Voir plus haut, p
2. Cfr. IV. 1. — Une quantité de passages évangéliques montrent encore ici la parenté étroite de la Didachê avec les recueils des « dires » de Jésus conservés par l'Évangile de Matthieu. Ainsi : vu. 1 : « Ne jugez » pas afin que vous ne soyez pas jugés » ; vu. 15 et suiv. : « Mettez-vous en » garde contre les faux prophètes qui viennent vers vous vêtus comme )) des brebis et qui, à l'intérieur, sont des loups ravisseurs. C'est à leurs » fruits que vous les connaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines » ou des flgaes sur des chardons? » vu . 21-23 : « Ce n'est pas tout homme » me disant : Seigneur, Seigneur ! qui entrera dans le Royaume des cieux, » mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur ! n'est-ce pas )) en ton nom que nous avons prophétisa et en ton nom que nous avons » chassé les démons, et en ton nom que nous avons fait beaucoup de » miracles? Et alors je leur déclarerai : Je ne vous connais pas; écar- » tez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité, »
la dissolution de la fraternité établie sur cette base morale, il ne faut pas les écouter (xi. 2).» Plût au ciel que les chrétiens se fussent toujours souvenus de ces sages préceptes !
Les apôtres ne peuvent être que des itinérants. Les prophètes peuvent dans certaines circonstances s'établir à demeure dans une église. Mais alors encore il importe que ce ne soit pas avec des vues intéressées. Il y a, en effet, dans les avantages et les honneurs qui leur sont réservés de quoi tenter les intrigants. A eux les prémices du pressoir et de l'aire, des bœufs et des moutons, du pain^ du vin et de l'huile, un prélèvement sur l'argent, les vêtements, bref sur toute espèce de biens. Car ils sont les grands prêtres des chrétiens (ch. xiii en entier).
Voilà une déclaration de la plus grande importance. La transition du sacerdotalisme de l'Ancien Testament à celui du catholicisme naissant s'éclaire, grâce à elle, d'un jour tout nouveau. Tandis que l'auteur foncièrement alexandrin de VÉpttre aux Hébreux, fidèle à la typologie philonienne, transpose au mode spirituel, dans le ciel, les institutions concrètes du sacerdoce juif ; tandis que les judéo-chrétiens légitimistes de la communauté primitive de Jérusalem rêvent d'un sanhédrin reconstitué suivant une copie servile de l'organisation ecclésiastique juive ; tandis que Clément Romain, plus positif et plus cérémonialiste que les purs Alexandrins, en véritable Romain qu'il est, s'efforce de renouer les liens de la tradition régulière en dégageant les rapports directs des institutions chrétiennes avec le culte ]évitique\ l'auteur de la Didachê, antilégaliste, très détaché du cérémonialisme, mais porté à conserver les choses traditionnelles, spiritualiste pratique, mais étranger à l'allégorie méthodique et savante de l'école^ assimile simplement au plus haut dignitaire du judaïsme traditionnel celui qui, dans chaque église, est le
1. Voir plus loin, § 5, ce qui concerne VÉpitre aux Hébreux et la lettre de Clément Romain.
véritable directeur de la vie spirituelle, l'organe de l'esprit divin, l'homme privilégié dont les prières doivent avoir par excellence cette puissance d'intercession que VÉpître de Jczcg Mes attribue aux prières des plus zélés \ Ainsi partout le même besoin de rattacher la nouvelle à l'ancienne alliance; mais les méthodes diffèrent suivant la nature particulière des divers groupes de chrétiens primitifs, et chacune d'elles renferme sa part de vérité. Au point de vue historique saint Paul a raison de voir dans l'ancienne alliance la préparation de la nouvelle; le Christianisme est sorti du Judaïsme. Au point de vue philosophique les chrétiens alexandrins ont raison d'affirmer que dans les institutions juives l'idée religieuse et morale importe seule, tandis que les formes concrètes sont temporaires et doivent disparaître lorsqu'elles ont cessé d'être utiles. Mais les simples chrétiens de la Didachê n'ont-ils pas, ici comme ailleurs, conservé plus fidèlement l'esprit de leur Maître, lorsqu'ils ont affirmé que dans la nouvelle alliance la place d'honneur, assignée dans l'ancienne au grand prêtre, devait revenir au prophète? Certes, il n'y a rien de plus différent du prêtre que le prophète ; mais c'est justement par la substitution du second au premier que le Christianisme a repris la vraie et bonne tradition du Judaïsme et qu'il a été véritablement une nouvelle naissance à la vie spirituelle.
A côté des apôtres et des prophètes la Didachê connaît encore des didaskaloi. D'une façon générale, tous ceux qui instruisent leurs frères rentrent dans la catégorie des oioàaxovTEç (ch. XI, V. 2). La fonction du prophète est StSàaxetv -uV àXïieeîav (xi. 10, 11) ; il est digne de recevoir sa nourriture cbffa'ktùç StSàaxaXoç àXifiOtvôç (xiii. 2). Mais il devait y avoir aussi, dans les communautés d'où émane le texte, des instructeurs proprement dits, qui n'étaient pas des prophètes, puisqu'au
Cliap. XV, V. 1, il est parlé de la Xei-roupYia tôjv Tcpocp-rjTÔJv xal StSaff- 1. Voir plus haut, p. 232 et suiv.
xàXwv. La Didachê ne contient pas d'autre indication sur le rôle de ces didaskaloi ; mais ici le nom en lui-même est parfaitement clair. Dans tous les documents de la première littérature chrétienne il a le même sens que nous avons déjà déterminé en étudiant les communautés pauliniennes. Le didaskalos est le maître d'école ou le catéchiste des premières églises ^ Il semble qu'il doive être rangé parmi les dignitaires sédentaires. Les deux seuls passages où le nom paraisse, traitent des prophètes qui s'établissent à demeure dans une communauté déterminée et des administrateurs qui, par la nature même de leurs fonctions, sont attachés à une seule église.
3. Les Fonctions administratives. Transition aux fonctions spirituelles. — L'attribution de la plus haute dignité aux prophètes et les grands avantages qui leur sont assurés par la discipline de la Didachê prouvent, jusqu'à l'évidence^ la prépondérance des fonctions spirituelles dans les chrétientés syro-palestiniennes vers la fin du premier siècle. L'inspiration est encore la source par excellence de l'autorité, comme dans les toutes premières communautés, et l'inspiration ne se transmet pas hiérarchiquement. Elle surgit là où il plaît au Seigneur. Aucun ordre ecclésiastique n'est chargé de conférer des pouvoirs spirituels, ni même de juger de la valeur des enseignements. Le contrôle administratif de la vie religieuse n'existe pas. La vieille liberté règne encore. Les communautés sont souveraines et parfaitement indépendantes les unes des autres. Cependant comme l'expérience a prouvé les dangers de l'anarchie, une sorte de règle morale tend à prévaloir, dépourvue de tout élément
1. Voir plus haut, p. 127, 167, 231. — On ne constate pas dans la Didachê la mauvaise humeur à l'égard des didaskaloi, que nous avons relevée dans VÉpître de Jacques.
dogmatique; un certain ensemble de « dires du Seigneur », dont l'autorité est acquise, sert de pierre de touche pour Tappréciation des enseignements npuveaux que les missionnaires et les inspirés proposent, et certaines formes liturgiques sanctionnées par l'usage sont recommandées à l'exclusion des autres. Mais c'est à la collectivité de chaque église que ces recommandations sont adressées.
Évidemment, il n'y a guère de place encore dans une organisation élémentaire de ce genre pour des autorités ecclésiastiques. Aussi la Didachê ne mentionne- t-elle qu'au second rang les épiscopes et les diacres, et encore justifie-t-elle la considération dont ils doivent jouir par le fait qu'ils peuvent être, eux aussi, appelés à remplir des fonctions spirituelles. « Élisez-vous donc, — est-il dit au chapitre xv, — des épis- » copes et des diacres dignes du Seigneur, des hommes » doux et qui ne soient pas avides d'argent, des hommes )) véridiques et éprouvés ; car, eux aussi, ils accomplissent » auprès de vous les services des prophètes et des instruc- » teurs. Ainsi ne les dédaignez pas; ce sont eux qui doivent » être honorés parmi vous avec les prophètes et les instruc- » teurs )) (v. 1 et2)\
Sans être aussi explicite qu'on le souhaiterait, ce passage n'en contient pas moins de précieux renseignements. D'abord les épiscopes et les diacres sont élus par les fidèles ; il n'y a pas de doute à ce sujet. Quoique moins considérés que les prophètes ou les apôtres, ils ne sont pas institués par ceux-ci; ils ne dépendent pas d'eux. Ensuite le caractère strictement local de ces fonctions ressort clairement de la disposition parfaitement ordonnée du document. Le rédacteur ne mentionne les épiscopes et les diacres que lorsqu'il
1. XeipoTovTjcra're ouv laoToTç iTrury.O'TTOuç xaî Staxovouç à^touç toù Kuptou, avopaç TipaeTç xaî àœtXapYupouç v.al àX7)6eTç xal SeSoxtjJiaa'fjisvouç- ôfjûv ^àp XetTOupvoùiTt Y-aX aùxot Trjv XetTOupYtocv twv TtpocpTfjxwv xat oiSaaxàXcov (v. 1). Mt) oùv uTrsptSTjxe auTouc' aùxoî yâp elatv ol xeTtfXïjfjtévot Ôjjicûv fiSTa twv TcpotpïjTwv 7.0.1 StSaaxàXwv (v. 2).
parle de rorganisation intérieure des communautés. Après s'être occupé des apôtres et des prophètes itinérants, des simples fidèles de passage dans la communauté, il a noté les précautions à prendre à l'égard des coreligionnaires qui viennent du dehors s'établir dans Téglise. Cette transition naturelle l'a amené à s'occuper de la vie intérieure de chaque église, des égards que l'on doit avoir pour les prophètes sédentaires, pour les pauvres, de la célébration du culte dominical : « Le jour du Seigneur, est-il dit, réunissez-vous » pour rompre le pain et rendre grâces, après avoir au préa- » lable confessé vos transgressions, afin que votre sacrifice » soit pur (xiv. 1). Quiconque a un litige avec son prochain, )) qu'il ne se joigne pas à vous, jusqu'à ce qu'ils se soient «réconciliés, afin que votre sacrifice ne soit pas souillé » (v. 2) ; car telle est la parole du Seigneur : En tout lieu et » en tout temps il faut m'oiïrir un sacrifice pur, parce que je )) suis un grand roi, dit le Seigneur, et que mon nom est » admirable parmi les nations » (v. 3). Et immédiatement après il ajoute : « Élisez-vous donc (ouv) des évoques et des diacres, etc. »
L'auteur établit ainsi une connexion entre la mission des épiscopes et des diacres, d'une part, et les préceptes qu'il vient d'énoncer, d'autre part. Pourquoi les fidèles de chaque communauté doivent-ils se choisir des épiscopes et des diacres? C'est pour que cette discipline des réunions dominicales soit observée, que la Cène et l'eucharistie soient convenablement célébrées, que la confession des péchés et .la réconciliation des frères divisés ne soient pas négligées. Comme, par ailleurs, le même document, lorsqu'il traite du baptême et de l'eucharistie, ne spécifie en aucune façon que les évêques aient un rôle spécial dans la célébration de cette cérémonie, mais stipule expressément une sorte de privilège pour les prophètes (x. 7) ; comme il n'est pas fait la moindre mention des évêques lorsque l'auteur termine la description de la voie qui mène à la vie en insistant sur le devoir de
confesser ses péchés dans rassemblée (iv Èxy.XriCTta) % il y a tout lieu de penser qu'ils n'ont pas pour fonction d'accomplir eux-mêmes, à l'exclusion des autres, ces actes religieux. Il n^y a absolument rien dans la Didachê qui trahisse la moindre activité sacerdotale proprement dite ; ce sont les prophètes, nous l'avons vu, qui y sont assimilés aux grands prêtres de Tancienne alliance. Alors quel peut être le rôle des épiscopes, sinon un rôle d'intendance pourla réception des offrandes et leur répartition, un rôle de surveillance et en quelque sorte de police, afin que tout se passe convenablement, suivant les règles traditionnelles ? Les diacres font le service matériel des assemblées et, sans doute aussi, de l'assistance mutuelle; les évoques sont les censeurs, les contrôleurs pour autant que c'est nécessaire et les administrateurs". Voilà pourquoi il importe qu'ils soient à la fois des hommes de bonne volonté et des hommes désintéressés, capables d'exercer avec douceur et avec mansuétude, sans orgueil et sans prétentions à la tyrannie spirituelle, les fonctions délicates entre toutes de l'arbitrage moral et de la censure, et incapables de se laisser prendre aux séductions de l'argent dans Texercice 4© leurs fonctions administratives. Nous retrouverons bientôt dans les Épttres pastorales des recommandations analogues. C'est par les défauts les plus redoutés chez ces évéques primitifs que Ton peut juger le mieux du genre de tentations auxquelles leurs fonctions les exposaient plus particulièrement et, par cela même, reconstituer en partie la nature de ces fonctions.
Mais si , jusqu'ici , cette reconstitution ne diffère pas beaucoup de ce que nous avons déjà dégagé de quelques
1 . IV. 14, — Voir la confirmation dans Jacques, v. 16 : « Confessezvous les péchés les uns aux autres. »
2. Les préceptes relatifs aux prémices à consacrer aux prophètes et concernant l'assistance des pauvres impliquent une certaine administration.
documents antérieurs, il n'en est plus de même du rapprochement établi par la Didachê entre les fonctions administratives- des évêques et des diacres et les fonctions toutes spirituelles des prophètes et des didaskaloi. Voilà qui est très important, car c'est peut-être le plus ancien témoignage qui nous reste de l'absorption progressive des fonctions spirituelles de la libre vie religieuse primitive par les dignitaires ecclésiastiques. Certes, la Didachê enseigne encore bien nettement la supériorité du prophète inspiré ; néanmoins, pour justifier la déférence qu'elle réclame en faveur des évêques et des diacres, elle n'hésite pas à les ranger à côté des prophètes et des instructeurs spirituels dans la catégorie des « honorés » {'zs-zi^xf^^èvoi) et à déclarer qu'ils peuvent, eux aussi, rendre à la communauté les services du prophète ou du didaskalos.
Elle trahit en même temps une des causes de ce changement si important. Il n'y a pas de prophètes partout ; malgré tous les avantages de la situation n'est pas prophète qui veut. La Didachê dit expressément : « Si vous n'avez pas de prophète, donnez aux pauvres « (xiii. 4). En d'autres termes, l'exaltation et l'inspiration des premiers temps diminuent; à mesure qu'une certaine tradition se fixe et prétend servir de norme à l'inspiration prophétique, celle-ci se fait plus rare; elle est en quelque sorte hérétique par nature. Comme il faut, néanmoins, que les communautés soient édifiées, c'est aux dignitaires que revient la tâche de suppléera l'insuflisance des prophètes.
Ajoutons à cela, — ce que la Didachê ne dit pas, mais ce qui ressort de la nature même des choses, — que les fonctions des épiscopes et des diacres devaient les porter tout naturellement à l'exercice de l'enseignement et à la pratique de l'édification. Les diacres, dans les services multiples qu'ils rendaient aux membres de la communauté, ne pouvaient pas ne pas se transformer à chaque instant en prédicateurs de la bonne parole, et les évêques, soit comme
surveillants des assemblées, soit comme censeurs désireux d'écarter tout désordre dans l'exécution des décisions communes ou simplement clans l'observance de la règle traditionnelle, devaient par une propension naturelle se transformer de régulateurs de l'enseignement en instructeurs proprement dits. Supposons une église où les idées du rédacteur de la Didachê fussent admises par la majorité des fidèles. Les épiscopes élus par eux ont pour mission de veiller au maintien de ces principes. Ils sont les surveillants, les bergers du troupeau. C'est à eux en tout premier lieu que la t<âclie incombe d'empêcher les enseignements funestes des faux prophètes ou les pratiques étrangères à la tradition du Seigneur de se répandre parmi leurs frères. Comme ils n'ont aucun pouvoir disciplinaire personnel, comme c'est l'assemblée des fidèles qui juge souverainement, le seul moyen dont ils disposent pour sauvegarder les principes de l'association, c'est de prémunir par de sages exhortations les membres qui risquent de se laisser séduire par l'erreur ou de reprendre avec une éloquence persuasive ceux qui se sont déjà laissé gagner. Dans une organisation encore tout entière fondée sur la puissance spirituelle, les dignitaires ne peuvent pas user d'une autre force que de la persuasion et, par la force même des choses, ils tendent à devenir les directeurs de l'enseignement religieux. La Didachê nous fait assister â la première étape de cette transformation dans les petites chrétientés syro- palestiniennes, alors qu'une tradition évangélique et un rituel chrétien élémentaire commencent à se fixer, et l'insistance que met l'auteur à réclamer pour ces évêques et pour ces diacres une place parmi les izxi^-i]\i.z^oi prouve déjà quel accroissement de dignité leur valut de bonne heure l'accès aux fonctions spirituelles. Les prophètes et les didaskaloi, les organes de l'esprit du Seigneur, sont encore les premiers ; mais déjà les évêques et les diacres, en tant que gardiens de l'esprit du Seigneur, prennent place à côté d'eux.
Dans la communauté chrétienne telle que la dépeint la Didachê il y a encore plusieurs évêques, comme dans l'église paulinienne de Philippes, mais le vieux document ne mentionne pas de presbytres. Faut-il en conclure qu'il n'y en avait pas ou que les Iràcy.o'Koi des églises syro-palestiniennes se confondaient avec ceux que l'on appelait ailleurs Trpeaê'jTepoi? Le sileuce du texte ne permet pas de donner une réponse ferme à ces questions. Les deux alternatives sont plausibles, mais elles ne s'imposent pas. Il a pu exister des groupes d'églises où il y avait des épiscopes sans presbytres, d'autres où il y avait des presbytres et pas d'épiscopes. Si, dès l'origine, les fonctions épiscopales ont été distinctes des fonctions presbytérales, il n'est pas douteux que dans beaucoup d'églises c'était parmi les presbytres que l'on choisissait les épiscopes\ Le rapprochement du témoignage de VÉpttre de Jacques, où il n'est parlé que de presbytres, et du témoignage de la Didachê, où il n'est fait mention que d'épiscopes, semble autoriser une assimilation pure et simple des deux titres, puisque ces deux documents proviennent d'une époque et d'un milieu à peu près semblables. Mais, pour séduisante que soit cette solution, il ne faut pas se laisser éblouir par sa simplicité. Les presbytres de VÉpîire de Jacques ne remplissent pas les mêmes fonctions que les épiscopes de la Didachê : les premiers sont les notables spirituels de la communauté, voués à la cure d'âme; les seconds son1 des surveillants et peut-être aussi des administrateurs. Il est très frappant de les retrouver ici, comme en général dans toute la première littérature chrétienne, étroitement associés aux diacres. Autant la formule « lès épiscopes et les diacres » est usuelle, autant il est rare de rencontrer celle-ci : « les presbytres et les diacres. » Il y a là une indication significative du caractère particulier qui distingue l'épiscopat primitif et qui ne permet pas de l'assi-