V. par exemple, les plaquettes RT I, XIV
sur une petite perche, au sommet d'une façade rectangulaire? Il semble que ce dernier rébus soit à interpréter
comme le groupe |^ des hiéroglyphes ordinaires, i^«^/ior. Le fragment de gauche du tableau, en effet, montre vis-àvis du roi frappant le prisonnier et du cartouche d'Horus, une enseigne divine face à gauche; c'était sans doute celle de Hâthor, car le fragment conserve, à droite de la perche
de l'enseigne, la fin de la légende connue ... ^ u ^ ■> « Dame du fkat^ ». Cette mention est maintenant la première en date de toutes celles qu'on connaît du minéral que les Egyptiens allaient chercher au Sinaï-.
Tels sont les monuments de Magharah antérieurs à la période memphite proprement dite. Il est curieux maintenant, lorsqu'on compare entre eux ces grands tableaux de Semerkha, de Sanakht, de Noutirkha et de Nibmat, de se voir obligé d'avouer que si nous n'avions pas d'autres monuments pour classer entre eux ces rois, nous commettrions peut-être de grosses erreurs dans le rangement. La chose est surtout sensible en ce qui concerne l'emplacement de Sanakht. Le voisinage de son bas-relief avec celui de Noutirkha ne prouve, en somme, pas grand'chose; son nom royal de Nibkari est problématique, ses empreintes de cylindres de Bèt-Khallaf, peu nombreuses et très détériorées, ne permettent aucune comparaison probante, et nous ne saurions absolument pas où le mettre si le tombeau où ces empreintes ont été trouvées n'était pas si évidemment apparenté avec celui qui a fourni les empreintes de Noutirkha. On est tout disposé à admettre, comme conséquence, que Sanakht est le voisin immédiat de Noutirkha-Zosir, mais on serait heureux qu'une bonne collection d'empreintes de cylindres vînt confirmer, par
1, La place manque, sous la plate-forme de l'enseifi^ne diviue, pour
restituer la forme complète OT^ \ 1 ^ avec le m. On connaît d'ail-
leurs des exemples, à l'époque ancienne, de la forme simple f/cat au lieu de la forme préfixée mafkat ; v. Weill, Rec. du Sinaï, pp. 49-50 et 110. 2, Sur la nature du mafknc ou flcat^ v. Weill, Rec. du Sinaï, p. 23-25.
Ile ET 111" DYNASTIES ÉGYPTIENNES
des analogies de rédaction et de titulature, une parenté aussi intime.
Ce résultat, malheureusement, n'est pas acquis; les seules empreintes de Sanakht qu'on possède sont celles de Mahasna^ pi. XIX. Les fragments 1, 2, 3, 4, 10 ne conservent que des lambeaux du nom d Horus et ont permis la reconstitution du cartouche' du n° 5 ci-dessous; le n" 6 donne le
■ .. , \^ groupe ^^ I à côté du cartouche, et cela =±!±==r1 ' l'apppelle le cylindre de Noutirkha Mahas-
^ii5«sœss^
na XXVI, 8 vu ci-avant (même chap., § U). Le n" 7 est celui où Sethe restitue le cartouche ovale de Nibka ; nous le reproduisons ci-contre; un titre de fonctionnaire, sur ce cylindre, semble devoir se lire
I yLM \^—^ K-M , « chef des greniers ». Le n° 8, enfin, donne
à côté du cartouche d'Horus le titre bien connu ^ ^ « crieur ». Les autres empreintes du tombeau, qui ne portent pas de nom royal, seront examinées au chapitre suivant.
Résumé du § IV.
Nous mettrons en place les faits nouveaux rencontrés, dans les cadres employés déjà pour les résumés des §§ II et III qui précèdent.
I. Parenté de l'intérieur du groupe Noiitirkha-Khasekhmoui-Perabsen-Sekhemab , — auquel il faut maintenant adjoindre Sanakht, — ■ à l'exclusion des autres Thinites :
Rien de nouveau concernant Khasekhmoui, Perabsen et Sekhemab. Un nouvel Horus, Sanakht, s'est introduit dans le groupe, comme proche voisin de Noutirkha par la
1. Pour apprécier l'habileté de cette reconstitution, il faut se rappeler que le cartouche du ouady Magharah n'était pas encore découvert.
situation et l'architecture des deux tombeaux de Bôt- Khallaf. Une empreinte de cylindre semble indiquer que l'Horus Sanakht est le roi Nibkari, prédécesseur immédiat de Noutirkha-Zosir.
II. Relations du groupe avec le début de la période memphite, et :
III. Relations du groupe avec les Tbinites antérieurs : Ces deux derniers ordres de faits, ici, ne sont pas sépa-
rables. Les monuments de Zosir et de Sanakht, au Sinaï, sont apparentés, d'une manière pour ainsi dire uniforme et indépendante de la situation chronologique, avec le basrelief antérieur de Semerkha, qui remonte à la « I"' dynastie », et l'un des deux bas-reliefs de Snofrou, au début de la IV^. Ces divers monuments, nous lavons observé, ne pourraient être classés chronologiquement entre eux d'après leurs seuls caractères. Notablement différents des bas-reliefs de la période suivante, ils se ressemblent par la composition et le mode de rédaction du protocole royal, et forment ainsi un groupe assez bien caractérisé pour qu'on se demande si l'époque de Semerkha est aussi éloignée du début de la IV'= dynastie qu'on est tenté de le croire tout d'abord. Nous avons déjà noté, dans les inscriptions (résumés des ^§ Il et III, ci-avant), de nombreuses mentions communes à l'époque de Noutirkha- Zosir et à la période antérieure ; nous croyons maintenant apercevoir, grâce aux caractères si peu archaïques du basrelief de Semerkha*, que l'évolution thinito-memphite a marché relativement vite et que les dynasties qui ont pré cédé la IV n'ont pas rempli, au total, un grand nombre de siècles.
1. La même considération, à peu de cliose près, contribue à induire Naville eu cette erreur que Semerklia est d'une époque plus récente que la a I"'^ dynastie » [Les plus anciens monuments égyptiens, III, daus/?ec. de travaux, XXV, 1903; p. 219).
14îi ile ET llle DYNASTIES ÉGYPTIENNES
Les inscriptions du groupe Hotepsekmoui-Ranibnoutirni.
Si l'on se reporte aux résumés où sont consignés, à la fin des §§ II, 111 et IV qui précèdent, les résultats progressifs des comparaisons que les monuments nous ont conduits à faire, on verra qu'ils permettent de conclure, en fin de compte, qu'à la fin de la période thinite, immédiatement avant le début des temps memphites, il existe un groupe royal dont les membres sont apparentés entre eux par des analogies monumentales particulières. Cette famille comprend essentiellement les quatre Horus, — ou Sit, ou Horus-Sit, — Noutirkha, Khasekhmoui, Perabsen et Sekhemab ; le plus voisin des Memphites, d'après ses monuments, est Noutirkha (résumé du § II : sa pyramide, certains de ses cylindres); des trois autres, le plus étroitement apparenté avec Noutirkha est Khasekhmoui (résumé du ^ II : le montant en pierre d'Hierakonpolis et la porte de la pyramide de Saqqarah, certains cylindres), et Khasekhmoui, dont les monuments ont de remarquables points communs avec ceux de Sekhemab et de Perabsen, est surtout voisin de Perabsen (résumé du § III) ; on sait d'ailleurs que Sekhemab, très voisin de Perabsen, est son prédécesseur (résumé du § 111 : leurs cylindres à tous deux dans un tombeau du temps de Perabsen), et l'on a la preuve que Perabsen est antérieur à Noutirkha (cylindre de Perabsen chez Noutirkha, à Bêt-Khallaf). On a été conduit, ensuite, à considérer comme faisant partie de la même famille un cinquième Horus, Sanakht, très proche de Noutirkha (résumé du § IV : tombeaux de Bêt-Khallaf) ; on sait que Noutirkha est le premier des deux Zosir de Ja liste hiéroglyphique classique, de sorte que si l'on admet, avec Sethe^ que l'Horus Sanakht est le roi Nibkari, on
MOiNUWEMS ROYAUX. DATÉS 143
devra considérer que Sanakht est le prédécesseur immédiat de Noutirkha: mais ce dernier détail de ranorement n'est évidemment pas certain. L'ensemble des indications qui précèdent se résume, pour le groupe, dans la mise en ordre chronologique que voici :
Sekhemab j
Perabsen I a
rri 11 -y ordre certain :
Ivnaseknmoui f '
Noutirkha )
Sanakht, position exacte indéterminée, mais
très voisin de Noutirkha.
C'est le quatrième groupe annoncé et détaillé au tableau de classification générale qui figure au début du présent chapitre, et l'on voit que 1 existence de ce groupe en tant que famille monumentale, ainsi que son classement intérieur, doivent être considérés maintenant comme démontrés.
En ce qui concerne le troisième groupe du tableau, celui des Horus Hotepsekhmoui, Ranib et Noutirni, plusieurs circonstances notables du classement sont dès à présent acquises. D'abord, le classement intérieur (statue du Caire, dont il sera parlé dans un instant) ; ensuite, le fait de l'antériorité des trois rois par rapport au qaalrièjne groupe, établi par les mentions successives de Noutirni et Khasekhmoui sur la stèle de Palerme, ainsi que par la présence d'objets inscrits aux noms de Hotepsekhmoui et Noutirni dans des tombeaux du temps de Khasekhmoui et de Perabsen. Il reste seulement à nous assurer que ce troisième groupe est bien à sa place entre le deuxième et le quatrième, c'est-à-dire que les trois rois qui en font partie sont postérieurs au groupe Den-Azab-Semerkha-Qa. Or, toute indication auxiliaire fait ici défaut, et ce classement d'ensemble ne peut être fondé, s'il est exact, que sur la comparaison des monuments et des inscriptions; c'est dans ce but, principalement, que nons allons maintenant analyser les inscriptions du groupe des trois rois.
Leurs cartouches d'Horus sont connus depuis longtemps par la statue agenouillée de style archaïque (1 du Caire)
144 11« ET nie DYNASTIES ÉGYPTIENNES
qui porte sur l'épaule l'inscription souvent publiée déjà
On ne fit jamais difficulté d'admettre qu'ily avait là trois rois, ayant régné consécutivement dans l'ordre de l'inscription et que le personnage représenté pouvait avoir successivement servis. La statue, dans ce cas, serait de l'époque du dernier d'entre eux, qui est Noutirni, mais cela n'est pas absolument certain; le personnage peut être simplement chargé du culte des trois rois, comme nous en avons vu, ailleurs, de nombreux exemples, et alors sa statue serait postérieure au règne de Noutirni d'un plus ou moins grand nombre d'années. L'intervalle, toutefois, ne saurait être très considérable, car les inscriptions de la statue, comme nous allons le voir, l'apparentent surtout avec de très anciens monuments épigraphiques.
En ce qui concerne particulièrement l'époque de Noutirni, on sait depuis 1896, et beaucoup plus nettement depuis 1902, que les annales de son règne étaient détaillées, à leur place, dans l'inscription de Palerme% dont le fragment subsistant conserve la mention de quinze années consécutives de Noutirni, depuis la sixième ou la septième ' (face antérieure, l. 4); au-dessus, dans lemplace-
1. Grébaut-Maspeio, Le Musée Égyptien (1890-1900), pi. XIll et p. 12- 13; Jéquier dans Morgan, Recherches, II, pi. IV et p. 253; Amélineau, Nouv. fouilles, I. p. 254.
2. Publications : Pellegrini, Nota supra un' iscrizione Egizia del Museo di Palermo, dans Archis'io storico Siciliano, nuova séria, XX (1896), p. 297-316; Naville, La pierre de Païenne, dans Bec. de travaux, XXV (1903), p. 64-81 ; Schiller, Ein Bruchstûck altàgyptischer Annalen, dans Ahhand. d. Berl. Ak. d. Wiss., 1902.
3. Tous les deux ans, sous le règne de Noutirni, il y a « procession d'Horus » et « inventaire » du domaine royal; et chaque inventaire, Comme on sait, porte son numéro d'ordre. Or, le premier inventaire dont le fragment de Palerme garde la mention est le quatiième.
ment réservé à l'indication des noms royaux, on lit
« Horus NouUrni, fils' de Noub... ». Une ligne plus bas, sous la rubrique de la quatorzième ou quinzième année- d'un roi dont le nom est perdu, est mentionnée la « naissance du roi Khasekhmoui », ce qui montre que le règne de Khasekhmoui dut suivre celui de Noutirni d'un nombre d'années assez considérable '.
La base de la statue du Caire porte une inscription toute différente de celle de l'épaule, moins connue et qui n'a été publiée qu'une fois*; elle est gravée à plat horizontalement sur le socle, dont elle occupe deux bords aux genoux du personnage :
est frappant, et il
n'est pas facile de tout y comprendre. Maspero
transcrit [loc. cit.), renversant tous les signes :
« Proscynème au prêtre, grand de la maison de Thot, Thotdouît(?) », mais on ne voit pas que cette interprétation ait chance d'être exacte. Nous proposons, sous toutes réserves, d'ordonner et de lire l'inscription de la manière suivante :
1. Gi'oupe expliqué par Sethe dans Garstang, Mahasna, p. 20. Le
'1 ^^ . If ^^ 1 "^^ 1 %
ÊCroupe -4- .... rcn se retrouve sous la forme -i- ^ Yj>
O r y /www MVNAAA T 1 ~VV/V\A T 21
dans de nombreuses inscriptions de cylindres de l'époque de Kasekhmoui et Noutirkha, que nous verrons passer au chap. suivant.
2. Année qui suit celle de la « septième fois de l'inventaire » ; cf. la n. 3 de la p. précédente.
3. Des spéculations d'un grand intérêt sur la restitution chronologique des parties manquantes de la stèle de Palerme ont été tentées par Sethe [Beilrâge etc., 3. Die Einrichtung des Steines von Palermo, p. 42- 59) et Ed. Mcyer {Aegyptische Chronologie, p. 181-20'i, pi. VI, VU).
4. Grébaut-Maspero, Le Musée Egyptien (t890-l<)00), p. 12-13.
146 11' ET lll"^ DYNASTIES ÉGYPTIENNES
« Le chef du service-rouge^ et des purifications, celui qui procède aux offrandes, Tamerithot ». Si c'est vraiment l'hiéroglyphe du dieu Thot que représente cette image d'oiseau sur un perchoir, il convient d'interpréter de même la figure semblable de l'inscription de l'épaule, qui donnerait ainsi la série complète des personnes que servit le prêtre Tamerithot : le dieu Thot et les trois rois dont il fut le fonctionnaire ou le prêtre funéraire.
L'expression r?s3 n'est inconnue ni à l'époque tliinite ni
plus tard. Le titre ,__^ ° "^^j tout d'abord, comme l'a observé Naville-, se rencontre sous l'Ancien Empire^ et sous la XIP dynastie *, et le mot i"?s>, qui figure aux Pyramides
sous la forme ^ ° ^^^ , ^ - ", est celui même qu'on rencontre à l'époque classique sous l'orthographe complète
AAAAAA 6
« rosée, aspersion, émanation liquide, sécrétion^». Quant au sens exact du mot dans le titre qui nous occupe, il semble être indiqué par la présence du groupe rfc? sur une plaquette de Semerkha*, où il figure
1. Au sujet du « Service rouge », pidoskiri, et de sa correspondance
possible avec | , le « Service blanc >-, v. ce qui est dit ci-avant, même chap., § III, A, à propos du cylindre de Kliasekhmoui BT II 191.
2. Plus anciens monuments égyptiens, III, dans Bec. de travaux. 1903, p. 210.