Pétrie, Besearches in Sinaî, 1906, fig. 51 (p
exemples du titre « charpentier royal », J ~~ J,
MONUMENTS KOVALX DITES
combien cette composition était ditférente de celle de l'autre tableau de Snofrou, avec protocole royal développé, et combien celle qui nous occupe ici s'apparentait, au contraire, avec les inscriptions de la période thinite ; nous avons conclu que Snofrou, avec ses deux bas-reliefs
de types différents, datait la période de transition du thinitisme au memphitisme. Peut-être aurions-nous pu pressentir, dès lors, que le règne de Snofrou eut une durée très longue, suffisante pour que la manière de présenter la titulature royale eût le temps d'évoluer ainsi du commencement à la fin; plus loin, au cours du cliap. IV, nous observerons de même que, d'un bout à lautre du règne,
132 II- ET Ill<^ DVNASTIKS EGYI'TIENNKS
l'architecture des tombeaux a évolué dans des proportions étonnantes.
Nous avons noté, d'autre part, que la composition de ce tableau à quatre personnages semblait avoir été directement inspirée par celle d'un bas-relief plus ancien, le premier en date des tableaux égyptiens du ouady Magharah, celui de THorus Semerkha. Ce dernier Horus, sans doute identique, comme on sait, au roi Samsou(?)-Semempses, et en tout cas proche voisin de l'Horus Azab, roi Merbap- MiebidoSj est d'une époque fort antérieure à celle de Snofrou et de Zosir; il n'en sera que plus intéressant de rencontrer sur son bas-relief, le seul monument de grandes dimensions qui remonte à la « I""" dynastie », une série de titres qui ne permettent pas de le placer aussi loin du début des temps memphites qu'on serait tenté de le croire.
Nous reproduisons le monument, ci-contre, d'après les publications faites à la suite de l'expédition de 1904-1905', en renvoyant, pour tous documents et discussions antérieures, à la bibliographie qui accompagne notre publication de 1904 d'après les estampages du Br. Muséum*. Nous ne pouvions, à ce moment, savoir que la figure d'officier avec légende qui occupe la droite du tableau, était de la même époque que le reste des représentations; ce fait important est seulement apparu avec évidence devant l'original, tant à l'aspect de la pierre que par suite de la situation du tableau tout entier sur une paroi rocheuse planée uniformément, d'ailleurs d'accès difficile et très éloignée de tous les autres monuments égyptiens de la localité.
N'était la présence de cette figure d'officier, le tableau serait pour ainsi dire identique à celui de Nibmat-Snofrou que nous venons de voir. C'est le même tableau à quatre personnages, mais rangés sur une seule ligne,
1. Le bas-relief a été publié en photographie par Pétrie dans Harper^s Magazine, février 1906, p. 440 du vol. CXII (moitié gauche du tableau), puis dans Researches in Sinai (1906), fig. 45, 46, 47 (p. 41-42).
2. Rec. du Sinaï, p. 95-99, à quoi il faut ajouter les références bibliographiques données à la note précédente.
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d'abord le roi debout, deux fois, pour coiffer successivement la couronne blanche et la couronne rouge, puis le groupe du roi frappant le prisonnier. Devant la première figure royale et la dernière, le cartouche d'Horus. Le tableau diffère cependant de celui de Snofrou par une perfection d'exécution sensiblement supérieure, et par la singularité de quelques-unes des armes que tiennent les figures royales.
Quant à l'officier avec sa légende, il apparente le tableau non avec celui de Snofrou, mais avec celui de Noutirkha- Zosir et, au delà, avec les tableaux à inscriptions nominatives de la V" et de la VP dynasties. La légende, intacte sur la pierre, donne : « Le prince, chef de troupes, inspecteur
du domaine (?) royal (cii:z:i^).chef de service (?), Soutenzef». Les premiers de ces titres sont purement memphites ; celui de mir mashaoLi, nous l'avons vu, appartient à un des officiers du tableau de Zosir. Egalement memphite est le titre
I, dont nous avons discuté l'élément particulier, le signe du faisceau à ligature tombante, à propos des cylindres étudiés précédemment et particulièrement à propos de celui de Noutirkha, Mahasna IX 5 (ci-nvant, même chap., § II). La seule expression nouvelle pour nous est le nom du
service 4 ^ Il ^^^ '■> ®^ ^^ ^^^ concerne le dernier mot, on pourrait se rappeler que le signe c=' entre dans la composition du nom du service connu ci^ ^ , pi kir outbou ' ; mais le même signe échange également avec \> comme déterminatif, et se rencontre (^omme déterminatif dans le mot, bien connu à l'époque memphite, qu'on trouve sous
es orthographes % ^ t:^ et V-^^^, hait, ahiP : c'est ce
1. Se reportera ce qui est dit plus haut à ce sujet à propos du cylindre RT II 197 de Khasekhmoui (même chap., § III, A).
2. La deuxième forme, avec le double déterminatif, se rencontre plusieurs fois dans les inscriptions d'Amten; quant à la première, elle est très fréquente dans les tombeaux memphites.
dernier mot qu'il semble que nous ayions sur le bas-relief de Semerkha, précédé du qualificatif 50m/^//.
Au bas-relief sinaïtique de Semerkha se rattache historiquement, à ce qu'il semble, la belle plaquette de la collection MacGregor qui provient d'Abydos et porte le cartouche de IHorus Den. On connaît ce petit monument, si souvent décrit et commenté qu'il est inutile de le reproduire ici; bornons-nous à rappeler que, seule des plaquettes de bois et d'ivoire de cette époque, celle-ci représente le roi frappant le prisonnier asiatique tombé, absolument comme sur les bas-reliefs rupestres que nous venons de voir. Quelques légendes, outre le cartouche royal, accompagnent la scène, courtes et très obscures ; l'une d'elles seulement donne à peu près certainement
® K ^ « première fois de frapper les Orientaux ».
Les précédents tableaux de Semerkha, de iXoutirkha- Zosir et de Nibmat-Snofrou étaient connus, plus au moins complètement, avant l'expédition de 1904-1905. Voici maintenant un quatrième monument du même type qui fut découvert par Pétrie, en même temps qu'il retrouvait le bas-relief de Zosir à une dizaine de mètres de distance et sur la même paroi verticale*. L'extrémité droite du tableau, seule, était encore en place, au-dessus d'une grande cavité minière d'origine récente dont les progrés avaient emporté le reste de l'inscription ; quelques travaux de déblaiement dans les décombres de la base livrèrent un important fragment de la partie tombée, dont la combinaison avec la partie intacte permet de restituer assez sûrement la composition de l'ensemble. Celle-ci était analogue, comme on voit, à celle du bas-relief de Semerkha, avec une ou plusieurs figures royales, debout, précédant le groupe du roi frappant le prisonnier tombé*.
1. Découverte annoncée tout d'abord par Pétrie dans Tirnes^ derniers jours de 1904. Cf. Weill dans Sphinx {L'Asie dans les textes égyptiens etc.), IX, p. 63-65. — Les reproductions ci-après sont à l'échelle de 1/5.
2. Pétrie, Researches in Sinai, 1906, fig. 48 (p. 43), tète de roi d'après un dessin de C. T. Currelly ; fig. 49 (p. 44), partie du tableau en [place sur la muraille.
ne ET nie DYNASTIES ÉGYPTIENNES
Le cartouche d'HorusS deux fois répété, est celui (qu'avaient fourni tout d'abord, en 1902, certaines empreintes de cylindres de Bêt-Khallaf dont nous parlerons tout à l'heure [Mahasna and Bêt-Khallaf, pi. XIX) ; le
A A/VNA/NA
nom qu'il renferme avait été transcrit par Garstang J[ ^^^ , lecture immédiatement combattue par Sethe [Mahasna,
p. 24-25, cf. Beilrage zur àltesten Geschichte^ 1902, p. 38).
qui lui substituait avec raison la transcription Sanakht. Sethe, de plus, a remarqué sur l'une des empreintes de Bêt Khallaf la partie inférieure d'un cartouche ovale avec embase dans lequel subsistent des tra-
1. C'est ce même cartouche, à n'en pas douter, que A. Ricci a vu à Magharah en 1820, qu'il a noté sous la forme "Pv et qui a passé,
ainsi, dans le Kônigshuch. de Lepsius (aux noms inconnus, n°905);
est vérifiée par 1897, p. 6, n. 4)
mil
la provenance de ce cartouche du Kônigshuch
une note de Lepsius dont Sethe [Zeitschrift,
a eu connaissance. Pour Ricci et ses notes égyptiennes du Siuaï, v.
Weill, Rec. du Sinaï, p. 64, n. 1 et p. 91.
Longtemps après Ricci, en 1868, E. H. Palmer vit et nota sommairement le bas-relief, inaccessible au fronton de la carrière; son croquis infoime permettait pourtant de deviner un tableau d'époque archaïque (v. Weill, Bec. du Sinaï. p. 154-155).
MONUMENTS lîUVAl \ DATÉS 137
ces du signe U, et croit pouvoir restituer en toute certitude le nom royal u qui précède ceux des deux Zosir au papyrus de Turin et dans la table de Seti I. Cette lec-
ture hardie entraîne l'identification de l'Horus Sanakht avec le roi Nibkari-Necherochis, voisin immédiat de Zosir', et l'on doit reconnaître que les faits s'accordent
1. V. le tableau des concordances de la liste hiéroglyphique et de la liste i^recque qui résume le § IV du chap. I ci-avant. On se rappelle que Nibka-Nibkari, qui précède les deux Zosir dans les listes de Turin et d'Abydop, les suit, au conliaire. dans la liste de Saqqarah, et aussi dans
bien avec l'hypothèse de ce voisinage; non seulement, en effet, les tombeaux Kl et K2 de Bêt Khallaf, où ont été trouvées respectivement les empreintes de Noutirklia et de Sanakht, sont à proximité immédiate l'un de l'autre et de construction remarquablement similaire ', mais à Magharah, comme nous l'avons dit, les bas-reliefs aux noms des deux rois se trouvent côte à côte sur le même rocher et au-dessus des mêmes excavations; leur voisinage chronologique apparaît donc comme extrêment probable.
Et pourtant les deux monuments de Magharah n'ont pas d'analogie dans le détail de la facture. Celui de Zosir est une juxtaposition désordonnée d'inscriptions partielles qui toutes, y compris le tableau royal, sont d'exécution assez grossière; le bas-relief de Sanakht, au contraire, est une œuvre d'art admirable, soigneusement composée, encadrée, d'une délicatesse de modelé extraordinaire dans les figures encore en place sur la muraille. Mais de pareilles différences tiennent uniquement à l'habileté plus ou moins grande d'un ouvrier, et il n'est permis en aucun cas de conclure de là à un écart de date notable, encore moins à l'antériorité du monument le moins parfait : à Magharah même, le bas-relief de Semerkha n'est-il pas d'un caractère plus artistique et mieux composé que celui de Zosir et celui du type thinite de Nibmat-Snofrou?
En ce qui concerne les représentations, les tableaux de Noutirkha et de Sanakht diffèrent aussi sensiblement, et certains détails chez Sanakht sont des plus étranges. A l'extrémité droite, devant le roi debout et son cartouche d'Horus se trouve le chacal sur la perche, face à droite, tout à fait comme sur la plaquette Mac-Gregor et d'autres petits tableaux de THorus Den '; mais qu'est ce que le signe
à gauche de la perche du chacal, et à droite, le faucon
la traditioQ du papyrus Westcar; mais c'est le papyrus de Turiu qui doit faire toi.
1. V, les plans d'ensemble de Garstang, Mahasna^ pi. I, II, et les plans et coupes des tombeaux au même ouvrage, pi. Vli, XVIII.