‹ Les origines de l'eucharistieChapitre 6 sur 21 · L'ÉPITRE DE JUDE ET LA IE ÉPITRE DE PIERRE · texte numérisé non relu

L'ÉPITRE DE JUDE ET LA IE ÉPITRE DE PIERRE

Ces deux épîtres, tardives, dépendantes l’une de l’autre, à moins qu’elles ne dérivent toutes deux d’une source commune, renferment un double témoignage qui relève de notre enquête. ,

L'auteur inconnu de l’Æpitre de Jude dénonce les impies, qui, sans tenir aucun compte des jugements de Dieu dans le passé, s’abandonnent à leurs rêveries, souillent leur chair, méprisent l'autorité du Seigneur :

. , #7, > A e 2 V. 42. « Ce sont eux qui dans vos agapes (èv vas œydrars dv)" sont

4) La Ile Épitre de Pierre doit avoir été écrite vers le milieu du 11e siècle, La petite Épêtre de Jude est probablement antérieure. Mais il est difficile de lui assigner une date précise. Leur témoignage s’applique en tous cas à la première moitié du ne siècle.

2) Le texte de ce verset présente de nombreuses variantes. La seule qui nous importe ici est la substitution de £v saïç àméroic (dans leurs tromperies) à

des écueils; ils se régalent sans réserve, ne songent qu’à leur propre pâture : nuées sans eau emportées par les vents, arbres d’automne sans fruits, deux fois morts, déracinés », etc...

Et dans le passage correspondant de la 27° Epitre de Pierre (2. 13-14) :

V.13. « Is ohtiendront le salaire de l’iniquité (ces hommes) pour lesquels la volupté est de faire bonne chère le jour, (ces hommes) souillés et ignobles qui font leurs délices dans leurs agapes‘, se régalant avec vous ; — v.14ayant les yeux pleins de femme adultère, insatiables de péché, ils prennent à l’amorce les âmes charCelantes, ils ont un cœur exercé à la cupidité; ce sont des enfants de malédiction ».

Chez les chrétiens auxquels sont adressées ces deux lettres ouvertes il y a donc encore des agapes, c'est-à-dire des repas religieux fraternels. Ces repas sont dénoncés comme des festins où l’on est surtout préoccupé de bien manger; les impies combattus par les auteurs sacrés s’y abandonnent à leurs passions, tout comme Marcus était accusé par Irénée d’abuser de l’ascendant qu'il avait pris sur les femmes associées à ses rites sacrilèges pour assouvir ses désirs. Dans le texte de la Ile Épître de Pierre ce sont les hommes impies eux-mêmes qui organisent les agapes (dans leurs agapes).

ëv taie ayämaiç (dans vos agapes ou banquets religieux) dans les cc. À, C, &4, 56, 96. Mais les ce. N, B, K, L, la Vulgate (epulis) et d’autres ont &yémouc; le contexte prouve qu'il s’agit bien de banquets. La lecture àméra implique la substitution de adrüy à bp®v : « dans leurs tromperies » et non « dans vos tromperies », ce qui n’aurait aucun sens. Or le e C a : &nérauc Suwv et le c. À avait originairement ôu&v, qui a été corrigé ensuite en aÿrüv. Ces deux mss. corroborent ainsi indirectement le texte que nous adoptons.

1) Jei encore le texte est incertain. Les ce. N 4 (1re forme), C, K, L, P ont ärävauc et cette lecture est corroborée par la version-syriaque philoxénienne et la version arménienne: Au contraire les ce, À (corrigé), B, la Vulgate, la version sahidique ont dydmaic. Je préfère cette dernière lecture, parce qu’elle s'accorde beaucoup mieux avec le contexte, Comme tout lé morceau IL Pierre, 2. 1-18 correspond à Jude, 5 à 13, il est aussi préférable de garder dans les deux passages la même expression. Enfin l’on s’explique très bien que le terme &yémorc ait été changé en äréraic à une époque où l'usage des agapes avait disparu dans l’Église, tandis qu'il serait étrange que le contraire eût eu lieu. — Les autres variantes de ce texte n’ont pas d'intérêt pour nous.

Page 1