‹ Les origines de l'eucharistie [microform]Chapitre 9 sur 35 · HERMAS · texte numérisé non relu

HERMAS

Le Pasteur d'Bermas est un des plus longs écrits de la première littérature chrétienne. Il est assez significatif qu'il ne contienne pas la moindre allusion à l'eucharistie. Gela prouve tout au moins que cette pratique, pour être générale dans la chrétienté d'alors, n'avait pas la valeur sotériologique essentielle qu'elle a prise plus tard dans l'Église catholique. Et cependant Hermas a très nettement conscience de l'unité de la société chrétienne'.

Je me bornerai à relever un passage oti nous trouvons une idée analogue à l'une de celles qui occupent une place centrale dans la conception eucharistique de Justin. Dans la cinquième similitude (3. 7), au cours des exhortations sur le véritable jeûne, le Pasteur dit : Aujouroti tu jeûneras tu ne prendras que du pain et de l'eau et tu estimeras le prix des aliments que tu aurais mangés ce jour-là et tu le donneras à la veuve, à l'orphelin ou au pauvre. Et plus loin, v. 8 : « Lors donc que tu auras jeûné ainsi, selon mes instructions, ton sacrifice sera agréable à Dieu ». Le sacrifice agréable à Dieu, c'est de consacrer aux malheureux et aux pauvres une partie de sa nourriture, après avoir prié et rendu grâces. Justin dit exactement la même chose; mais comme il parle de l'eucharistie, il insiste sur la prière d'action de grâces. Hermas, dont la profession chrétienne a un caractère social plus prononcé, insiste sur la consécration aux pauvres. Au fond l'idée est la même et elle est du cliristianisme palestinien primitif le plus pur.

1) Cfr. SimiL, IX, 17. 4 : un seul corps.

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