Aegyptische Chronologie, 1904, p. 125, 145), il juxtapose les trois listes hiéroglyphiques sans correction, à l'exemple de Rougé, Devéria et beaucoup d'autres. Des divergences graves apparaissent ainsi relativement aux noms de Nofirkari et de Nibkari. Turin et Saqqarah concordent pour Nofirkari (8 de Saqqarah), mais celui-ci manque à la place correspondante à Abydos, où il ne se retrouve que six rangs pins loin (19 d'Abydos), immédiatement avant Snofrou ; pour Nibkari, de même, Turin et Abydos sont en concordance (15 d'Abydos), mais il est reculé de deux rangs à Saqqarah (14 de Saqqarah) par rapport à la place qui lui appartiendrait. On est donc conduit, lorsqu'on procède ainsi, à admettre l'existence d'un Nihkari II et d'un Nofirkari II que le papyrus de Turin ne connaît pas, et c'est une chose absolument inacceptable.

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place, au-dessous de 15 de Saqqarah, mais il semble préférable de le transporter dans la même lacune entre 13 et 14, immédiatement avant 14 et au-dessous de 10 de Saqqarah, dont le nom, presque complètement en lacune à Saqqarah mais très net au papyrus, a tout au moins un signe en commun avec 18 d'Abydos. Si ces modifications sont admises, il apparaît que la table d'Abydos renferme les irrégularités suivantes :

1" Deux cartouches, 9 et 15 de Saqqarah, y font complètement défaut ;

2° Un autre cartouche, 8 de Saqqarah, correctement écrit, est déplacé de plusieurs rangs au delà de sa position régulière ;

3° Un autre cartouche, qui paraît être 10 de Saqqarah, est complètement défiguré et avancé de plusieurs rangs.

Reste à nous occuper du début de la table, en avant du cartouche 6. Le précédent, 5, est d'accord avec l'indication du papyrus*, mais avant ce dernier nom les lacunes des fragments 1 et 20 du papyrus sont telles que la table d'Abydos devient source principale pour ses cartouches 2, 3 et 4 ; son premier cartouche, d'autre part, celui de Menés, est intact au papyrus, où l'on retrouve également des vestiges suffisamment concordants des cartouches 2 et 4. Un détail bizarre est qu'immédiatement avant le cartouche 4, au papyrus, se lisait un chiffre.

Gomme il est impossible de savoir combien de noms royaux figuraient, au papyrus, entre les fragments 1 et 20, on voit que c'est uniquement sur la foi de la table d'Abydos que les cartouches peuvent recevoir un numéro d'ordre à partir de celui de Menés. Nous verrons plus loin, d'ailleurs, que la liste grecque est d'accord avec la table d'A-

1. Rappelons que la lecture du nom, au papyrus de Turin, était inconnue avant la découverte de la table d'Abydos (v. Lepsius, Der Todtenbuch der Aegypter, p. 11-12, Tet, et Rougé, Six premières dynasties, p. 17 suiv., Tafati), qui révéla la lecture Hesepti et permit l'identification avec VOusaphaidos correspondant de la liste grecque (Rougé, loc. cit., p. 167; Lauth, Manetho, p. 104- Goodwin dans Zeitschrift, 1866, p. 55).

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14 lie ET nie DYNASTIES ÉGYPTIENINES

bydos pour mettre Hesepti-Ousaphais à la cinquième place.

Tout cela ressortira avec plus de clarté des rapprochements du tableau de la p. précédente, dans lequel les cartouches remis en place des tables d'Abydos et de Saqqarah sont signalés par le cercle qui entoure leur numéro d'ordre.

Beaucoup d'observations de détail ont été faites et seraient à rappeler, concernant l'orthographe des noms royaux. On se rend compte, d'une manière générale, que les formes du papyrus et de la table de Saqqarah sont le plus souvent identiques, tandis que la table d'Abydos donne des leçons quelque peu différentes. C'est ce qu'on, voit aux n"' 6 {Merbapen, Merbap), 11 [Binoutirou^ Biiioutirni), 13 (simple différence orthographique), etc. Une divergence plus sérieuse se manifeste au n° 9, Bouzaou à Abydos, Noutii'biou dans les deux autres documents. On connaît bien, d'autre part, le cas du n° 14 d'Abydos, 11 de Saqqarah, correctement écrit Zazai à Abydos, mais Babai à Saqqarah par transcription fautive de l'hiératique*, et l'on a fait des observations intéressantes sur les orthographes dissemblables du 7" nom au papyrus et dans la table d'Abydos : le nom du papyrus, à moitié en lacune, semble pouvoir être restitué en Samsou, et ce vocable, qui peut être exprimé, comme plusieurs autres, par la figure du prince debout portant une canne, constitue une lecture des plus séduisantes parce qu'elle répond bien à Semempsès du septième rang de la liste grecque-.

11 importe de remarquer, maintenant, qu'il n'y a là, presque partout, que de simples différences de forme, et qu'une fois rétabli, comme nous l'avons fait, l'ordre des cartouches dérangés, la liste d'Abydos n'est plus en désaccord avec les autres documents que sur les noms de Bouzaou,

au lieu de Noutirbiou, et "^ | au lieu de Kt-^f L^-l^='- La tradition hiéroglyphique est en somme unique; nous la possédons sous deux formes légèrement différentes,

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