‹ Les origines de l'histologieChapitre 2 sur 4 · Portal. — « Histoire de l’anatomie · texte numérisé non relu

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points d’appui aux vaisseaux qu’ils engaînent. Si la rate renferme du sang épanché, elle contient aussi des formations ovales ou arrondies, comparables à des grains de raisin, formations que nous appelons corpuscules de Malpighi. Leur couleur demeure blanchâtre, quelle que soit la teinte du liquide qu’on injecte par les vaisseaux; leur substance est molle et friable, leur cavité ne peut s’apercevoir. Elles représentent cependant des glandes baignant directement dans le sang. Ayant pratiqué l’ablation de la rate sur plusieurs chiens, il constate qu’ils continuent à se bien porter après l’opération, et conclut que le viscère splénique produit certaines sécrétions « qui s’écoulent dans les veines et servent à l’exaltation de la bile ».

Les travaux de Malpighi sur les glandes sont les plus importants et les plus fertiles en découvertes de tous ceux qu’il a entrepris. Alors que de nombreux anatomistes les regardaient comme de simples amas de vaisseaux, il les considère, à son tour, comme des formations nettement différenciées. Il étudie les glandes

conglobèes et montre les caractères structuraux qui leur sont communs. Pour lui, la glande conglobée est formée par la réunion de follicules membraneux ; chaque follicule possède une cavité qui se continue par un canal excréteur ; sa paroi est doublée par une formation musculeuse. Cette description, suffisamment précise, ne devait être complétée que beaucoup plus tard par la découverte des revêtements épithéliaux et celle de leur fonction sécrétrice. Il est probable que le revêtement cellulaire du cul-de-sac glandulaire ne lui avait pas échappé, puisqu’il rapporte que le follicule membraneux est pourvu à son inintérieur d’un duvet tubuleux.

La méthode de la macération et de l’ébullition, que Malpighi employait volontiers et à laquelle il fut redevable de nombreuses découvertes, l’entraîna cependant dans l’erreur. Il fut en effet amené à considérer le cerveau comme formé par des glandes juxtaposées et superposées, et à décrire des agglomérations glandulaires dans des tissus qui en sont complètement privés.

Beaucoup plus exactes sont les observa-

tions qu’il fit sur les os, sur leurs cavités et sur leur développement. Les problèmes d’embryologie ne le laissèrent pas, en effet, indifférent. Dans son ouvrage de formatione pulli , il étudie le développement du cœur de l’embryon, observe ses mouvements rythmiques et en mesure avec précision la révolution et la durée. Dans une lettre à Oldenburg, il décrit la membrane allantoïde qu’il a observée dans l’embryon du poulet. Malpighi était un défenseur acharné de la doctrine de de Graaf ; pour lui, il n’est pas douteux que les ovaires renferment des œufs ( cer tum est in fœmineis testibus ova reperiri ); il étudie ces œufs renfermés dans les follicules, observe leur évolution et, le premier, décrit les corps jaunes.

Né à Crevalcuore , localité où on lui a élevé dernièrement une statue 4, le 10 Mars 1628, reçu docteur à Padoue en 1653, Malpighi fut tout d’abord professeur de médecine à Bologne. Le grand duc de Toscane , Ferdinand II, dont la famille avait toujours protégé les sciences,

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