‹ Les origines de l'eucharistieChapitre 11 sur 21 · IGNACE D’ANTIOCHE · texte numérisé non relu

IGNACE D’ANTIOCHE

Le témoignage d’Ignace d’Antioche est contemporain de celui de Pline et se rapporte aussi à l’Asie Mineure, spécialement à Antioche et à la province d'Asie‘. Pour le reste il n’y a pas de contraste plus frappant que celui du courtisan et du leltré romain, souple, érudit, sceptique, et du prisonnier chrétien, enthousiaste, intransigeant, de culture bornée, mais tout frémissant de foi en ce que Pline appelait superstilion immodérée.

Ignace, on le sait, est avant (out préoccupé de fortifier l'unité dans les jeunes communaulés chrétiennes d'Asie Mineure, très agitées par des discussions doctrinales et disciplinaires, et dont la constitution encore mal assise élait entravée par toutes sortes de divisions intestines. Cette unité, il veut l’assurer par le principe monarchique de la concentration de tous les fidèles autour de l’évêque local, de manière que chaque communauté ne fasse qu’un seul corps. ILest un des rares premiers écrivains chréliens qui trahisse nettement l'influence delathéologie paulinienne ; ila hérité de la conception mystique de l’apôtre, pour lequel l'Église est le corps du

1) Je considère comme authentiques les sept épitres connues d'Eusèbe et j'en place la rédaction vers l'an 115, Voir à ce sujet : Revue, t. XXII (1890). CR

Christ. Enfin il use d’un langage hyperbolique et imagé à l'excès; pour apprécier la valeur de son témoignage il faut tenir compte sans cesse des particularités de son génie littéraire.

L'idée qui lui tient à cœur est exprimée très nettement au chapitre 8 de l’Epitre aux Smyrniens.

« Suivez tous l’évêque, comme Jésus-Christ suit le Père, et le conseil des presbytres comme s'ils étaient les apôtres. Respectez les diacres comme un commandement de Dieu. Que personne ne fasse en dehors de l’évêque rien de ce qui relève de la communauté. L’eucharistie qui doit être considérée comme bonne, c’est celle qui est présidée par l’évêque ou par celui à qui il en a confié le soin. Que là où paraît l’évêque, la foule y soit aussi, de même que partout où est le Christ Jésus, là aussi est l’église universelle. Il n’est permis ni de baptiser, ni de faire agape en dehors de l’évêque, mais ce que celui-ci aura jugé bon, voilà ce qui est aussi agréable à Dieu ; ainsi tout ce que vous faites sera fait sûrement et solidement. »

Ce passage atteste d’abord que dans les églises d’Asie, au début du n° siècle, l’eucharislie est encore célébrée aussi bien sans le concours de l’évèque qu'avec sa participation. Ignace n'aurait pas eu besoin d’insister d’une façon aussi pressante et aussi répétée sur la nécessité impérieuse de ne pas faire de cérémonies religieuses en dehors de l’évêque, si pareil usage n’avait encore été très répandu dans ces églises". Les chrétiens à l'esprit ecclésiastique réagissent contre ces habitudes ; une distinction tend à s'établir entre les eucharisties privées et l'eucharistie ecclésiastique ou officielle, si l’on ose déjà employer cette expression. À mesure que l’organisation ecclésiastique se fixera et se consolidera, à mesure aussi l’eucharistie célébrée par la communauté tout entière, sous

1) IL y revient sans cesse dans ses épiîtres. Voir notamment : Ép. aux Magnésiens, 7 : « Vous non plus ne faites rien sans l’évêque et les presbytres (v. 1)... accourez tous comme à un seul temple, comme à un seul autel, un seul Jésus-Christ (v. 2) ». — Ép. aux Tralliens, 7. 2 : « Celui qui est à l’intérieur de l’autel est pur, c’est-à-dire celui qui fait quelque chose en dehors de l’évêque et du conseil des presbytres et des diacres, celui-là n’a pas la con-

science pure ». — Ép. aux Ephésiens, 5. 2 : « Que personne ne s’y trompe ;

celui qui n’est pas à l’intérieur de l’autel, est privé du pain de Dieu ».

la présidence de ses dignitaires, s'affirmera comme la seule véritable ; les agapes eucharistiques partielles ne se maintiendront plus qu’à titre privé ou seront considérées comme schismatiques. Nous avons vu précédemment qu’elles sont ignorées ou mal vues par les écrivains du catholicisme naissant.

Il faut noter ensuite dans ce même chapitre l'expression : « faire agape ». Il n’est permis ni de bapliser ni de faire agape (oïre Barriter obre dyérnv raistv) en dehors de l'évêque. L'agape dont il est parlé ici ne peut être que l’agape eucharislique; « faire agape », c'est la mème chose que « faire eucharistie ». L'acte religieux associé au baptême dans cette expression, c'est assurément la cérémonie la plus importante avec le baptème, c’est-à-dire l’eucharistie. On ne saurait objecter à cette interprétation que l’auteur a déjà dit quelques lignes plus haut que la seule eucharistie valable, c’est celle qui est présidée par l'évêque ou par son délégué. Ignace n’en est pas à une répétilion près, suriout lorsqu'il s’agit de l’idée maîtresse dont s’inspirent ses lettres. D'ailleurs, si c’est une répétition, ce n’est pas une tautologie : « faire agape » est synonyme de « faire eucharislie » ; mais l'expression a peut-être une acception plus large. Les repas religieux organisés par des groupes chréliens en dehors de l'évêque comportent bien la célébration de l’eucharistie, mais comme aux yeux d'Ignace celte eucharistie n’est pas bonne, il met l’accent dans l’expression sur l’idée de « repas fralernel » (agape), tandis qu’il parle d’ « eucharistie », lorsqu'il vise surtout la parlie sacrée du repas, la consécration eucharistique des aliments. Le terme « agape » ne se rencontre chez lui que dans ce passage ‘; partout ailleurs il emploie l'expression «eucharistie ».

4j On a prétendu à tort qu'il étail aussi parlé de l' « agape » dans les deux passages suivants: Ep, aux Smyrniens, 6. 2: « Apprenez combien ceux qui ont des doctrines contraires à la grâce de Jésus-Christ qui est venue vers nous, sont hostiles au plan de Dieu; ils n'ont aucun souci de l'amour, ni de la veuve, ni de l’orphelin, etc. (mepi ay&mne où pméher aûvots, où mept ynpac, où mep} dpscdvou eté,), —et ch, 7. 1: « Ceux donc qui contredisent le don de Dieu meurent au

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Mais si l'agape et l’eucharistie se confondent encore dans les églises sur lesquelles nous renseigne Ignace, le repas proprement dit semble déjà réduit à une simple cérémonie religieuse, au moins dans les assemblées générales de la communauté. L'eucharistie y est si bien l'élément essentiel de lagape, qu’en elle se concentre le repas tout entier. V'ai déjà exposé plus haut, à propos de l'Épitre de Pline à Trajan, les raisons d'ordre matériel qui rendaient cette simplification inévitable. Pour Ignace la célébration de l’eucharislie comporte simplement la participation au pain et à la coupe. Qu'est-ce donc qui fait à ses yeux la valeur capitale de cel acte si simple ?

Lp. aux Ephésiens, 20. 2 : Réunissez-vous individuellement tous ensemble en commun, selon la grâce et par le fait de votre nom ‘de chrétiens], en une seule foi et en Jésus-Christ..….., pour obéir à l'évêque et au conseil des presbytres inséparables d'esprit, et rompez un seul pain (Eva dprov xAwvrec), qui est’ un médicament d’immortalité, un antidote de la mort, et qui fait vivre pour toujours en Jésus-Christ. »

Ep. aux Magnésiens, 1.2 : « Je glorifie‘ les églises et je prie pour que s’y fasse l’union de chair et d'esprit du Christ, qui nous fait vivre pour toujours®, l'union de foi et d'amour, préférable à tout... »

milieu de leurs contestations ;illeur serait avantageux d'aimer (œuvépepe dè «droits äyaräv), afin de réssusciter ».— Il est clair que dans ces deux passages aydrn et ayaxä») doivent s'entendre au sens propre : « amour », «aimer » et non au sens figuré. [gnace reproche aux hétérodoxes leurs divisions, leur esprit querelleur, la négligence des devoirs d’assistance pratique au profit de controverses doctrinales, et il leur dit : « Vous feriez mieux d’avoir plus d'amour mutuel », en se servant pour cela du terme usuel dans le grec chrétien primitif,

4) M. Zahn, dans son édition des Epp. d’Ignace, lit o6 ; M. Lightfoot, dans sa magnifique édition, corrige en à, d’après la traduction latine et le texte de la longue recension, c.-à-d, du remaniement postérieur des Epp. Le texte armépien est incertain. Le neutre signifierait que c'est l’action de rompre un seul pain qui procure l’immortalité; le masculin rapporte l'effet directement au pain. Chez un écrivain aussi incorrect qu'Ignace cette différence de forme n’a pas Stande importance. Le pain, s’il n’élait pas rompu en commun, n'aurait pas sa valeur et, d’autre part, c’est bien l'absorption du pain qui communique au fidèle la vertu acquise dans la fraction en commun.

2) Je ne vois pas pourquoi M. Zahn remplace le terme ôw attesté par les mss. et les versions pour y substituer : iüwv.

3) Littéralement : « le vivre de nous pour toujours », <0ù 14 mavros qu®v (el non qu&s) Env.

Ép. aux Philudelphiens, 4 : « Hâtez-vous d’user d’une eucharistie unique ; car il n'y a qu'une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ et une seule coupe pour faire l'unité de son sang (ulx ap oapé voi xoplou uov Tnsoë Xpioroë xx Ëv moripioy eic Évwsiy roù aipatoetabrob); il n’y a qu’un seul autel, comme un seul évèque avec le conseil de presbytres et les diacres, mes compagnons de service. Ainsi vous agirez selon Dieu. »

Ep. aux Smyrniens, 7. À : « Ils (c.-à-d. les hétérodoxes) s’abstiennent d’eucharistie et de prière, parce qu’ils ne professent pas que l’eucharistie est la chair de notre sauveur Jésus-Christ, qui a souffert pour

nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ressuscitée. »

Ces passages s'accordent à mettre en lumière la valeur essentielle de l’eucharistie pour Ignace : en elle s'affirme l'union de la communauté. Il faut avoir une seule foi et rompre un seul pain, étant tous réunis autour de l’évêque lequel ne fait lui même qu'un avecles presbytres et les diacres sur la terre, avec le Christ et avec Dieu au ciel. Voilà pourquoi on ne doit pas continuer à faire des quantités d’eucharisties particulières, mais il ne doit y en avoir qu’une seule dans la communion avec l'évèque:. Le repas eucharistique est donc avant tout pour Ignace la manifestation de l'unité des chrétiens entre eux, dans la foi au Christ et à Dieu le Père.

Pour Ignace comme pour Justin le pain de l’eucharistie n’est pas une nourriture vulgaire. Il procure la vie en Jésus Christ, l’immortalité. On remarquera cependant que nulle part dans ces passages Ignace ne dit expressément que le pain soit la chair de Jésus-Christ et que la coupe contienne son sang. Il dit qu'il ne doit y avoir qu'une seule eucharistie, parce qu'il n’y a qu'une seule chair du Christ et que l’on doit boire à la même coupe pour faire l'unité (ai Evocw et non 40° ëvérare) du sang du Christ. Ailleurs c’est l'eucharistie ellemême quiest dite chair du Christ. Il n’y a encore aucune précision dans les termes. C'est ici surtout qu'il importe de ne pas oublier combien le langage d’Ignace est métapho-

1) Il importe de ne pas oublier que chaque communauté avait son évêque ou ses évêques. Il n’y avait pas de diocèse,

LES DOCUMENTS, —— IGNACE D'ANTIOCHE dl

rique. Il y en a des exemples frappants précisément à propos &es expressions qui nous occupent. Dans l'£pitre aux fomains (7. 3)il s’écrie :

« Je ne prends pas plaisir à une nourriture périssable niaux jouissances de cette vie. Je veux du pain de Dieu, c'est-à-dire‘ de la chair de Jésus-

Christ, qui est de la semence de David, et je veux comme boisson son sang, c’est-à-dire un amour incorruptible. »

Le pain de Dieu, c'est-à-dire le pain eucharistié, est la chair de Jésus-Christ au même titre que le sang est amour ; le parallélisme souligne la métaphore. Un peu plus haut, au ch. 4, v. ! l'écrivain exalté, possédé de la soif du martyre, s’est écrié : « Je suis froment de Dieu et je suis moulu par les dents des bêtes féroces, afin « que je sois trouvé pur grain du Christ ». Il est clair qu'Ignace ne prétend pas être réellement du froment, ni devenir réellement du pain. Dans PEpitreaux Tralliens,8,1 il écrit ceci: Reconstiluez-vous dans Ja foi, ce qui est la chair du Seigneur, et dans l'amour, ce qui est le sang de Jésus-Christ (avanriouode Eavrebs Ev mire, Ô EST pe Toù upiou, at ëv ydrn, © éonv aiua [. X.). Ici encore le sang du Christ, c’est l'amour ; la chair du Christ, c’est la foi. Dans le passage de l’Æpitre aux Magnésiens lranscrit plus haut, l'union de chair et d'esprit (et non du sang) du Christ est assimilée à l’union de foi et d'amour. Dans l’£pitre aux Philadelphiens, 5, 1 Ignace écrit qu’il se « réfugie en l’évangile comme en la chair du Christ » {rsocouyuv rü ebayyehlo 6e oapxt ‘Inooÿ).

Nous avons épuisé ainsi {ous les passages où il est question de chair ou de sang. A moins de les lire à travers le dogme eucharistique de l'Église catholique du Moyen Age, personne ne songera à interpréter ces expressions dans un sens réaliste. Toutefois il est non moins certain que pour Ignace le pain de l’eucharislie est chair du Christ. Ce qu’il reproche aux hétérodoxes, c’est-à-dire aux chrétiens d'Asie qui ne pensent pas comme lui, c’est de ne pas admetire qu'il

4) Nouslisons : Sprov 0s0ù Déw, à (et non ü<) can odoë I. X,

en soit ainsi; à ses yeux, dès lors, ils ne peuvent pas prendre part à une véritable eucharistie (Smyrniens, 7. 1, cité plus haut). Il ne s’agit donc pas pour lui d’une simple métaphore de style. Il attache une grande importance à sa valeur religieuse : unité de foi, unité d'amour, unité organique de la communauté, une seule chair du Christ, un seul sang du Christ, tout cela se tient dans son esprit, sans lien dialectique, — car il n’est pas théologien —., dans la fulguration del’image. et sans aucun besoin d’en préciser la substance comme il arrive si souvent aux croyants, dans la sereine assurance d’un mysticisme, pour lequel les visions idéales de l’âme ont une valeurindénendante des réalités matérielles. On remarquera que nulle part il ne s’occuve du contenu de la coupe ; il parle, et encore très rarement, de r2rÂptoy (coupe), de révx (boisson). La nature de cette boisson ne l’intéresse pas. C'est l'acte de rompre en commun un même pain qui est l'essentiel. Pour le reste on a l'impression que sa pensée est encore flottante. L’équation du pain et du vin avec la chair et le sang du Christ lui vient de ses maîtres, de l’apôtre Paul. Il a hérité de l’idée mystique paulinienne sur l’Église qui est le corps du Christ et qui doit être une comme le corps du Christ est un.ll réflèle aussi quelque peu la docirine du IV° Évangile sur la chair du Christ qui est un aliment de vie, quoiqu'iln’y ait aucune indication qu'il ait connu cet évangile ; mais la doctrine d’une chair divine qui donne la vie n’a pas été inventée par le quatrième évangéliste. Il entraine tout cela dans le torrent impétueux de sa passion ecclésiastique.

De tout ce qui précède il résulte que pour Ignace : le pain de l'eucharistie est un aliment de vie immortelle, la chair du Christ au sens mystique, mas à condition que la communauté entière y participe dans l'union ecclésiastique. Mais il s’en faut que tous les chrétiens d’Asie Mineure parlagent cette manière de voir. Il y en a qui se refusent à voir dans l’eucharistie la chair du Christ.

Après avoir nolé ce qu'il y a dans ce témoignage d’Ignace, il

importe au moins autant de signaler ce que l’on n'y trouve pas :

1° Aucune allusion à l'institution de l'eucharistie pur le Christ. C'est là un fait très remarquable chez un auteur d'un caraclère ecclésiaslique aussi prononcé. Ce grand défenseur de l’unité chrétienne se manifestant dans l’eucharistie célébrée en accord avec l’évêque, ce pourfendeur d'hétérodoxes qui leur reproche de faire bande à part et de ne pas prendre part à l’eucharistie, ne songe pas une seule fois dans les sept lettres à invoquer l'institution de leucharistie par le Christ et l'ordre donné aux disciples de renouveler la Cène en souvenir de leur maître. L’eucharistie n’est à aucun degré pour lui une commémoration de la mort du Christ, On se serail attendu à autre chose de Ja part d’un chrétien qui à subi l'influence de saint Paul.

2° Aucune trace de l'assimilation de l'eucharistie à un sacrifice. Cëla paraît d'autant plus étonnant qu'Ignace, nous l’avons vu, assimile le fieu de réunion des chréliens à un temple, à un autel'. Cette comparaison aurail dû suggérer naturellement le rapprochement des oblalions chrétiennes et des sacrifices. Or, il n’en est rien. A plus forte raison n'y a- Lil aucune attribution d’un caractère expialoire ou rédempteur à l’eucharislie. Et cependant lenace enseigne que Jésus est mort pour ses disciples. Sans en chercher d'autres preuves il suffit de rappeler le passage, cité plus haut, de l'Epitre aux Smyrniens, 7. 1: «la chair de notre sauveur Jésus-Christ, qui a souffert pour nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ressuscitée ». Ce passage est d'autant plus lopique qu'ilest une détermination de la chair du Christ à propos de l'eucharislie. La doctrine de la mort expiatoire est rappelée, mais elle n’est pas mise en relation avec l'acte eucharistique lui-même. Ignace est simplement préocéupé de rappeler la réalité de la chair, de la passion et de la résurrection de Jésus, à des adversaires qui étaient plus ou moins

1) Voir plus haut p. 33, note.

docètes et qui la niaient. La conception du repas eucharistique en tant que repas de communion des fidèles entre eux et avec le Christ vivant est encore tellement prépondérante dans la société chrétienne à laquelle appartient Ignace, qu’elle écarte toute autre interprétalion.

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