‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 114 sur 163 · H. E., IV · texte numérisé non relu

H. E., IV

2. Les mss. grecs ont : SiaSoy v;. Les éditeurs Valois et Heinichen, d'après Savilius, ont proposé la correction Sta-uptêr^v qui est adoptée par M. Ad. Harnack, dans l'édition de Clément Romain déjà citée (Proleg.. p. XXVIII, n. 4). La correction se réclame de la traduction de Rufln (« cura autem venissem Romam pennansi inibi donec Aniceto Soter et Soteri successit Eleutherus »); cette traduction s'écarte notablement du texte grec que nous possédons, mais elle s'accorde avec un autre passage d'Eusèbe (H. E., IV. 11. 7), où cet historien dit qu'Hégésippe resta à Rome jusqu'à l'épiscopat d'Éleuthère. Le texte des mss., au contraire, est corroboré par la version syriaque (cfr. Lightfoot, S. Clément of Rome, I. p. 154). La question est importante pour la chronologie de la vie d'Hégésippe, puisque selon le texte des manuscrits Hégésippe aurait séjourné à Rome sous l'épiscopat d'Anicet (155 environ à 166 ou 167), tandis que d'après la glose des éditeurs ce serait avant Anicet. Le contexte autorise les deux lectures, mais il est bien hardi de substituer, sur la seule autorité de Rufln, une expression somme toute peu usitée au terme donné par tous les manuscrits. Ce qui n'est pas douteux, c'est qu'Hégésippe avait grand souci de la 8taSojc r; épiscopale et que, s'il avait connu une liste établie de la succession épiscopale romaine, il n'aurait pas manqué de la faire valoir.

faite, mais qu'il fut ob.ligé d'en colliger les éléments. Or, cette liste qui eût^ en effet, été fort précieuse, le grand collectionneur de listes épiscopales, Eusèbe, ne l'a pas reproduite. Il ne manque pas de citer celle d'Irénée. Quoiqu'il connaisse fort bien les Hypomnêmata d'Hégésippe et qu'il cite, comme nous venons de le voir, le passage où celui-ci s'occupe de la succession épiscopale romaine, il ne reproduit nulle part la série des évêques romains établie par cet antique témoin. Cette prodigieuse lacune, qui jure avec l'œuvre entière d'Eusèbe, ne comporte que deux explications. Ou bien la liste dressée par Hégésippe différait trop des autres catalogues postérieurs dont disposait Eusèbe, en sorte qu'il lui a paru préférable de la passer sous silence ; il accuse, en effet, Hégésippe, au début du chapitre que nous venons de citer, d'avoir fait une trop large part à ses opinions particulières (t:-^? 18!aî YVc6;jL-riî TrXrjpeo-TàTYiv [JivvjfJiTjV y.a-uaXÉ-

XotTTEv). Ou bien, — ce qui nous paraît beaucoup plus vraisemblable, — Hégésippe dans ses Hypomnêmata se bornait à déclarer qu'il avait reconstitué la succession régulière des évoques de Rome antérieurs à Anicet, mais ne donnait pas leurs noms, pas plus qu'il ne donnait la liste des évêques de Jérusalem, quoiqu'il portât un intérêt tout particulier à la chrétienté palestinienne dont il faisait lui-même partie^ ; Dans les deux hypothèses le témoignage d'Hégésippe tend à prouver qu'à l'époque où il visita Rome il n'y avait pas encore de succession épiscopale faisant autorité dans la communauté romaine.

La même conclusion ressort d'ailleurs des divergences que présentent les premières ^successions épiscopales dans les divers catalogues des papes". S'il y avait eu de bonne heure

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