‹ Les origines de l'eucharistieChapitre 8 sur 21 · HERMAS · texte numérisé non relu

HERMAS

Le Pasteur d'Hermas est un des plus longs écrits de la première littérature chrétienne. Il est assez significalif qu'il ne conlienne pas la moindre allusion à l’eucharistie. Cela prouve tout au moins que cette pratique, pour être générale dans la chrétienté d’alors, n’avait pas la Valeur sotériologique essentielle qu’elle a prise plus tard dans l'Église catholique. Et cependant Hermas a très nettement conscience de l'unité de la société chrétienne!.

Je me bornerai à relever un passage où nous trouvons une idée analogue à l’une de celles qui occupentune place centrale dans la conception eucharistique de Justin. Dans la cinquième similitude (3.7), au cours des exhortalions sur le véritable Jeûne, le Pasteur dit : Au jour où tu jeûneras tu ne prendras que du pain et de l’eau et tu estimeras le prix des aliments que {u aurais mangés ce jour-là et tu le donneras à la veuve, à l'orphelin ou au pauvre. Et plus loin, v. 8 : « Lors donc que tu auras jeûné ainsi, selon mes instructions, ton sacrifice sera agréable à Dieu ». Le sacrifice agréable à Dieu, c’est de consacrer aux malheureux et aux pauvres une partie de sa nourriture, après avoir prié et rendu grâces. Justin dit exactement la même chose; mais comme il parle de l’eucharistie, il insiste sur la prière d'action de grâces. Hermas, dont la profession chrétienne à un caractère social plus prononcé, insiste sur la consécration aux pauvres. Au fond l’idée est la même et elle est du christianisme palestinien primitif le plus pur.

1) Cfr. Simil., IX, 17. 4 : un seul corps.

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